Dans ce budget des efforts ont été faits, mais ils ne sont pas suffisants, car ils seront rendus caducs par de nouvelles augmentations de prix causés par la dépréciation de la roupie. C’est ce qu’a déclaré le leader du MMM, Paul Bérenger ajoutant que « ce qui a été donné de la main droite sera repris cinq à dix fois de plus de la main gauche. » Il a réitéré le souhait de l’opposition pour que les élections municipales se tiennent sans plus tarder et que les meetings publics soient autorisés, car plus tôt les élections générales auront lieu, le mieux ce sera pour le pays.
La première partie de son intervention était consacrée au pouvoir d’achat. Il a expliqué que les Rs 1 000 de soutien aux salariés touchant moins de Rs 50 000 sont puisées de la Contribution sociale généralisée (CSG) et que les subsides sur les produits de consommation de base n’ont pas été renouvelés dans le budget.
Paul Bérenger souligne que « nous avons réclamé une baisse de prix, car Maurice est l’un des pays où l’essence et le diesel sont le plus taxés au monde. Il n’est pas trop tard pour corriger cela et faire baisser les prix. »
Au chapitre de l’électricité, le leader du MM soutient que ce n’est que maintenant que l’Electricity Act et la CEB Amendment Act sont proclamés : « c’est clair que c’est là un cas de pa mwa sa, li sa… Le ministre responsable de l’énergie a insisté que la Utility Regulatory Authority soit maintenant fully operational, mais j’en doute. C’est finalement le gouvernement qui dictera à la URA les tarifs à imposer à la population. »
Abordant le volet macroéconomique, Paul Bérenger n’a pas ménagé le gouvernement, soulignant que les chiffres présentés par le ministre des Finances sont moins crédibles que jamais. Il prévoit un taux de 15% pour l’inflation et trouve que le gouvernement « camoufle la réalité » ; et ajoute que « la vérité c’est que la dette augmente d’année en année, contrairement à l’impression donnée. En citant des données dans les Estimates.
Pour la croissance, le FMI prévoit un taux de 6% en 2022, « nous verrons », lâche Paul Bérenger alors que déficit budgétaire devrait dépasser la barre de 7% en prenant en considération les Special Funds. Paul Bérenger a affirmé qu’ « en fait, il n’y a plus de budget digne de ce nom. Il y en a deux : le budget officiel – qui ne veut rien dire – et les Special Funds qui manipulent des milliards. Et c’est triste pour notre pays. Le gouvernement a tué le Programme-Based Budgeting et maintenant le budget lui-même est tué. » Les Special Funds financent Rs 23 milliards, à la place du gouvernement, pour l’exercice 2022/23, explique-t-il.
« Mais il n’y a pas d’argent magique, ni de ministre magicien », laisse entendre Paul Bérenger, qui soutient que le gouvernement a financé ses dépenses en endettant davantage le pays, et en empruntant plus de Rs 30 milliards à la Banque africaine de développement, l’AFD et la Japan International Agency et en puisant les milliards de réserves accumulées.
« Le gouvernement a littéralement pillé les fonds de réserves. Et on en paye le prix ! Ils ont pillé les réserves et pillé la Banque de Maurice »,fait-il comprendre en énumérant les Rs 18 milliards de décembre 2020, Rs 60 milliards puisés de 2021 et Rs 80 milliards données à la MIC. « Rs 158 milliards au total sont sorties des caisses de la Banque de Maurice, au profit du gouvernement depuis 2020. Et la Banque de Maurice a dû déprécier drastiquement la roupie – de plus de 25% – depuis 2019, pour empêcher une faillite. Ces deux derniers mois, cela a continué de plus belle. Et nous savons tous que c’est cette dépréciation continue de la roupie qui a déclenché l’inflation qui ravage le pays… », dénonce-t-il.
Et le leader du MMM rappelle que FMI et Moody’s « ont condamné tout ce qu’est devenu la BOM : un département du ministère des Finances, » alors que Maurice est « malheureusement sous la menace d’un nouveau Downgrading de Moody’s. » Il craint que Maurice ne finisse comme le Sri Lanka, même s’il est vrai que la dette de ce dernier pays est beaucoup plus d’origine étrangère que dans le cas de Maurice.
Au chapitre de la production d’électricité, Paul Bérenger avance que ce ne sera pas une sinécure d’éliminer le charbon d’ici 2030, car il représente 40%, alors que la bagasse diminue d’année en année, et que le Biomass Framework se fait toujours attendre. Il qualifie la situation actuelle de difficile et dangereuse et argue qu’il faudrait revoir toute la question d’une centrale LNG (Liquefied Natural Gas), source considérée comme étant moins polluante que l’huile lourde. Mais qu’il y a urgence à agir.
Patrick Assirvaden, parti Travailliste : « Des mesures floues et mensongères »
Patrick Assirvaden du parti Travailliste, s’est appesanti sur les mesures annoncées pour la transition énergétique. Il rappelle ainsi que plusieurs mesures annoncées ainsi que des chiffres présentés lors du dernier budget « ne correspondent pas au budget de cette année ». Aussi remet-il en question la crédibilité de ces mêmes mesures. « Ce sont des mesures floues et mensongères. Quelle crédibilité donner à ces propositions ? » déclare-t-il.
