Notre invité de ce dimanche est Patrick Assirvaden, ministre des Utilités publiques. Il répond aux nombreuses critiques sur la gestion de la distribution d’eau potable et de l’électricité, ainsi qu’à des questions d’actualité.
O Selon son rapport annuel, en 2025, la CWA a produit 332 millions de m3 d’eau, mais seulement 132 millions de m3 ont été consommés. Le reste, c’est-à-dire 200 millions de m3, qui représente 60% de la production – et deux années de consommation du pays – s’est évaporé. Qu’est-ce que le CWA a fait depuis ce rapport pour remédier à cette situation ?
— Un Pipe Replacement Program pour remplacer tous les tuyaux abimés (1500 kilomètres) prendra peut-être plus de 10 ans à mettre en place et nécessitera une somme entre Rs 35 et 40 milliards. Le dernier Pipe Replacement Program fait par le gouvernement précédent avait coûté Rs 700 millions, mais il n’existe aucun indicateur montrant comment et dans quelle proportion ce programme avait fait diminuer la perte d’eau. Nous avons lancé un nouveau programme de remplacement qui démarrera en décembre…
O Ce qui veut dire que rien n’a été fait depuis 2025 pour remédier à la situation ?!
— On ne peut pas réaliser ce genre de programme du jour au lendemain. Nous parlons d’un vaste programme de près de Rs 3 milliards qui nécessite une préparation, des plans pour déterminer les priorités, pour faire les tenders, mobiliser les fonds pour réduire les pertes de 60 à 50%.
O Cela fait des années que l’on sait que la CWA perd une énorme quantité d’eau et rien n’a été fait pour réduire ces pertes ?!
— Je ne peux pas parler de ce qui a été fait ou pas dans le passé, mais de notre travail depuis 2025. Le Non Revenue Water Department qui avait été fermé, éliminé des structures de la CWA, a été réhabilité. Ce département ne s’occupait pas seulement des pertes, mais des vols, des compteurs qui ne marchent pas ou qui étaient trafiqués. Une équipe de consultants singapouriens arrivera bientôt pour déterminer, avec des sondes, où l’eau se perd dans notre circuit de distribution, qui est en grande partie sous terre. Nous avons fait provision pour reprendre les eaux usées que le CEB utilise dans son système hydraulique à Tamarin, Magenta, etc. Tout ça pour vous dire que depuis 2025, nous ne sommes pas restés les bras croisés, mais avons dû faire avec les moyens dont nous disposions.
O Le rapport de la CWA attribue sa très mauvaise santé financière au fait que les tarifs n’ont pas été augmentés depuis des années. Mais avant d’augmenter les tarifs, est-ce qu’il ne faudrait pas améliorer la qualité du service offert ?
— Vous avez raison. Le jour où nous pourrons offrir à la population un service de qualité, nous pourrions faire une augmentation du secteur domestique, pas avant. C’est pour cette raison que nous avons commencé à augmenter les tarifs pour les grosses entreprises et les smart cities, qui ont la capacité de payer, pas ceux des simples consommateurs.
O Combien de temps faut-il entre le lancement d’un tender et l’arrivée du matériel commandé ?
— Entre 4 et 5 mois en temps normal, mais comme vous le savez, la situation dans le Golfe retarde tout.
O Tous ces plans dont vous avez parlé ne sont pas encore opérationnels. Ce qui veut dire qu’il ne faut s’attendre à aucun changement majeur dans le secteur de l’eau avant au moins l’année prochaine ?
— Nous prenons du temps pour ne pas refaire les erreurs du passé avec le Pipe Replacement Program de Rs 750 millions, dont on n’arrive pas à retracer les plans. Depuis au moins les dix dernières années, la CWA a été une banqueroute nationale, dont nous sommes en train de payer chèrement les conséquences. Le fameux 24/7 que l’on avait promis et vendu en 2014 est aujourd’hui réduit à 0/7. Depuis un an, nous avons passé commandes pour des CPF qui sont des pompes qui filtrent l’eau des rivières pour les inclure dans notre réseau. Nous avons foré une vingtaine de nouveaux boreholes.
