Industrie sucrière : Mood de mobilisation chez les artisans et laboureurs

La menace de grève brandie lors d’une assemblée du Joint Negotiating Panel, la première en présentiel depuis le confinement

« Ar Nou Non !». C’est ce qu’ont scandé des laboureurs et artisans de l’industrie sucrière, hier, lors d’une assemblée générale du Joint Negotiating Panel (JNP) au Rabita Hall à Port-Louis portant sur les négociations en vue d’une révision salariale et des conditions de service au sein de 18 compagnies sucrières. Ces derniers préviennent que si les négociations n’aboutissent pas au sein de certaines entités, ils n’hésiteront pas à se mettre en grève.

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S’adressant aux laboureurs à cette occasion, le porte-parole du JNP, Ashok Subron, a fait savoir que les négociations avec les groupes Terra et Omnicane vont dans la bonne direction en vue de déboucher sur une hausse salariale allant jusqu’à au moins 15 % si tout se passe comme prévu.  Il a, à cet effet, demandé à l’assistance d’aller de l’avant avec un vote à main levée pour qu’un accord puisse être signé avec les deux groupes sucriers précités.    

Cependant, dit-il, les négociations se présentent de manière plus ardue chez le groupe Alteo. Face à cette situation, il a demandé aux travailleurs de voter la résolution suivante : « Soit la grève, soit l’accord ». Il n’est pas question, dit-il, de toucher aux droits des travailleurs.

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« Si ena ninport ki marday, nou pou ferm moulin », déclare Ashok Subron. Il a aussi souligné qu’à travers le processus de la diversification, les compagnies sucrières ont investi dans la construction de villas de luxe à travers le pays. Il prévient que si les négociations se passent mal, les laboureurs n’hésiteront pas à organiser des manifestations devant ces villas de luxe pour faire entendre leur voix. « Respekte nou, nou pou respekte zot », lance-t-il.

Ashok Subron a aussi exprimé son amertume par rapport aux négociations chez Rose-Belle Sugar Estate et dans d’autres propriétés sucrières. Il a demandé aux travailleurs d’agir à l’unisson pour que les négociations puissent se poursuivre dans la bonne direction ; faute de quoi des actions syndicales seront à l’ordre du jour.

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Au cours de cette assemblée, les laboureurs ont exprimé leur colère au regard du niveau salarial qui prévaut dans ce secteur. Au cours d’une séance interactive à la fin de cette assemblée, certains d’entre eux ont souligné que face à la cherté de la vie ils ne parviennent plus à joindre les deux bouts à la fin du mois. Avec un salaire de Rs 15 000 mensuellement après 33 années de service et avec trois enfants à la charge, une telle situation ne peut plus continuer, a affirmé un travailleur de l’industrie sucrière.

Ashok Subron a ainsi fait savoir que si les travailleurs de l’industrie sucrière s’unissent derrière le Joint Negotiating Panel, les choses vont avancer. Dans n’importe quel cas de figure, il ne faut pas que le pwason kominal s’inscrive dans le processus de négociations, dit-il. Et ce, avant d’insister sur le fait qu’il continuera à se battre aux côtés des travailleurs de l’industrie pour qu’ils aient leurs dus à la fin de leurs temps de service.

Le JNP regroupe plusieurs syndicats de l’industrie sucrière, notamment l’Union of Artisans and Allied Workers of the Cane Industry, le Sugar Industry Labourers Union, l’Artisans and General Workers Union, l’Organisation pour L’Unité des Artisans et la Plantation Workers Union.

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