Pour Patrick Assirvaden, la mesure des Rs 1 000 offertes aux salariés et aux pensionnés « ne tiendra pas longtemps, car le pays est en crise ». En outre, un aspect clé a été oublié du budget, selon lui, en l’occurrence… l’alimentation. Il affirme que « rien n’a été fait pour prévenir les hausses des prix des commodités ».
IL ajoute qu’« aucune mesure n’a été prise pour les médicaments, alors que les pensionnés dépensent la moitié de leur argent dans l’achat de médicaments ». Il continue : « Malgré les Rs 40 milliards déjà disponibles dans le Special Fund, le ministre des Finances n’a rien fait pour les automobilistes et les ménagères. »
Patrick Assirvaden estime aussi que le pays se retrouve aujourd’hui avec des institutions qui sont à genoux, citant ainsi notamment la State Trading Corporation, le Central Electricity Board et la Banque de Maurice. « Le ministre des Finances laisse dormir Rs 40 milliards, alors que les institutions vont mal. Plus de Rs 6 milliards dépensées pour le complexe de Côte-d’Or, qui est aujourd’hui un éléphant blanc. Rs 20 milliards pour les Safe City Cameras, et quand Kistnen est assassiné et brûlé, les caméras ne fonctionnent pas », dénonce-t-il.
Il est revenu sur les mesures annoncées dans le cadre de la transition énergétique. Ainsi, il remet en doute la crédibilité de plusieurs mesures annoncées sur la question. Pour lui, « pour comprendre ce que le ministre des Finances préconise dans le présent budget, il faut voir les mesures et les chiffres présentés lors du dernier budget ».
Il rappelle que le ministre Joe Lesjongard avait parlé de batteries, qui sont « au cœur de la politique de transition énergétique ». Il explique : « le ministre avait alors indiqué qu’on allait commencer avec 4 MW de batteries, et que 14 MW de batteries seraient mis en place. Aujourd’hui, le budget parle de 40 MW de batteries. C’est faux ! Le total est toujours 18, non 40. Quelle crédibilité accorder à ces propositions ? »
De même, poursuit Patrick Assirvaden, le ministre avait annoncé l’année dernière l’acquisition de 25 bus électriques. « Or, à ce jour, un seul bus a été acheté. Et cette année, le ministre parle de l’achat de 200 bus, alors que dans 25 bus annoncés, il n’en avait acheté qu’un seul. Quand va-t-il acheter les autres ? Quant au projet de ferme solaire à Henrietta, il dort toujours depuis 2019. Tous les ans, c’est la même chose. Pour voir ces mesures se concrétiser, il faut les mettre à exécution », dit-il.
Patrick Assirvaden se dit donc d’avis qu’avant de présenter son budget, « le ministre des Finances aurait dû consulter ses collègues pour voir ce qui a été fait depuis l’année dernière, et non venir avec des mesures floues et mensongères ». En outre, l’achat d’électricité avec de petits producteurs constitue une arnaque », dit-il, avant d’affirmer que ces petits producteurs « ne percevront que 11 sous par unité », ce qui n’est pas suffisant pour les encourager.
« Le ministre des Finances doit d’abord mettre de l’ordre dans les chiffres fournis lors de ce budget. La stratégie de la politique énergétique est floue et fausse. C’est du bluff ! » conclut Patrick Assirvaden.
Stéphanie Anquetil réclame le remplacement de la ministre Koonjoo-Shah
Stéphanie Anquetil (PTr) a tiré à boulets rouges sur la ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Kalpana Koonjoo-Shah, dont elle réclame le remplacement par le Premier ministre, Pravind Jugnauth.
« J’ai rencontré plusieurs femmes après le discours du budget, et elles sont unanimes. La ministre de l’Égalité des Genres ne travaille pas dans l’intérêt des femmes, des enfants et des familles mauriciens. Son remplacement à ce ministère aurait été une bénédiction pour les femmes et enfants du pays. L’heure est arrivée pour elle se rendre son tablier ! Il y a des femmes, des backbenchers dans les rangs de la majorité, qui sont habilitées à prendre de nouvelles responsabilités ! C’est uniquement dans la grossièreté et la vulgarité qu’elle excelle avec brio », soutient-elle.
Elle avance que « la triste réalité du moment est que de nombreuses familles mauriciennes n’arrivent plus à joindre les deux bouts pour faire vivre leur famille. De nombreuses mères désespérées et impuissantes n’arrivent plus à nourrir correctement leurs enfants affamés ! Pendant que la ministre de l’Égalité des genres fait la promotion des hôtels », lance-t-elle.
« Ce budget est complètement illusoire, décalé, déséquilibré, irraisonné et irréfléchi par rapport à la gravité de la crise économique, sociale et sanitaire qui ébranle le pays depuis un certain moment ». En outre, la ministre Koonjoo-Shah n’aurait pas « les compétences et le leadership nécessaires pour affronter les importants défis » qui attendent son ministère. « Son escapade de deux jours à Dubaï, au coût de Rs 323 016 pour les contribuables, restera longtemps dans les annales politiques du pays », dit-elle.