O Est-ce qu’il ne faudrait pas, comme certains le pensent, que la CWA prenne le contrôle des boreholes du privé ?
— Je ne pense pas, comme certains, qu’il faut confisquer les ressources en eau du privé, au risque de perturber notre économie. C’est la CWA qui délivre les permis d’exploitation. Les boreholes sont exploités, selon le cas, par la CWA ou en collaboration avec le secteur privé. Nous avons déjà pris quelques boreholes du privé pour alimenter notre réseau. L’eau qui appartient au privé sera utilisée, en cas de besoin, avec la collaboration des propriétaires, pour renforcer la distribution du réseau national.
O C’est quand même ironique, pour ne pas dire autre chose, que les robinets sont à sec, alors que les rayons des supermarchés contenant l’eau embouteillée ne sont jamais vides !
— Si c’est nécessaire, dans les semaines à venir, nous allons utiliser les boreholes et les rivières, et nous l’avons déjà fait avec ceux de Medine, Tribeca, Côte d’Or, parmi d’autres. Il faut aussi préciser que quand nous réduisons le volume de distribution d’eau dans le pays, nous le faisons aussi pour les smarts cities.
O Il paraît que des habitants des cités voient passer devant eux des camions-citernes qui vont remplir des piscines de certaines résidences de smart cities…
— Si la CWA est en train de faire ce que vous venez de dire, elle aura à assumer ses responsabilités. On m’a dit que des camions-citernes de la CWA réclament de l’argent des familles qu’ils vont approvisionner. Si on me communique le numéro du ou des camions qui font ce genre de « travail », je ferai le nécessaire pour y mettre fin sur-le-champ. Je suis clair sur ce sujet : si le board et le management de la CWA ne font pas bien leur travail…
O Vous allez faire ce que le ministre du Commerce a fait à la STC ?
— Certainement…
O Mais j’espère que vous n’allez pas révoquer le board et garder le CEO…
— Sans commentaires. Je suis en train de faire tout ce qui est possible pour améliorer la captation et la distribution de l’eau. Nous faisons ce que nous pouvons dans le court terme pour améliorer la situation et préparer l’avenir à partir du plan Marshall. Mare-aux-Vacoas nous fournissait 110,000 m3 d’eau par jour en est réduit à seulement 51,000 m3 aujourd’hui. Nous avons dû rationner la distribution pour alimenter toutes les régions desservies un jour sur deux.
O Est-ce que sans les manifestations des consommateurs de la CWA, dont vos mandants, vous auriez présenté le plan d’urgence approuvé par le Conseil des ministres, vendredi de la semaine dernière ? Est-ce qu’il aura fallu que des Mauriciens descendent dans la rue pour faire bouger le gouvernement sur ce dossier ?
— C’est votre interprétation. Mais techniquement, c’était le moment pour prendre ces mesures par rapport à l’évolution de la situation.
O Est-ce qu’avant de les annoncer pompeusement, on a réfléchi aux conséquences de ces mesures, comme celle des deux tanks qui, en fait, est une mesure qui existait déjà ?
— Vous avez raison, c’est un scheme qui existait déjà, mais qui n’était pas en grande demande. En fonction de la situation d’état d’urgence, nous avons assoupli les critères pour permettre au maximum de Mauriciens, propriétaires ou locataires de leur domicile, d’en profiter. Valeur du jour, nous avons reçu des milliers d’inscriptions. La DBM, qui fournira le bon pour obtenir les tanks, élargira sa liste de fournisseurs. Il y a suffisamment de plombiers à Maurice, même si cela demandera un peu de temps pour tout mettre en place. L’idée de cette mesure est de permettre aux personnes qui habitent dans les régions essentiellement desservies par Mare-aux-Vacoas et qui auront de l’eau un jour sur deux, de faire des stocks pour gérer leur eau selon la fourniture. Les Mauriciens doivent apprendre à gérer l’eau qu’ils consomment selon les disponibilités. Il faut se dire que la situation de la fourniture d’eau n’est pas meilleure ailleurs dans le monde.
