Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, intervenant sur le Finance Bill, estime que contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’économie du pays ne s’est pas encore remise du Covid. Il a accusé le gouvernement d’endetter le pays jusqu’au cou uniquement pour donner l’impression que tout va bien. Il a aussi été critique à l’encontre de la politique de dépréciation volontaire de la roupie afin d’alimenter le Special Reserve Fund. Les fonds ainsi générés peuvent être utilisés pour le remboursement de la dette publique.
Xavier-Luc Duval, a dès le début de son intervention, remis les pendules à l’heure en contredisant le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, qui dans sa présentation avait affirmé que le Banque de Maurice ne sera pas en mesure d’investir dans une compagnie. Cela ne veut pas dire que la BOM ne peut pas le faire. La vérité est si la BOM ne peut plus utiliser les réserves officielles pour, par exemple, investir dans la MIC, mais peut le faire à travers le Special Reserve Fund (SRF). Une clause de la loi qui n’a pas été enlevée stipule que, la Banque Centrale peut toujours investir dans n’importe quelle corporation ou compagnie créée pour contribuer au développement du pays dont la MIC », dira-t-il.
L’autre changement relevé est que la BOM ne pourra plus désormais donner de l’argent au gouvernement en cadeau mais le Special Reserve Fund pourra être utilisé pour le remboursement de la dette étrangère du gouvernement.
Toujours au chapitre de la Banque de Maurice, le leader de l’opposition avance qu’en 2019, il avait critiqué le fait que le gouvernement avait pris Rs 18 milliards pour rembourser ses dettes étrangères.
« Cependant, le nouveau ministre des Finances est allé plus loin avec un soutien budgétaire de Rs 60 milliards au gouvernement et Rs 80 milliards à la MIC. Il se trouve que le montant total accordé au gouvernement se monte à Rs 148 milliards » ; dit-il en brandissant une coupure de Rs 1 000 à l’effigie de son père, feu sir Gaëtan Duval, pour mieux comprendre à la population l’importance de ce montant. Il poursuit qu’avec de tels fonds, le gouvernement aurait pu construire quelque 140 000 maisons.
« Pourquoi des gouverneurs comme Manou Bheenick n’ont pas été en mesure de le produire?», s’est-il demandé s’appesantissant que le Special Reserve Fund ne comprend que du Paper Profit, provenant de la dépréciation de la roupie. « The more the rupee depreciates, the more the financial asset increases, and the more the BOM makes money », a-t-il expliqué en citant que la BOM a déprécié la roupie vis-à -vis du dollar américain de 42% depuis 2014. « Cette dépréciation a créé une poussée considérable du taux d’inflation avec une hausse considérable des prix mais elle a permis de créer beaucoup d’argent pour le gouvernement », dénonce-t-il.
« Not recovered from Covid »
Pour Xavier-Luc Duval, le gouvernement veut faire croire que tout va bien parce qu’il y a des constructions à travers le pays.
« Maurice est un des rares pays dans le monde qui ne s’est pas encore remis pleinement du Covid-19. Nous ne sommes même pas retournés au niveau de 2019. La pandémie s’est beaucoup atténuée aujourd’hui, c’est un petit pas. Il estime que l’utilisation de l’argent provenant du Special Reserve Fund (SRF) et une incitation pour le gouvernement et la BOM de poursuivre la dépréciation de la roupie. Ce qui entrainera le gonflement du SRF. C’est ce qui se passe en terme de comptabilité », dit-il préconisant que cette clause de la loi aurait dû également être enlevée.
Le leader de l’opposition a souligné la nécessité pour le gouvernement d’agir avec précaution puisqu’au vu de la situation internationale, il ne serait pas étonnant que le dollar américain se déprécie au niveau international. Ce qui risquerait de détruire le Balance Sheet de la BOM qui aura donné tout son argent au gouvernement en commentant les fonds réalloués à la Mauritius Investment Corporation Limited.
Abordant la dette publique, Xavier Luc Duval accuse le gouvernement d’avoir porté la dette du pays à Rs 485 milliards après avoir utilisé Rs 78 milliards de la Banque de Maurice. Il dénonce la démarche du gouvernement portant le plafond de la dette à 80% du PIB à la suite d’un amendement au Schedule de la Public Debt Management Act alors qu’auparavant la limite fixée était dans la loi.
« Aujourd’hui n’importe quel ministre des Finances peut changer ce plafond à travers la publication d’un General Notice. Auparavant, la loi prévoyait qu’en cas d’urgence le plafond pourrait être augmenté de 2%. Cette limite a été enlevée. Ce qui veut dire que le gouvernement peut l’augmenter comme il veut », regrette-t-il.
Au chapitre de la création de la Early Childhood Authority, Xavier-Luc Duval a déploré que la vice-Première ministre et ministre de l’Education n’a osé donner aucune indication quant à la façon que l’éducation gratuite sera introduite au niveau pre-primaire.
Pour ce qu’il s’agit des amendements prévus au niveau de l’Economic Development Board, l’intervenant trouve que le ministre des Finances joue au père Noël vis-à -vis des investisseurs. Il sera en mesure de décider sur la base de cas par cas quel avantage peut être accordé aux Premium Investors. Les investisseurs pourront acheter des propriétés du gouvernement sur la base des conditions fixées par le ministre des Finances. Il s’est dit contre l’octroi d’un chèque en blanc au ministre des Finances pour décider des avantages à être accordés aux investisseurs étrangers.
À ce stade, il souhaite un juste équilibre entre la productivité et le travail. Il s’est dit contre le fait que si un grand parent est malade tous ses enfants sont autorisés à prendre dix jours de congé.
En conclusion, Xavier-Luc Duval a abordé les exemptions accordées à la NSLD et non à la NHDC, à Landscope Ltd et non à la State Property Development Ltd à la MIC et non à la SIC sous les dispositions de la Public Procurement Act.

