Bilan 2021 : quelques performances significatives

Après une année 2020 durement frappée par l’avènement du Covid-19, entraînant dans son sillage le report et l’annulation d’un certain nombre de compétitions internationales, 2021 se devait être le début d’une ère nouvelle. Si les activités ont repris un peu partout à travers le monde — avec parcimonie serait-on tenté de le dire, notamment avec des frontières fermées —, en revanche, la situation sanitaire n’a pas vraiment évolué afin de permettre un retour à la normale. Malgré cela, nombreux sont les sportifs à avoir pris leur mal en patience pour s’adapter au désormais terme très connu “new normal”.

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À Maurice, malgré tout le chamboulement qui a suivi, certains athlètes ont quand même été en mesure de sortir la tête hors de l’eau. Au point de démontrer que le sport pouvait, à un certain degré, combattre le Covid-19, mais à sa manière. De cette année 2021, on retiendra l’organisation des Jeux olympiques et Jeux paralympiques de Tokyo au Japon. Certes repoussés d’une année et longtemps en suspens, ces Jeux ont finalement pu se tenir et surtout ont permis à une petite poignée d’athlètes d’y faire leur nid.
S’il y a bien une athlète qui a pesé lourd aux Jeux de Tokyo, c’est bien la handisportive Noemi Alphonse. Non seulement est-elle devenue le premier athlète mauricien à décrocher une qualification aux Jeux paralympiques — Maurice ne bénéficiait jusque-là que d’invitations —, mais elle est aussi entrée par la grande porte pour ses premiers Jeux. Noemi Alphonse s’est qualifiée pour quatre finales (100m, 400m, 800m et 1500m) et a battu quatre records nationaux et d’Afrique. Certes, la Mauricienne en fauteuil n’est pas montée sur le podium, mais ses performances demeurent exceptionnelles. De quoi lui donner des ailes en marge des Jeux de Paris en 2024.

La BF en force

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Le boxeur Merven Clair aurait pu, lui, entrer dans l’histoire 13 ans après un autre boxeur, Bruno Julie. Malheureusement, il n’a pas été en mesure de valider une place en demi-finale chez les 69 kg. Ce qui aurait été synonyme de médaille de bronze, une performance jusque-là réussie que par Bruno Julie, en 2008, aux Jeux de Pékin en Chine. Merven Clair est tombé sur un coriace Irlandais, nommément Aidan Walsh. Richarno Colin, sur qui reposaient les espoirs mauriciens, s’est arrêté en huitièmes de finale, alors qu’il avait pourtant retrouvé une seconde jeunesse à 34 ans pour disputer ce qui semble très probablement ses derniers JO après ceux de 2008 en Chine et ceux de 2012 en Angleterre.

Olivier Lafleur n’a lui pas raté le coche en boxe française en s’imposant avec une médaille d’or à la Coupe du monde assaut, en juillet en Autriche. Quelques jours plus tard, il a décroché le bronze aux Championnats du monde dans le même pays. Sauf qu’il a eu ensuite l’opportunité de tenter la médaille d’or après le forfait du Serbe Marko Kovacevic pour la finale programmée le 11 décembre. Malheureusement, il est tombé face au champion sortant des moins de 85 kg, le Français Christopher Brugiroux.

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D’autres athlètes ont aussi brillé en 2021, à l’image d’Akilesh Bhantooa avec l’argent (+85 kg) en boxe française toujours. Il a été médaillé d’argent à la Coupe du monde et médaillé de bronze aux Championnats du monde de combat, tout comme Didier Brasse. Seule Sharone Clair a pu, elle, s’offrir une médaille d’argent à cette dernière compétition.

Le kick-boxing confirme

Les performances réalisées par les boxeurs Cédrick Dinally (-51 kg), Warren Robertson (-54 kg) et Fabrice Bauluck (57 kg) sont aussi à prendre en considération. Ils ont été tous médaillés d’or à la Coupe du monde en Hongrie. Annaëlle Coret (-56 kg) a pour sa part décroché l’argent, avant d’en faire de même aux Championnats du monde en Italie. L’haltérophilie Anthony Madanamoothoo a fait parler de lui aux Championnats du Commonwealth en Ouzbékistan en décrochant une médaille d’argent. Cela, grâce à une performance de 135 kg à l’arraché, 171 kg à l’épaulé-jeté et un total olympique de 306 kg chez les moins de 102 kg.

Comment ne pas évoquer ne serait-ce qu’un mot sur le toujours vert Jérôme Caprice. Malgré ses 38 ans, le marcheur a établi un nouveau record national le 19 décembre à Dublin, en Irlande, son pays d’adoption. Il a réalisé une performance de 2h56’37 au 35 km sur route. Ce qui s’est révélé être son 9e record national depuis son premier datant du 4 septembre 2016. Il avait alors bouclé le 20 000m marche, aux Pays-Bas, dans le temps de 1h37’38.

On dira donc que cette année a été sauvée grâce aux efforts et sacrifices des sportifs et des performances réalisées à l’international. Ils n’ont jamais cédé face à la menace Covid-19. Ils sont restés motivés, au point d’aller chercher des performances significatives malgré un contexte très difficile. En revanche, d’autres n’ont pas été en mesure de s’affirmer, voire de hausser leur niveau. À titre d’exemple, ceux qui n’ont pu améliorer leurs meilleures performances personnelles aux Jeux Olympiques. Ce qui était la moindre des choses à faire !

Le MAJSL doit mieux faire

Mais bravo à tous ceux qui ont fait honneur au pays en essayant de se surpasser. Bravo aussi à ces fédérations qui ont su se montrer persévérantes afin de garder leurs disciplines vivantes. Contrairement à d’autres qui, n’hésitons pas à le dire, ont échoué, une fois encore, dans la mission qui leur a été confiée. Ces dirigeants sauront se reconnaître, dans la mesure où ils ont surtout fait parler d’eux pour les mauvaises raisons.

D’autre part, le ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) a essayé, tant bien que mal, de soutenir les athlètes. Même si nous estimons qu’il y avait beaucoup mieux à faire notamment en termes de soutien financier en tenant compte des fonds destinés aux déplacements pour 2020 et non utilisés en raison des frontières fermées. Ce qui a surtout manqué à ce ministère, et en particulier à son ministre, Stephan Toussaint, c’est de l’autorité face à ces fédérations qui peinent à comprendre que le sport c’est avant tout les sportifs et certainement pas les intérêts qui n’ont rien à voir avec le sport.

Espérons tout simplement que le Covid-19 ne sera plus utilisé comme prétexte et que tous ceux concernés se mettront à l’ouvrage pour tirer enfin dans le même sens. Ce n’est qu’ainsi que le sport local pourra s’adapter à ce new normal et faire de sorte de continuer à s’épanouir dans ce contexte si particulier.

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