En début de matinée d’hier, le ministre de la Santé a annoncé que le nombre de décès ‘akoz-Covid’ a presque doublé en une semaine, de 46 à 85 tout en refusant de comptabiliser les décès avec des comorbidités
De semaine en semaine, en tout cas depuis le début de novembre, le bilan partiel de décès ‘akoz-Covid’, signé des services sanitaires de la Santé, ne cesse de se multiplier de manière exponentielle. Avec pour prétexte la succession des délibérations du conseil des ministres d’hier matin et de la séance de l’Assemblée nationale de l’après-midi, le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, a pris les devants en annonçant 85 décès pour la semaine, soit quasiment le double des 46 de la semaine dernière. Face à la presse, il a réitéré le fait qu’il n’allait nullement comptabiliser les décès dus aux comorbidités, susceptibles de porter le chiffre à hauteur de 150 en une semaine. Mais plus grave est le fait que le ministre concède que le pays traverse actuellement une phase des plus critiques en termes de mortalités et que cela pourrait durer encore quelque temps.
« Nou pe pas par sa faz kritik ek nou kone ki li pou deroule inpe letan ankor. Personel lasante bizin donn enn koudme. Nou priye ki bann pasian zot bien pli vit ki kapav », a déclaré un Kailesh Jagutpal acculé hier lors du Press Briefing sur la situation sanitaire dans le pays. Entre le vendredi 12 novembre et hier matin, 85 personnes sont mortes du Covid-19 dont 20 d’entre elles avaient moins de 60 ans. Parmi ces victimes, 16 ne souffraient pas de comorbidités et 36 étaient complètement vaccinées contre le virus.
A hier matin, 49 patients étaient admis au New ENT Hospital. Parmi ces patients considérés comme des cas sérieux, neuf étaient sous respirateur. En parallèle, 503 patients sont admis dans les cinq autres hôpitaux régionaux du pays, soit les Covid Wards qui y sont aménagés. Le nombre de cas positifs détectés par le truchement de PCR Tests est aussi en hausse avec 1 277 porteurs du virus recensés sur 10 209 tests. Il y aurait actuellement 1 476 cas actifs de Covid-19 dans le pays sans toutefois comptabiliser les milliers de positifs détectés à travers les Rapid Antigen Tests au quotidien.
Face à la hausse de cas dans le pays, il semblerait que le Vaccine Committee de l’autre J, soit Zouberr Joomaye, a été contraint de revoir sa copie en ce qui concerne le protocole de vaccination. Ainsi, Kailesh Jagutpal a annoncé qu’à partir de ce lundi, les personnels de santé des secteurs public et privé – qui opteront pour la troisième dose – recevront le vaccin Pfizer. Les personnes considérées comme étant potentiellement à haut risque sont aussi concernées, notamment ceux qui sont sous traitement de dialyse, ayant fait une transplantation ou celles souffrant de cancer, de déficit immunitaire ou encore de problèmes respiratoires ainsi que les femmes enceintes, seront vaccinés au Pfizer. Ces personnes devraient toutefois obtenir une attestation du Board médical au préalable pour certifier leurs conditions de santé.
Parallèlement, tous ceux âgés de 18 à 59 ans pourront recevoir le vaccin Johnson & Johnson pour la troisième dose, soit un revirement de l’obligation de faire le Sinopharm comme Booster Shot pour ceux Fully Vaccinated avec ce vaccin.
Interpellé hier sur la réclamation de sa démission comme ministre de la Santé en raison de la manière dont il a géré le dossier de la pandémie, Kailesh Jagutpal est revenu avec son approche prenant le personnel de la santé comme un « bouclier humain » pour contester cette démarche. « Mo reprezant lasante. Sa ambulansie ki pe travay. Sa bann dimounn ki travay dan la sal la. Mo reprezant sa dimounn ki travay dan flu clinic la. Eski kikenn inn remersie zot ? Kan ou pe dir mwa demisione ou pe dir sa bann dimounn-la pa pe travay ek zot pe fayir. Se sa ki pe fer. Se enn insilt a personel lasante », dit-il.