Stéphanie Anquetil affirme noter que le budget 2022/23 n’a fait « aucun effort pour promouvoir la représentation des femmes au plus haut degré dans les secteurs public et privé.» Elle déplore que l’engagement d’amender et de durcir la loi afin de mieux protéger les victimes de violences se fait toujours attendre.
La députée travailliste dit toutefois accueillir favorablement l’introduction du National Adoption Bill. « J’espère qu’il ne connaîtra pas le même sort que le Gender Equality Bill et les amendements à la Domestic Violence Act. La ministre annonce puis recule ! Est-ce encore un autre effet d’annonce ? Elle est très forte pour les effets d’annonce », a-t-elle affirmé.
Elle a également mis en avant dans son discours que la ministre avait reconnu l’existence de grosses irrégularités dans de nombreuses crèches, avant d’ajouter que rien n’a été fait pour y remédier.
KALPANA KOONJOO-SHAH, ministre de l’Égalité des Genres : « Les tentatives désespérées de semer la peur ont été vaines »
Intervenant juste après Stéphanie Anquetil, la ministre de l’Égalité des Genres et du Bien-être de la famille, Kalpana Koonjoo-Shah, a salué le travail abattu par les Finances pour la préparation et la présentation de ce budget, dans un contexte particulièrement marqué par la volatilité, où l’économie mondiale est secouée par des vents contraires.
« L’honorable Anquetil a laissé entendre qu’elle ne comprend pas. She clearly doesn’t understand anything. I don’t even think it requires refuting or rebutting because she admitted herself that she doesn’t understand anything. We’ll leave it to that, the less I say about it, the better for her actually », déclare-t-elle.
Elle soutient que « l’esprit de ce gouvernement n’a pas été affaibli par les difficultés et c’est vraiment audacieux de la part du gouvernement de proposer une telle approche budgétaire centrée sur le citoyen, ou devrais-je dire un budget pour les plus vulnérables. » Elle ajoute que « les coups bas, les attaques en dessous de la ceinture, les politiques de bas étage et les tentatives désespérées de semer la peur dans la population par l’opposition ont été vaines ».
Kalpana Koonjoo-Shah est d’avis que la stratégie de l’opposition n’a pas fonctionné, « car la population est intelligente et reconnaît le leadership du PM, Pravind Jugnauth ». Elle déclare que « l’opposition souffre du syndrome du nanyin pa bon». Elle avance que « les gouvernements dirigés par le MSM ont toujours navigué à travers les marées agitées, que ce soit sous la direction de sir Anerood Jugnauth ou sous celle de Pravind Jugnauth ».
Elle a aussi commenté les aspects sociaux du budget actuel « sont indéniablement dans la bonne orientation », tout en soulignant que « le gouvernement a également accordé une attention particulière à deux secteurs clés de la stratégie de développement durable, à savoir le secteur agricole pour assurer notre sécurité alimentaire et l’économie circulaire pour tirer le meilleur parti des ressources naturelles tout en ajoutant de la valeur aux déchets. » Elle fait ressortir que « l’autonomisation économique des femmes reste un des piliers de tout développement durable. Tout en reconnaissant que des progrès sont en cours, nous reconnaissons également qu’il y a place à l’amélioration ».
Tout en exprimant le souhait que le National Women Entrepreneur Council soit reconnu comme l’entité qui réunit l’ensemble des femmes bien établies et aspirantes entrepreneurs opérant dans les micro, petites et moyennes entreprises, la ministre estime finalement que l’allocation de Rs 11 000 à 50 femmes entrepreneurs est « une stratégie bien pensée pour encourager les femmes sans emploi à opter pour des avenues, où elles peuvent s’engager dans des entreprises alignées sur les besoins émergents du marché ».
Ashley Ittoo : « Ce budget a marqué plus d’un »
Le député de la circonscription No. 16 (Vacoas/Floréal), Ahsley Ittoo, est d’avis que ce budget a marqué plus d’un un. Même un membre de l’opposition, a-t-il dit, a concédé à la fin de la présentation du budget que « zot finn kas pake ». Pour lui, il est clair que « les carottes sont cuites pour l’opposition après la présentation du budget ».
Il a affirmé que le ministre des Finances a su faire preuve de ses qualités. Quelques jours avant la présentation du budget, le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, est venu dire que ce budget doit répondre aux besoins de la population. Ce qui a été fait dans le présent budget, a-t-il dit. Cependant, ce n’est pas un secret pour personne, selon lui, que les membres de l’opposition sont obligés de critiquer en raison de leur statut.
« L’espoir de ce côté de la Chambre est le redémarrage de l’économie alors que de l’autre côté l’espoir a une tout autre signification », a-t-il ajouté. Depuis la présentation du budget, un sentiment de soulagement s’est répandu parmi la population. « Le monde professionnel accepte que le pays passe par une période compliquée alors que les membres de l’opposition ne semblent pas être au courant de la situation lorsqu’ils parlent de “criminal budget” et des mesures “confettis” », a-t-il déclaré.
