La mort de Jeff Axel Perrine (27 ans) en détention à la prison de Beau Bassin prend une nouvelle tournure. Sa mère, Marie Joycelyne Perrine a saisi la Commission des Droits de l’homme afin d’obtenir des éclaircissements sur les circonstances entourant ce décès.
Entourée de ses avocats hier, elle dénonce des zones d’ombre qu’elle juge troublantes et réclame une enquête approfondie. Le corps sans vie de Jeff Axel Perrine, domicilié à Résidence Rose, Notre-Dame, Montagne-Longue, a été découvert le vendredi 1er mai dans sa cellule, située au bloc A, palier 5, cellule numéro 2 de la prison de Beau-Bassin. Le détenu a été retrouvé assis sur son lit, le corps penché vers l’avant, le visage dirigé vers le sol. Il tenait un morceau de papier dans la main droite. Une trace de sang a également été relevée à proximité de son pied droit.
Le médecin de la prison a constaté le décès à 08 h 33 avant d’alerter la police. Plusieurs officiers, dont un assistant surintendant de police, des enquêteurs de la Criminal Investigation Division ainsi que les techniciens de la Scene of Crime Office ont été dépêchés sur place. Le corps a ensuite été transféré à la morgue de l’hôpital Victoria.
L’autopsie, pratiquée le même jour à 18 heures par la Dr Shaila Jankee en présence de la police, a attribué la cause du décès à un œdème cérébral et pulmonaire. Aucune piste criminelle n’a été retenue à ce stade, selon les conclusions médicales. Un échantillon du contenu de l’estomac de la victime a été prélevé pour des besoins d’analyse toxicologique. Jeff Axel Perrine purgeait une peine d’un an d’emprisonnement pour un délit de vol. Une peine prononcée par le tribunal de Pamplemousses. Sa libération était prévue le 24 mai, soit quelques jours seulement avant sa mort. Cependant, la version officielle est vivement contestée par la mère du défunt. Elle affirme avoir été informée du décès de son fils dans la matinée du 1er mai par les autorités pénitentiaires. Selon ses dires, deux personnes lui auraient assuré que le jeune homme s’était réveillé ce jour-là et avait même pris son petit-déjeuner avant de faire un malaise. Selon elle, cette chronologie soulève des interrogations, notamment parce que, d’après les conclusions de l’autopsie, le décès remonterait à la veille au soir, soit le 30 avril aux alentours de 19 heures. Une incohérence que la mère peine à comprendre. Marie Joycelyne Perrine affirme également avoir constaté la présence de marques suspectes sur le corps de son fils lors de l’identification. Des éléments qui renforcent, selon elle, la nécessité d’une enquête indépendante.
Face à ces contradictions et aux doutes exprimés par la famille, la démarche entreprise auprès de la Commission des Droits de l’homme vise désormais à faire toute la lumière sur cette affaire qui suscite des interrogations.

