La Major Crimes Investigation Team (MCIT) mène une enquête préliminaire à la suite des révélations d’une Française de 27 ans, actuellement en détention dans le cadre d’une affaire de trafic de drogue. La jeune femme affirme avoir entretenu des relations sexuelles consenties avec un constable alors qu’elle était détenue au poste de police de Sodnac.
À l’issue de ses premières investigations, la police a transmis les premiers éléments au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) pour avis légal. Celui-ci a préconisé des mesures disciplinaires à l’encontre du constable concerné, mais également d’une Woman Police Constable (WPC) qui était de service comme Sentry au moment des faits allégués.
Les Casernes centrales devraient se prononcer prochainement sur les sanctions à prendre. D’après nos informations, le constable, qui a depuis été transféré à la Special Mobile Force (SMF), pourrait faire l’objet d’une suspension.
Les faits remonteraient au 13 juillet dernier. Ce n’est toutefois que le mois dernier que l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) en a été informée, alors que la Française était interrogée dans le cadre d’une enquête sur un réseau de trafic de drogue.
Au cours de son interrogatoire, elle a expliqué qu’un policier, pour qui elle éprouve des sentiments, l’avait fait sortir de sa cellule pour avoir des relations intimes dans un endroit du poste de police à l’abri des regards. À la suite de ces révélations, la mule a été transférée à la prison pour femmes de Beau-Bassin.
La jeune femme est incarcérée depuis la saisie de cannabis d’une valeur marchande estimée à Rs 51 millions dans sa valise, à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam, à la fin du mois de mars. Elle coopérerait pleinement avec les enquêteurs de l’ADSU. Ses déclarations auraient déjà conduit à l’arrestation d’une dizaine de suspects, dont deux policiers.
En principe, les personnes soupçonnées de servir de mules sont placées en détention carcérale dans les trois semaines suivant leur arrestation. Dans cette affaire, l’ADSU avait toutefois sollicité le maintien de la jeune Française en détention policière. Cette décision aurait été motivée, d’une part, par des impératifs de sécurité, compte tenu de sa collaboration avec les enquêteurs, et, d’autre part, par la nécessité de faciliter le recueil de ses différentes déclarations.
À ce stade, aucun élément ne permettrait d’établir que le constable affecté au poste de Sodnac était impliqué dans le réseau de drogue démantelé. Les enquêteurs cherchent néanmoins à déterminer si la détenue a pu lui transmettre des informations confidentielles dont la divulgation serait susceptible de constituer une infraction. L’enquête de la MCIT se poursuit.