Ce budget est, au fait, un signal fort pour les jeunes qui souhaitent se lancer dans l’élevage pour assurer la sécurité alimentaire, contrairement à ce que dit l’opposition. Albert Camus, a-t-il mis en exergue, disait que là où il n’y a pas d’espoir, il faut l’inventer. « Mais les membres de l’opposition ont choisi d’inventer un “acting” leader de l’opposition prêt à rendre son tablier au premier venu. Un autre aspire à devenir un Premier ministre sans dinosaure. Je leur dirai : “met serye do” », a-t-il ajouté. Malgré les tentatives de traiter le gouvernement de « dominer », le développement pour le plus vulnérable se poursuit, a-t-il indiqué.
Franco Quirin, MMM : « Depuis 2015, l’on assiste au hold-up du Champ-de-Mars»
Franco Quirin déclare que l’affaire du Champ-de-Mars est bien la preuve que ce gouvernement fonctionne en vertu de ses agendas politiques . Au chapitre des courses, il a souligné que l’on assiste depuis 2015 à une lente mise à mort de cette industrie à travers, dans un premier temps, des amendements apportés à la GRA Act, puis avec l’introduction d’autres mesures dans les différents Finance Bills. « Une démarche qui a été utilisée non seulement pour éroder les pouvoirs des organisateurs des courses du MTC, mais pour aussi installer une seconde compagnie », a-t-il fait ressortir.
« J’ai évoqué les circonstances dans lesquelles s’est déroulé ce hold-up de l’État avec la complicité du conseil municipal de Port-Louis pour enlever après 209 ans la gestion du Champ-de-Mars du Mauritius Turf Club, » a-t-il souligné. « Depuis 2015, un plan machiavélique a été mis en place pour contrôler les courses à Maurice. Un plan mijoté, surpayé, au plus haut sommet de l’État avec le concours express de la GRA a été mis à exécution le dimanche 5 juin dernier avec l’organisation d’une première journée de courses par l’entremise d’une deuxième compagnie organisatrice des courses, The People’s Turf Club, qui est contrôlée totalement par celui qui a avoué avoir financé le MSM pour les élections de 2019 », affirme Franco Quirin.
La vitesse avec laquelle la People’s Turf Club a été enregistrée puis a obtenu le droit de gérer le Champ-de-Mars et organisé une journée de courses, malgré son absence totale d’expérience et de compétences dans le domaine, est ahurissante. « C’est du jamais-vu », a souligné Franco Quirin. « Selon les informations qui me sont parvenues, le financier de l’alliance au pouvoir contrôle pas moins de cinq écuries et il est aussi propriétaire de chevaux dans les autres écuries à travers des prête-noms. Mais c’est loin d’être fini car dans l’annexe du budget il est encore annoncé que la GRA Act sera amendée. »
Des amendements taillés sur mesure, a déclaré le député, ont été proposés pour renforcer la galaxie du principal bailleur de fonds du gouvernement. Autre amendement qui sera apporté à la GRA Act concerne l’article 93 b qui concerne la Personal Management Licence.
« Déjà, la GRA faisait la pluie et le beau temps. Dois-je rappeler que la GRA, qui est connue comme étant entre les mains des sous-fifres du gouvernement, aura un Discretionary Power pour décider à qui donner un permis ? On peut s’attendre à une véritable politique de Pick and Choose” », dit le député du MMM. Il devait aussi affirmer qu’il y a de nombreuses photos qui ont circulé sur les réseaux autour de l’organisation de la première journée de courses. « J’espère que le ministre des Finances viendra nous dire si toutes les personnes présentes au Champ-de-Mars le 5 mars dernier avaient tous leur Personal Management Licence. Nous allons voir également comment l’amendement à la GRA Act pour l’introduction de la définition de Fit and Proper sera utilisée », dit-il.
Même à la Mauritius Revenue Authority, Franco Quirin a dit constater avec indignation que cette « compagnie proche du pouvoir n’est toujours pas connectée au serveur central malgré des années de dénonciations alors que tous les autres opérateurs sont dans l’obligation de respecter cette règle ». Comment se fait-il qu’un opérateur seulement soit autorisé à soumettre ses Returns quelques jours après la tenue d’une journée de courses alors que cette faveur n’est pas accordée à d’autres ? « N’est-ce pas des Money Politics ? », se demande-t-il.
« Ce budget aurait dû être l’occasion pour le gouvernement de recentrer ses priorités et proposer une série de mesures structurelles pour permettre de soulager la population. Il aurait dû redonner au secteur privé la place qui lui revient au lieu d’agir comme un État accapareur », a-t-il affirmé.
Franco Quirin devait aussi dire qu’il ne faut pas s’étonner que la population exprime sa déception concernant l’allocation de Rs 1 000 dont la reconduction pour la prochaine année financière n’est pas garantie. Pour lui, « la population mauricienne est au bord de l’asphyxie ». L’arrogance avec laquelle ce gouvernement gère les affaires du pays fait que la situation sociale et la pauvreté s’aggravent semaine après semaine, a déclaré le député.
Ce dernier a rappelé qu’un rapport ayant trait à l’analyse de la pauvreté, publié en avril dernier, indique que plus de 36 500 ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté relative. « Cela prouve que la pauvreté touche plus de 130 000 de nos compatriotes. Après huit ans au pouvoir, ce gouvernement n’est pas parvenu à baisser le niveau de la pauvreté à Maurice », a-t-il dit.