O Il ne faut pas se consoler en se disant que la situation est pire ailleurs ! Vous pensez avoir suffisamment de ressources en eau pour remplir les tanks offerts ?
— Nous allons utiliser toutes les ressources dont nous disposons. C’est pour cette raison que nous avons établi un programme de rationnement, qui nous permettra d’utiliser à bon escient les ressources disponibles.
O On a évoqué comme partie de la solution le dessalement. Mais il faut du temps pour construire une usine de dessalement, au moins une année…
— Vous êtes optimiste, car il faut beaucoup plus de temps que ça. Le dessalement fait partie de notre programme de water mixed pour les années à venir, ce qui n’a jamais été fait. Nous ne pouvons plus nous reposer uniquement sur les grosses pluies pour remplir nos réservoirs. Nous ne pouvons pas être tributaires de la pluie et devons prendre des leçons de ce qui se fait à Rodrigues.
O Avant de penser au dessalement pour le water mix pour le long terme, est-ce qu’il ne serait pas logique et utile de faire construire des barrages pour capter et utiliser les eaux qui vont déferler vers la mer si les grosses pluies arrivent ?
— Cette recommandation figure dans le plan Marshall, mais il prend du temps à mettre en place. Un plan pour la construction de mini-barrages a été approuvé par le gouvernement alors que l’Alliance du Changement était au complet.
O Mais comme beaucoup de vos plans, il n’a pas été réalisé !
— Un barrage ne se construit pas en quelques mois. Mais il y a des plans sur le court terme : forer des boreholes, mettre des CPF dans les rivières : il y en a déjà 60 en opération. Il y a aussi des plans à long terme comme le dessalement et la construction des mini-barrages et le dam de Rivière-des-Anguilles…
O L’Arlésienne des projets de la CWA dont on parle depuis des années, qui a figuré dans je ne sais combien de discours-programmes et qui est toujours au stade de plan !
— Celui qui a été retenu ne comprend pas que le barrage de rétention, mais également des moyens pour, par exemple, traiter l’eau dessalée avant de l’introduire dans le circuit. Nous avons beaucoup travaillé sur ce dossier et j’attends que le Central Procurement Board attribue le contrat.
O Vous avez expliqué que la majeure partie de vos projets prennent un temps infini en raison de leur aspect administratif. Est-ce qu’il n’est pas temps de revoir le fonctionnement des institutions comme le Central Procurement Board pour raccourcir les délais administratifs, car il est question dans vos plans de situations d’urgence nationale…
— Je suis d’accord avec vous, mais en même temps, nous devons respecter les procédures établies, sur lesquelles je ne veux pas faire de commentaires pour des raisons évidentes. En tant que ministre, je dois respecter les institutions, tout en reconnaissant que certaines fonctionnent lentement, trop lentement.
O Résumons ce que vous avez dit : depuis votre arrivée, vous avez fait un constat, remis de l’ordre, remis en place certaines choses et pensé à l’avenir, mais ça prendra du temps. Ce n’est pas en janvier de l’année prochaine qu’on pourra arrêter de chanter pani nai ba à Maurice !
— Certainement pas, je ne vais pas promettre du 24/7 comme d’autres ! Depuis mon entrée au ministère, je dis que la situation sera de plus en plus difficile. Nous sommes en train, tout en réglant les problèmes du moment, de faire en sorte que dans 5-6 ans, Maurice ne soit plus tributaire de la pluie qui est affectée par l’évolution des conditions climatiques mondiales. Nous devons trouver d’autres solutions pour faire face à la situation et son évolution.
