Le leader de l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) et Parliamentary Private Secretary (PPS), Francisco François, était poursuivi pour un cas de Molesting Public Officer. Les faits remontent au 6 juillet 2019 lorsqu’il avait proféré des menaces à l’encontre d’un officier de police.
Le jugement du magistrat siégeant au tribunal de Port-Mathurin, Nader Ali Caunhye, est tombé jeudi, concluant que Francisco François, était coupable du délit de Molesting a Public Officer en infraction aux dispositions des articles 2 et 3 (1) (a) & (2) de la Public Officers’ Protection Act. Il était poursuivi pour avoir « wilfully and unlawfully address Police Constable Philippe, Dept No. 8989, who was in the performance of his duty, in the following words: « To pran mwa pou ki la twa ? To pe pran twa pou enn mari, mo pou al raport twa la. » Il plaidé non-coupable dans cette affaire.
Lors du procès, un autre officier de police, témoin dans l’affaire, a expliqué qu’au moment des faits, Francisco François était membre de l’Assemblée nationale et avait droit à un chauffeur. Le constable de police Philippe a, lors de sa déposition en Cour, soutenu que le 6 juillet 2019, il était affecté au poste de police de Petit-Gabriel et qu’il avait été assigné, ce jour-là, pour travailler à Malabar où il avait pour mission de réguler la circulation à un carrefour dans le contexte des dixièmes Jeux des îles.
Selon le policier, il faisait son travail lorsqu’il a aperçu un véhicule du gouvernement, un 4×4 de couleur blanche de la marque Nissan, portant RRA sur sa plaque d’immatriculation, venant de la région de Le-Chou en direction de Latanier ou Mont-Lubin. Il a avancé avoir fait signe au conducteur du véhicule de s’arrêter et d’attendre mais que ce dernier a continué de klaxonner. Le policier Philippe a ajouté qu’il a demandé au conducteur une deuxième fois et que c’est à ce moment-là que Francisco François, qu’il avait reconnu, est sorti du véhicule.
Le PC Philippe a fait comprendre en Cour que le PPS a marché dans sa direction en lui disant : « To pe pran mwa pou ki la. To pe pran twa pou enn mari, mo pou al raport twa ». Le policier s’est appesanti sur le fait que Francisco François le pointait du doigt. Ces mots étaient prononcés à haute voix et sur un ton un peu agressif adopté, cela en présence des membres du public qui étaient témoins de la scène. Il a expliqué qu’il s’est senti humilié à la fois en tant que personne et en tant que policier.
Le PC Philippe a aussi fait part qu’il avait rencontré le PPS après l’incident, lors de funérailles, et que ce dernier s’est approché de lui pour s’excuser.
En réponse à une question lors du procès pour savoir si les membres de l’Assemblée nationale ont effectivement la priorité sur les autres usagers de la route, le PC Philippe a dit reconnaître qu’ils sont prioritaires mais que dans le cas présent, l’accusé roulait dans une Nissan de la Rodrigues Regional Assembly. Le véhicule, selon le constable, ne présentait aucune particularité et le conducteur aurait pu être n’importe qui travaillant pour le gouvernement régional.
Il a indiqué que plusieurs personnes ont été témoins de l’incident, mais qu’il a dû remplir son devoir en premier et, ce faisant, il n’a pas eu le temps de demander à quiconque de se présenter comme son témoin dans cette affaire. Le magistrat Caunhye a conclu que la poursuite a réussi à établir un Prima Facie Case contre Francisco François.
« Since the accused has elected to remain silent and thus opted not to swear to the truthfulness of his out of court statement, which is only evidence of what he has stated to the police, it is undeniable that there is nothing on record to satisfy this Court why it should not act on the evidence adduced by the Prosecution. The out of Court version of the Accused does not provide any reason whatsoever as to why such a charge would be levied against his person nor does it cast any doubt as to the credibility of PC Philippe », a déclaré le magistrat, qui prononcera sa sentence dans les prochaines semaines.
RÉACTIONS : La révocation du PPS réclamée par le FPR
Le Front patriotique Rodriguais (FPR), le parti du chef commissaire Johnson Roussety, a réagi sur sa page Facebook et réclame la révocation du PPS François, faute de démission de sa part.
« Les faits sont graves, extrêmement graves et Francisco François devrait au moins démissionner ou être révoqué comme PPS de la NDU, car ce département tombe sous la responsabilité du PMO, qui est aussi responsable de la police. Plus grave encore, Francisco François s’est lui-même autoproclamé “représentant du gouvernement à Rodrigues” », souligne la communication du FPR.
Le texte affirme que ce jugement vient rappeler que l’arrogance du pouvoir n’est pas permise, que les policiers ne sont pas des subalternes de l’OPR. « La vérité éclate sur la culture de supériorité de l’OPR qui a pensé pendant trop longtemps que Rodrigues était sa propriété », fait-on ressortir.