Mahen Seeruttun :
« Le gouvernement PTr/PMSD a mené le pays au bord de la banqueroute »
Face aux critiques de l’opposition sur le budget 2022/2023, le ministre des Services financiers, Mahen Seeruttun, a accusé le gouvernement PTr/PMSD d’avoir « mené le pays au bord de la banqueroute ». Pour lui, le tandem PTr/PMSD a failli « lamentablement » dans la gestion de toutes les crises qu’a connues ce régime lorsqu’il était au pouvoir. Le budget du gouvernement, a-t-il dit, a « un visage humain ».
Prenant la parole suite au “ruling” du Speaker Sooroojdev Phokeer interdisant trois députées du MMM, à savoir Karen Foo Kune-Bacha, Joanna Bérenger et Arianne Navarre-Marie à la séance parlementaire de mercredi, le ministre des Services financiers a été très critique contre le gouvernement PTr/PMSD, lorsque le pays était géré par ce régime. « Cette opposition était au gouvernement dans le passé, et il y avait des crises. Mais ils ont failli lamentablement dans la manière qu’ils ont géré ces crises », a dit le ministre. Il a cité l’exemple de la crise pétrolière dans les années 70. « Le gouvernement PTr/PMSD n’a pu la gérer et a dirigé le pays au bord de la banqueroute », a-t-il rappelé.
Mahen Seeruttun a cité aussi les deux dévaluations successives dans les années 70 et les 100 000 chômeurs. « Aujourd’hui, l’opposition ose dire que Maurice est au bord du précipice et la comparer au Sri Lanka », a déploré le ministre. Il a retourné encore le couteau dans la plaie en évoquant les autres crises qu’a connues l’ancien gouvernement dans les années 2000. Il a rappelé « l’hypocrisie » du PTr/PMSD à cette époque avec leur slogan « putting people first ».
Le ministre des Services financiers a soutenu que l’ancien gouvernement n’a fait que le contraire et a « profité des crises pour appauvrir la population ». En ce sens, il a souligné l’abolition des privilèges offerts aux planteurs de canne, la taxe sur l’épargne, le “hedging” d’Air Mauritius, la révision des lois du travail qui permettaient le “hire and fire”. « Des milliards ont été gaspillés par manque de vision et l’incompétence de ce gouvernement », a-t-il souligné.
Mahen Seeruttun a avancé ne pas croire que l’opposition aurait pu mieux gérer les crises que connaît le gouvernement actuel. Il a déclaré que le gouvernement a tout mis en œuvre pour que la pandémie de Covid-19 ne déclenche pas une crise économique et sociale. « Le budget répond aux attentes de la population. Aucun autre gouvernement n’aurait pu faire mieux. » Il a fait mention de l’augmentation de Rs 1 000 du salaire des travailleurs. « Les gens sont soulagés que le gouvernement soit à leur écoute, peu importe ce que dit l’opposition », a fait ressortir le ministre. Pour lui, l’opposition est « remplie de contradictions » et ne sait pas sur quoi tirer.
Lors de son intervention Mahen Seeruttun a aussi cité le sondage d’Afrobarometer sur la démocratie. Un sondage utilisé par l’opposition pour critiquer le gouvernement. Pour défendre le gouvernement, Mahen Seeruttun a parlé d’un précédent sondage où le PMSD n’a obtenu qu’un pourcent par rapport aux autres partis politiques.
Face aux critiques de l’opposition d’enlever les taxes sur certains produits, le ministre a avancé que si on en enlevait par exemple sur la bonbonne de gaz, le Mauricien devrait débourser Rs 609 par bonbonne au lieu de Rs 240. « Le prix de la farine devra se vendre à Rs 14 au lieu de Rs 4,85 le demi-kilo et le demi-kilo du riz à Rs 13,10 au lieu de Rs 5,40. »
Mahen Seeruttun est aussi revenu sur les mesures du budget pour son ministère. « Ces mesures prises vont accroître la résilience du secteur », a-t-il dit. Désormais, les compagnies de réassurance pourront venir s’implanter à Maurice. Il a annoncé aussi de nouveaux projets qui seront lancés par la Financial Services Commission et son ministère. Le développement du secteur de la Fintech est aussi au centre des préoccupations. Un rapport sur le secteur sera bientôt lancé.
De plus, le ministre a parlé des efforts fournis par le gouvernement pour que Maurice sorte de la liste grise du Groupe d’action financière et de la liste noire de l’Union européenne. Il s’est réjoui qu’en peu de temps, Maurice ait pu être enlevée de ces deux listes. Malgré la crise, il a souligné que le secteur des services financiers a enregistré une croissance positive de 4,6%. Il estime que le moment est parfait « de continuer sur ce momentum ».
Bobby Hurreeram : « Une bouffée d’air frais pour la population »
Le budget est venu compromettre les plans de l’opposition, tant elle est à court d’arguments pour le critiquer. Tel est l’avis du ministre des Infrastructures nationales, Bobby Hurreeram. Il estime que son collègue, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, a présenté un budget brillant, en dépit du contexte économique difficile.
