Stérilisation massive — La MSAW émet des réserves sur l’offre de l’IAWPC

La gestion de la population canine errante à Maurice fait l’objet de tensions, ravivées par une nouvelle offre de l’International Animal Welfare Coalition (IAWPC) pour mener une campagne de stérilisation massive, jugée nécessaire face aux approches locales insuffisantes. Cette proposition avait suscité une réaction immédiate du Veterinary Council, qui défend fermement la compétence des praticiens mauriciens. Contacté, le ministre de l’Agro Industrie, Arvin Boolell adopte une position prudente, soulignant l’importance d’étudier ces options et mettant en avant la question du coût, tout en renvoyant la responsabilité technique à la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW). Tout en ne rejettant pas l’idée,Tinagaren Govindasami, le directeur de l’organisme, souligne que l’offre nécessite une évaluation rigoureuse des coûts opérationnels et logistiques pour l’organisation. Quant au Dr Eric Bestel, ancien Chairman du Veterinary Council, il critique ce qu’il perçoit comme une inaction des gouvernements successifs face à ce problème de société, estimant que la défense du monopole des vétérinaires locaux bloque toute avancée concrète.

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Face à la nouvelle offre de stérilisation en masse, le directeur de la MSAW, Tinagaren Govindasami exprime ses réticences à l’idée que le budget annuel pour la stérilisation limité à Rs 20 millions soit partagé. « Nous devons d’abord évaluer s’il y a aura un funding de notre part », souligne-t-il. Et d’insister sur l’évaluation des coûts logistiques, de transport et de médicaments, avant d’accepter, excluant pour l’instant d’injecter des fonds supplémentaires. « La stérilisation massive représente un défi logistique, les infrastructures d’accueil, et implique des coûts opérationnels importants (transport, médicaments, vétérinaires). La MSAW ne peut pas injecter de l’argent avec son budget actuel », dit-il.

Le directeur insiste sur la nécessité de comprendre le fonctionnement précis du partenariat proposé par l’IAWPC (qui inclut l’expertise du World Veterinary Service (WVS), avant de s’engager, afin d’éviter tout dépassement budgétaire non provisionné. Depuis novembre 2025, la MSAW a suspendu son système de vouchers (bons) pour la stérilisation des chiens, lui permettant de récupérer ce budget, tout en privilégiant des campagnes de proximité, notamment avec des cliniques mobiles (caravanes).

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Le Dr Eric Bestel : « Le problème des chiens errants n’intéresse pas le gouvernement »

Le chirurgien vétérinaire Dr Bestel met en lumière une frustration persistante face à la gestion des chiens errants à Maurice, soulignant un manque de suivi ministériel pour des propositions concrètes. Selon lui, malgré des initiatives passées, dont l’implication de vétérinaires internationaux, la stérilisation de masse se heurte à des limites de capacité locale et à un manque de continuité politique depuis des années. « Je connais un vétérinaire qui enchaîne 25 stérilisations par jour. Mais cette cadence n’est pas commune. Nous devons reconnaître que la stérilisation en masse est reconnue comme la solution la plus efficace, mais que les ressources manquent pour une mise en œuvre à grande échelle. Sans renfort extérieur, les objectifs seront difficiles à atteindre », affirme-t-il.

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Selon lui, malgré les alertes répétées, il y aurait un manque de volonté politique chronique. « Mes propositions, dont celle de faire venir Vet Beyond Boarders à Maurice, alors que j’étais Chairman du Vet Council en 2017, avaient été ignorées. Cela fait 43 ans que j’exerce au pays et j’ai l’impression que tous les gouvernements successifs ne sont pas intéressés par le problème des chiens errants », regrette-t-il.

Projet financé en majorité par l’IAWPC

Pour rappel, l’IAWPC a, de nouveau, tendu la main au gouvernement mauricien pour financer et mettre en place un programme national de gestion des chiens errants, mais demande une contribution de ce dernier  pour témoigner de sa volonté (« show intent ») et garantir que le projet ira jusqu’au bout, afin d’éviter une interruption prématurée comme en 2019 avec le Humane Society International (HSI) – ndlr : le projet pilote à Flacq avait été financé en majorité par des ONG internationales. Leur soutien, en collaboration avec le WVS implique un déploiement massif d’équipements et d’experts vétérinaires internationaux.

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