Les moniteurs de sauvetage en mer de la Surf Lifesaving Association of Mauritius (SLAM) ont commencé une campagne de sensibilisation des habitants de Tamarin à l’éducation aquatique. Ces derniers apprendront comment éviter que leurs proches et eux-mêmes ne se retrouvent en difficulté dans l’eau. Cette campagne de sensibilisation fait partie du “Waterwise Project 400”, une initiative de la SLAM et du Centre de Jeunesse de Tamarin, lancée en janvier dernier.
« L’éducation aquatique est constituée à 96% de conseils pratiques sur les précautions à prendre pour ne pas se retrouver en difficultés dans l’eau. Ainsi, pour apprendre l’éducation aquatique, cela ne demande pas forcément d’être dans l’eau », explique au Mauricien Viraj Ramharai, International Lifesaving Trainer et responsable de la SLAM. « Toutefois, les 4% d’apprentissage restants comprennent le sauvetage en mer, qui nécessite des cours pratiques dans l’eau pour savoir comment agir quand on est déjà en difficulté ou quand une personne se noie (voir encadré). C’est notre réaction quand la prévention n’a pas marché », poursuit le formateur.
Selon Viraj Ramharai, une douzaine de jeunes stagiaires du programme “Waterwise Project 400” ont, durant la semaine précédant le week-end de Pâques, sillonné le village de Tamarin, passant de maison en maison pour prévenir les habitants de leur visite à partir de ce matin. Durant le week-end pascal, ils étaient à pied d’oeuvre sur la plage de la localité pour sensibiliser les pique-niqueurs à l’éducation aquatique. « Donner des conseils pratiques, des précautions à prendre (le fameux PLAN — voir encadré) pour ne pas se retrouver en difficulté quand on est dans l’eau ou quoi faire si l’on a un proche qui est en difficulté dans l’eau, ne prend pas plus de 5 minutes. C’est pourquoi dimanche et lundi nous sommes passés de pique-niqueur en pique-niqueur. Et à partir d’aujourd’hui, nous passons de maison en maison pour sensibiliser les habitants de Tamarin sur ce qu’il faut savoir faire quand on se trouve dans une situation de difficulté dans l’eau », précise notre interlocuteur.
L’International Lifesaving Trainer dit avoir été motivé à lancer le “Waterwise Project 400” en raison du nombre alarmant de noyades à Maurice, chiffre qui est d’ailleurs en constante croissance. « Il ne se passe pas une semaine sans qu’un cas de noyade soit rapporté. Encore qu’on ne rapporte pas tous les cas où des gens se sont retrouvés en difficulté en mer et ont failli se noyer », dit-il. « C’est pourquoi nous avons décidé, avec la collaboration du Centre de Jeunesse de Tamarin, de Peter Becon, le gouverneur de la National Sea Rescue Institute (NSRI) de l’Afrique du Sud, et le SLAM de lancer le “Waterwise Project 400”. Ce programme d’éducation aquatique est calqué sur celui du NSRI », explique Viraj Ramharai.
Selon notre interlocuteur, les participants au “Waterwise Project 400” sont initiés aux principes de l’éducation aquatique, au sauvetage et à la natation. « Cette formation comprend des cours théoriques ici, dans le confort et la sécurité du Centre de Jeunesse, et des cours pratiques, qui seront dispensés par des instructeurs qualifiés sur la plage de Tamarin », a élaboré Viraj Ramharai. « Nous leur apprenons entre autres la réanimation cardiaque, la position latérale de sûreté et les éléments de l’éducation aquatique », précise-t-il.
Viraj Ramharai rappelle que le plus grand danger en bord de mer surgit lorsque quelqu’un est pris dans un flot de retour, fort courant de retour (“rip current”), qui entraîne vers le large les eaux apportées par les grosses vagues qui se brisent sur les plages. « L’éducation aquatique vous apprend par exemple comment sortir d’un “rip current” ou la manière d’aider quelqu’un à survivre à ce courant, qui cause la noyade de tant de nageurs à travers le monde, à Maurice y compris. Plus de 80% des sauvetages le long des plages sont d’ailleurs effectués pour des baigneurs ayant pris dans un “rip current” », termine Viraj Ramharai.