« Le budget une bouffée d’air frais pour la population », déclare Bobby Hurreeram. Les différentes mesures sociales annoncées par le ministre des Finances permettront aux Mauriciens de garder la tête hors de l’eau, estime-t-il. « Avec la pandémie de Covid-19, qui continue, et la guerre entre la Russie et l’Ukraine, l’avenir est incertain. Mais ce budget est un symbole d’espoir. C’est un message fort du gouvernement que des jours meilleurs sont à venir », rajoute-t-il.
Il affirme que le gouvernement a pris des mesures pour assurer la sécurité alimentaire, alors que la situation est incertaine sur le plan mondial. « Chaque année, le gouvernement est venu avec des mesures pour encourager l’agriculture et l’élevage. Il n’y a aucune honte à travailler dans les champs ou à faire de l’élevage, car au bout du compte, c’est vous qui allez nourrir la population. Avec les grants, subsides et autres prix fixés, il y a de l’avenir dans ce secteur », rappelle-t-il.
L’orateur est d’avis que le présent budget fait également la part belle aux petits entrepreneurs, avec le rehaussement du plafond pour être considéré comme une PME, passant d’un chiffre d’affaires de Rs 50 millions à Rs 100 millions. « Cela encouragera nos jeunes à lancer leur propre entreprise. Le pays compte de nombreuses Success Stories d’entrepreneurs pour les inspirer. »
Bobby Hurreeram a également mis l’accent sur les efforts du gouvernement pour une île Maurice plus verte. Il cite en exemple les facilités pour produire de l’électricité à travers l’énergie solaire, de même que l’abolition des taxes sur les voitures hybrides et électriques.
Le ministre a également remercié son collègue des Finances pour son soutien inconditionnel au titre du National Flood Management Programme. Depuis le dernier budget, 200 projets de drains ont ainsi été complétés, rappelle-t-il, tandis que 200 autres sont en cours et 400 autres démarreront bientôt. Avec le Land Drainage Masterplan déjà élaboré, et l’acquisition de nouveaux outils permettant d’identifier les zones inondables, le gouvernement sera en mesure de mieux faire face à l’impact du changement climatique et protéger la vie des citoyens, reprend Bobby Hurreeram.
En sus de cela, le gouvernement s’est embarqué dans l’amélioration d’infrastructures depuis le précédent mandat, a-t-il ajouté. Ainsi, 500 projets de réhabilitation de bâtiments publics ont été réalisés, avec un budget de Rs 1,1 milliard. Sans compter les nouveaux projets, comme le Victoria Urban Terminal et les Headquarters de la police d’Abercrombie. Le gouvernement s’engagera dans un partenariat avec le privé pour la rénovation du Château Bénarès et de La-Citadelle à des fins commerciales, précise-t-il.
Le ministre des Infrastructures publiques se réjouit par ailleurs que les petits entrepreneurs locaux pourront maintenant décrocher des projets d’envergure. La mise sur pied d’un Construction Industry Training Council viendra renforcer davantage les capacités dans ce secteur, dit-il. Il a ainsi demandé aux jeunes de « saisir toutes les opportunités mises à leur disposition par le gouvernement.
Tania Diolle, PPS « Des mesures de redistribution de la richesse »
Pour la Private Parliamentary Secretary (PPS) Tania Diolle, le gouvernement avait jeté les jalons d’une économie inclusive bien avant la pandémie de Covid-19. Les mesures sociales annoncées constituent ainsi « une redistribution de la richesse », souligne-t-elle. Elle fustige également l’opposition pour ses critiques et regrette que celle-ci n’ait pas fait de propositions concrètes face à la situation. Avec les mesures sociales annoncées dans le budget, elle trouve que « la population pourra respirer, malgré les conditions économiques difficiles ».
« L’inflation est la préoccupation de l’économie, alors que l’opposition sait très bien qu’avec la guerre en Ukraine et la pandémie de Covid-19, il y a eu des interruptions dans les chaînes de production au niveau mondial », relève la PPS. Elle cite en exemple le taux d’inflation aux États-Unis, qui a atteint pour la première fois 8,1%. Au Royaume-Uni, l’inflation est à 9%, contre 8,1% pour la zone Europe, a-t-elle précisé.
Pour Tania Diolle, en dépit de la situation, le gouvernement est venu avec des mesures de redistribution de la richesse. « Le gouvernement avait déjà jeté les jalons d’une économie inclusive avant la pandémie de Covid-19, à travers le rehaussement de la pension et le salaire minimum. C’est quoi leur stratégie ? Ils auraient dû le dire. Ils auraient dû faire des propositions », dit-elle.
La PPS a également évoqué les vidéos de torture en circulation, estimant qu’il est injuste de les associer au gouvernement. « C’est un problème systémique. Le gouvernement est autant choqué par ces pratiques. Encore une fois, l’opposition aurait pu faire des propositions pour en venir à bout », fait-elle comprendre.
Tania Diolle a, à plusieurs reprises, fait référence au discours du ministre Sunil Bholah pour souligner les progrès économiques, notamment avec des exportations historiques sur l’Afrique du Sud. « Beaucoup de gouvernements ont échoué dans leur stratégie africaine. Nous l’avons fait, grâce à des traités signés avec les pays africains », déclare-t-elle.