O Les nouveaux tanks offerts fonctionnent avec une pompe qui augmentera la consommation de l’électricité à Maurice. Quelle est la situation dans ce secteur ? Est-ce que les vieilles turbines, dont vous avez dit et répété qu’elles étaient dépassées, ont été remplacées ?
— Nous avons un parc de machines datant de plus de 30 ans et que l’on ne peut pas remplacer du jour au lendemain. Dans le cadre de sa stratégie énergétique, le gouvernement bougera à long terme vers le LNG, gaz naturel liquéfié, pour remplacer l’huile lourde. Son utilisation mettra hors service les vieilles machines que nous utilisons actuellement. Les IPP, Independant Power Producers, utilisent la bagasse et, dans certains cas, du charbon pour produire de l’électricité, mais cette dernière matière n’a pas d’avenir commercial, dans la mesure où les organisations internationales ne subventionnent plus des projets énergétiques qui l’utilisent. Pour pallier le manque, et avec la collaboration de l’industrie sucrière, nous allons remplacer le charbon par des copeaux de bois, produits en Afrique du Sud et déjà utilisés à Maurice. Par ailleurs, avec le soutien de l’Inde, nous allons vers la photovoltaïque, avec une station sur le point d’être installée à Tamarin Falls qui sera opérationnelle dans un an environ. Dans le moyen terme, nous sommes en train de relancer le parc éolien à Plaines des Roches et avons fait l’acquisition de batteries qui agiront pendant les heures de pointe des grosses demandes en électricité de la fin de l’année.
O Votre liste de projets énergétiques comporte beaucoup de collaboration avec le secteur privé. On dirait que vous êtes devenu l’ami de ceux que vous dénonciez quad vous étiez dans l’opposition…
— J’ai entendu des critiques en ce sens et il faut reconnaître quelles sont un peu justifiées. Cela dit, il faut reconnaître une chose : le secteur privé a les moyens, dont les terrains, pour réaliser ces projets que l’État n’a pas. Des projets qui nécessitent des investissements de Rs 30 à Rs 40 milliards. Nous avons lancé des tenders, vous allez dire encore, pour ces projets, en étant totalement transparents.
O Revenons au présent. Est-ce qu’il faut redouter un black-out pour la fin de cette année ?
— Il ne faut pas utiliser ce terme !
O Excusez-moi, mais le fait de ne pas utiliser le terme ne changera pas la situation !
— Il y des mots du vocabulaire qui font plus peur que d’autres. Dans notre cas, il vaut mieux utiliser le terme de délestage partiel. J’ai confiance dans l’équipe du CEB, qui est en train de tout faire pour assurer au pays la quantité d’électricité dont il a besoin en cette période de l’année. En même temps, cette équipe est en train de faire ce qu’on n’avait pas fait au cours des dix précédentes années : l’efficience énergétique, la maîtrise de la demande. À ce sujet, nous avons une campagne nationale qui nous a permis d’économiser autour de 30 mégawatts au cours de la période de pointe de l’année dernière et au consommateur d’utiliser l’énergie de façon efficiente. Au lieu de courir après la construction de grosses centrales, nous avons opté pour des projets individuels. Savez-vous que nous avons lancé, dans le dernier budget, un scheme pour permettre à celui qui le désire d’installer sur sa maison un système de panneaux voltaïques ? L’État offre Rs 75,000 et la BDM propose un loan pour la différence des Rs 250,000. L’idée est de faire le Mauricien devenir un producteur d’électricité pour pallier les éventuelles hausses d’électricité qui peuvent arriver avec ce qui se passe dans le Golfe. Déjà, 12,000 Mauriciens ont des panneaux sur leurs maisons ; nous voudrions qu’ils soient 27,000 à 30,000 dans trois ans.
