Débats sur le Certificate of Character Bill Shakeel Mohamed « Certificat de moralité pas exigé aux parlementaires, un sérieux problème »

Le ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, a défendu le projet de loi encadrant le Certificate of Character, qu’il présente comme un texte fondé sur un équilibre nécessaire entre responsabilité et réhabilitation. « Au fond, il s’agit d’un projet de loi sur l’équilibre. La responsabilité compte, mais la réhabilitation compte aussi », a-t-il affirmé.
Insistant sur le droit à une seconde chance, il a poursuivi en disant « lorsqu’une personne a purgé sa peine, respecte la loi et tente de reconstruire sa vie, la loi ne devrait pas lui imposer des obstacles inutiles et indéfinis à l’emploi et à la dignité. Ce n’est pas de la clémence. C’est la justice, correctement comprise. »
Shakeel Mohamed a tenu à dissiper toute ambiguïté en affirmant que « ce texte n’est pas indulgent envers le crime. » Il a rappelé que la First Schedule maintient l’obligation de divulguer les infractions graves, telles que assassinat, meurtre, viol, abus sexuels sur mineur, pédopornographie, traite des êtres humains, financement du terrorisme, corruption, blanchiment d’argent et incendie criminel. « Les infractions graves restent visibles. C’est cela une législation responsable », a-t-il fait ressortir, tout en précisant que « des condamnations moins graves peuvent, dans des circonstances définies, ne plus bloquer l’avenir d’une personne. »
Par ailleurs, Shakeel Mohamed a déploré que ce certificat soit exigé dans de nombreux secteurs comme l’emploi, permis ordinaires, licences, voire pour des activités modestes. « Il faut un Clean Certificate pour une carte de pêcheur », a-t-il fait valoir, ajoutant que marchands ambulants et planteurs doivent également s’y soumettre pour obtenir une licence auprès des autorités concernées.
Le ministre du Logement et des Terres a surtout dénoncé une incohérence majeure au sommet de l’État. « La loi, dans son état actuel, n’exige pas de certificat de moralité pour les membres du Parlement », a-t-il relevé. Et de poursuivre, dans un ton critique : « même si nous devions commettre une infraction, pas seulement avant, mais même en étant dans cette Assemblée, et que cette infraction n’a rien à voir avec une fraude électorale, nous sommes intouchables. » Il a indiqué « qu’il s’agisse de blanchiment d’argent, de viol ou d’autres crimes graves, la loi ne prévoit pas notre disqualification tant que nous sommes membres de cette Chambre. »
Pour Shakeel Mohamed, cette situation révèle une profonde injustice sociale. « Comment se fait-il qu’un homme qui travaille dur, qui transpire, qu’il soit marchand ambulant, planteur ou pêcheur, soit soumis à des exigences plus élevées que nous, législateurs, qui n’en avons aucune ? Il y a là un sérieux problème », se demande-t-il.

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Appelant à une réflexion plus large, il a invité ses collègues ministres à se pencher sur cette question. « Cette asymétrie est en elle-même injuste. » Pour lui, « ce projet de loi commence à la corriger. » Le ministre a ajouté qu’ « à partir de là, nous devons aller plus loin. L’équité doit commencer là où la vie est la plus dure, pas là où elle est la plus facile. »
En conclusion, le ministre Shakeel Mohamed s’est dit convaincu que le texte constitue une avancée concrète. Il vise, selon lui, à lever les obstacles inutiles liés à des condamnations mineures et anciennes, à protéger les jeunes délinquants et à interdire les discriminations non pertinentes à l’embauche. « Il apporte une mesure de justice aux citoyens qui ont porté le poids le plus lourd de la loi actuelle », a-t-il mis en avant.

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