Elle est aussi revenue sur plusieurs projets initiés dans sa circonscription, soulignant le travail d’équipe avec le ministre Kavy Ramano. « Des projets de drains à La Louise et Saint-Jean sont en bonne voie, après des décennies. Des solutions aux inondations ont été trouvées. »
Teenah Jutton :
« Une bouffée d’oxygène »
La députée de la circonscription No. 11, Vieux Grand-Port/Rose-Belle, a trouvé que le budget présenté met les Mauriciens « au centre des préoccupations ». Teenah Jutton a expliqué qu’en ces temps difficiles, le budget est venu comme « une bouffée d’oxygène » car il est présenté par un « caring and compassionate government ». Elle s’est appuyée sur les propos de Jean-Pierre Dalais, président de Business Mauritius, pour trouver écho à son argumentaire, et a cité ce dernier : « ce budget amène un nouveau souffle aux plus démunis et à ceux qui souffrent le plus de la crise actuelle. » Teenah Jutton a rappelé que « même l’honorable Bérenger a avoué qu’il y a eu des efforts. Le leader de l’opposition a, lui, demandé au gouvernement de faire preuve de plus de professionnalisme, mais la population en général est satisfaite. There is a lack of plausible arguments in the Opposition ».
La députée a trouvé que la population est « plus que satisfaite » du budget car les mesures « ont dépassé leurs attentes ». Les gens sont soulagés, dit-elle, car ils se préparaient au pire. « Ils n’auraient jamais pensé qu’en ces temps si difficiles on aurait eu autant de mesures pour faciliter leur vie. Les Mauriciens sont contents, alors que certains font des prophéties pour dire qu’on finira comme le Sri Lanka, oubliant que certains avaient ‘ras dipin dan labous zanfan’. » Teenah Jutton dit comprendre que c’est le rôle de l’opposition de faire des critiques, mais elle lui demande de reconnaître que pour la première fois, après d’énormes difficultés causées par la pandémie pendant deux ans, « les gens sont maintenant soulagés ».
Kenny Dhunoo, Deputy Chief Whip :
« Nous travaillons jour et nuit »
Kenny Dhunoo, Deputy Chief Whip, a expliqué que malgré une marge de manœuvre limitée, le ministre des Finances a répondu aux attentes de la population. Le Produit intérieur brut (PIB) de Maurice est au-dessus de celui de plusieurs pays, a-t-il dit et « Mauritius still stands ahead in terms of growth ». Il a évoqué la prime à l’emploi et la création d’emplois dans la Fonction publique, soulignant que le chômage va diminuer à 7,8%.
Il a parlé des développements prévus dans le domaine agricole « qui vont nous aider à être moins dépendants des importations ». Kenny Dhunoo estime que le budget encourage la production locale et a été « bien reçu par la communauté des planteurs » qui bénéficieront de meilleurs coûts de production. Il a évoqué le secteur énergétique et le green transformation package, incluant la promotion des véhicules électriques.
Kenny Dhunoo a affirmé que les membres de l’opposition ne sont pas en mesure d’apprécier les mesures prises par le gouvernement : « Elle ne recule devant rien pour essayer de grappiller des points politiques. Elle dit que nous sommes en dictature mais en fait, nous subissons la dictature de la pensée par l’opposition. Ils s’attaquent à tous ceux qui soutiennent le gouvernement. Ils se cachent derrière de faux profils pour mener leur campagne. Ils ont dit que nous avons truqué les élections, mais les élections ont été “free and fair”. »
Le Deputy Chief Whip a égratigné au passage le PMSD, et plus précisément Adrien Duval : « La Cour suprême a rejeté tous les points de sa pétition. » Et de conclure : « Nous avons une équipe qui travaille jour et nuit. Rezilta lor rezilta ! Ils peuvent faire ce qu’ils veulent mais la population n’est pas dupe. Nous ne céderons pas face à leur démagogie. »
Dr Farhad Aumeer:
« The DPP never recommended to sue me »
En réaction aux propos du ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, lors des débats budgétaires au Parlement mardi, le Dr Farhad Aumeer, député du PTr, déclare que le DPP n’a jamais recommandé de le poursuivre. « Neither the DPP nor the Medical Council as to date has issued any sanction against me ». Il soutient par ailleurs : « I never attended any New Year function without mask ».
Richard Duval, PMSD
« Le pays s’appauvrit et la misère s’installe »
S’appuyant sur des statistiques économiques, Richard Duval (PMSD) a été très critique envers le gouvernement. Pour lui, « le pays s’appauvrit et la misère s’installe ». Avec un déficit budgétaire de 4% du Produit intérieur brut, il s’est demandé comment ce budget donne-t-il les moyens pour un « lendemain meilleur ».
Le député estime que pour soulager la population face à la montée du prix des produits pétroliers, certaines taxes auraient dû être enlevées. Il a ajouté que le prix de l’essence aurait été ainsi fixé à Rs 59.90. Il déplore que la pauvreté ait augmenté dans le pays et que le gouvernement « ne prenne aucune action concrète pour améliorer la situation ». Il a dit également noter l’appauvrissement de la classe moyenne.