O Vous avez parlé avec beaucoup de conviction et d’enthousiasme du travail de l’équipe de direction du CEB. Est-ce que vous avez les mêmes sentiments pour celle de la CWA ?
— Non. La gestion du CEB et la gestion de la CWA ne me donnent pas la même satisfaction.
O Que pensez-vous du fait que le DG de la CWA se soit permis de dire qu’un député ayant soutenu ses mandants pendant les manifestations contre la CWA avait un hidden agenda ?
— Je n’ai pas à juger des opinions politiques du DG de la CWA. Le seul point sur lequel je peux apporter un jugement, c’est sur sa compétence au travail. Le jour où je ne serai pas satisfait de sa performance professionnelle, je le ferai savoir et des décisions appropriées seront prises.
O Les Mauriciens doivent-ils craindre une augmentation des tarifs de l’eau et de l’électricité dans un récent avenir, d’autant que la situation économique s’y prête ?
— Pas pour le moment. Là où nous sommes, la priorité n’est pas le prix de l’eau, mais sa gestion. En ce qui concerne l’électricité, nous venons d’augmenter les tarifs et nous ne sommes pas pour d’autres augmentations qui pourraient tuer le business et le pays.
O Quelques questions d’actualité pour terminer. Comment le président du PTr que vous êtes prend le fait que le PMO semble devenu l’endroit où on retrouve une partie de ceux, pour le moment, qui étaient les adversaires de Navin Ramgoolam au poste de PM aux dernières élections ? Roshi Bhadain a précédé Bruneau Laurette, qui sera peut-être suivi par Nando Bodha…
— Nous sommes dans une situation où il faut écouter ceux qui veulent parler et proposer des solutions à nos problèmes. Bhadain a été voir le PM pour une affaire légale. Bruneau Laurette, lui, qu’on l’aime ou pas, il a des connaissances en matière de sécurité qui peuvent être utiles. Quant à Bodha, il a fait des propositions sur le problème de l’eau. Pourquoi ne pas l’écouter ? S’ils veulent mettre leur expérience et leurs idées à la disposition du pays en ces temps difficiles, pourquoi pas ? En tout cas, ces rencontres au PMO ne me posent aucun problème.
O Vous répétez que vous êtes un politicien qui dit ce que qu’il faut dire où et quand il le faut. Qu’avez-vous à dire sur ce policier qui a été appréhendé avec des armes, alors qu’il circulait dans sa voiture pendant le couvre-feu ?
— Ce policier aura à prendre ses responsabilités. Tout comme celui qui a tiré un coup de revolver sur une civile qui rentrait chez elle après une journée de travail. Partout, dans tous les secteurs, il y a des brebis galeuses et ce que j’ai à dire sur le fonctionnement de la police, je l’ai déjà dit et je le répéterai quand il le faudra au Conseil des ministres. J’ai dit à plusieurs reprises ce que je pensais de la manière de faire de la police. Je précise aussi qu’à chaque séance du Conseil des ministres, je dis le fond de ma pensée, ce qui parfois blesse certains collègues, ce qui parfois irrite certaines personnes. Mais je n’ai pas peur de le faire et je continuerai. Quand j’ai quelque chose à dire qui n’est pas agréable à l’oreille, je n’hésite pas à le faire, que ce soit en tant que ministre ou comme président du PTr.
O Dernière question plus personnelle. Avez-vous conscience qu’avec le dossier de l’eau, vous êtes actuellement le ministre le plus impopulaire d’un gouvernement qui ne l’est pas moins ?
— C’est possible. Mais je n’ai pas fait de politique et je n’ai pas accepté d’être ministre pour être populaire. Le gouvernement de l’Alliance du Changement savait que nous serions impopulaires avec la réforme des pensions, et cela ne nous a pas empêché de le faire. Le fait que je sois, comme vous le dites, le ministre le plus impopulaire du gouvernement ne m’empêchera pas de faire mon travail. Point à la ligne !
Jean-Claude Antoine