Richard Duval est d’avis que la population ne peut pas faire confiance dans le gouvernement. À ce sujet, il a cité des interventions du Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui avait parlé des risques « que certains produits ne se verront pas à Maurice car l’argent dans les caisses est limité ». Il est aussi revenu sur l’échouement du Wakashio et la compensation financière non payée à ceux concernés et souligne que ceux qui gagnent leur vie de la mer souffrent de la misère.
Les récentes vidéos de scènes de torture par des policiers ont été commentées par le député. Il dit que cet épisode gâche la réputation de Maurice sur le plan mondial. Il a dit regretter que le « gouvernement n’ait pas de sensibilité pour son peuple ».
Par ailleurs, il croit que le gouvernement aurait dû offrir les chaînes de la MBC gratuitement aux vulnérables au lieu d’imposer des amendes pour non-paiement de la licence. « Cela démontre qu’on n’a pas de pitié pour le peuple », a-t-il souligné lorsqu’il est question de loisirs.
Ritesh Ramful, Ptr :
« Le GM a amassé des milliards pendant que le peuple souffre »
Ritesh Ramful du parti Travailliste est d’avis que ce budget n’a rien d’un exercice « avec le peuple et pour le peuple ». Selon lui, « pendant que la population souffre de la cherté de la vie, le gouvernement n’a pas hésité à amasser des milliards ».
Il cite en exemple les nombreuses taxes sur les produits pétroliers, le transfert des fonds de la Banque de Maurice et de certains corps parapublics, ainsi que des emprunts, notamment auprès de l’Inde. « Le pays est endetté et l’avenir de la future génération est en danger », craint-il.
Le député de Mahébourg/Plaine-Magnien estime que tous les éléments d’une hausse du coût de la vie étaient réunis depuis quelque temps séjà. Et il ne s’agit pas uniquement de la pandémie de Covid-19 ni de la guerre en Ukraine, précise-t-il. Il a cité en exemple la dévaluation de la roupie par plus de 20% depuis 2017. Le taux d’inflation n’a cessé d’augmenter, poursuit-il, passant de 2,3% en 2020 à 6,5% en 2021, et finalement à 11% en 2022. « Pendant que le peuple souffre, le gouvernement n’a pas hésité à amasser des milliards de roupies. Le ministre des Finances fait croire que l’espace fiscal est limité et qu’il a fait de son mieux. Je vais montrer comment il cache la vérité », dit-il.
Il avance ainsi que le gouvernement a rempli ses caisses avec des donations de pays amis, des emprunts, en puisant dans les réserves de la Banque de Maurice et dans des fonds des corps parapublics. « On a amassé de l’argent en endettant le pays et en dilapidant les réserves. En 2019/2020, on a emprunté Rs 19 milliards de pays amis et d’agences internationales. En 2020-2021, on a emprunté Rs 26 milliards et en 2021-2022, Rs 4 Mds. En trois années, le gouvernement a emprunté Rs 49 milliarrds pour financer les dépenses de l’État, selon l’Annexe E du budget », fait-il comprendre.
En sus de cela, a poursuivi Ritesh Ramful, le gouvernement a obtenu des Grants à hauteur de Rs 15 milliards de l’Inde pour la réalisation de divers projets, dont le métro. Sans compter des donations de l’Arabie saoudite, de la République populaire de Chine et du Japon. « Le gouvernement a osé puiser Rs 158 milliuards des réserves de la BoM, soit Rs 18 milliards pour financer des Loans, Rs 60 milliards pour des transferts au Consolidated Fund pour le budget et Rs 80 milliards pour la Mauritius Investment Corporation Ltd (MICL). C’est sans précédent ! Donc, en trois ans, le ministre des Finances a eu un War Chest de Rs 220 milliards. Cette somme colossale n’a pas été obtenue de la croissance ou de la productivité, mais en empruntant et en puisant dans les réserves », déclare-t-il.
Ajouté à cela, précise Ritesh Ramful, les taxes et l’Excise Duty ont aussi apporté des sommes importantes.
Rien que la TVA a récolté une somme additionnelle de Rs 282 milliards, soit Rs 500 milliards au total sur trois ans. « Cette somme aurait pu être utilisée pour améliorer la vie des Mauriciens, pour renforcer les secteurs traditionnels et développer de nouveaux secteurs. Mais malheureusement, on a affaire à un gouvernement en manque de vision, qui a utilisé ces milliards pour payer les salaires, pour mettre dans le béton, pour gaspiller dans des projets infructueux et pour faire labous dou à l’approche des élections », appréhende-t-il.
Selon lui, l’allocation de Rs 1 000 est une illusion, car étant l’argent des travailleurs, qui ont contribué à au fonds de la Contribution Sociale Généralisée (CSG), laquelle, depuis septembre 2020, a cumulé une somme de Rs 16 milliards. « Une partie de l’argent provient de deux emprunts de la Banque africaine de développement (Rs 8,3 milliards) et de l’Agence française de développement (Rs 13,2 milliards), que la jeune génération va devoir rembourser », ajoute-t-il avec force.
Ritesh Ramful a ainsi qualifié le gouvernement de dangereux, précisant qu’on va devoir rembourser des milliards pendant des années.

