Adoption du Constitutional Review Commission Bill avec amendements: Ritesh Ramful, ministre des Affaires étrangères  « La mémoire collective est courte »

Le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, intervenant lors des débats sur le Constitutional Review Commission Bill, a mis l‘accent sur la nécessité de renforcer les droits fondamentaux des citoyens. Il a saisi cette occasion pour rafraîchir la mémoire de la population au sujet des dérives, dont elle a été victime jusqu’à tout récemment.
« Nous sommes appelés à mettre en place une commission chargée de formuler des recommandations en vue d’apporter d’importants amendements à la Constitution. L’objectif est de renforcer les droits fondamentaux des citoyens et de consolider les institutions créées au fil des années. La population est en droit de se demander pourquoi un tel exercice est nécessaire. La réponse est simple : les rédacteurs de notre Constitution n’avaient peut-être pas imaginé qu’un jour un gouvernement pourrait adopter des pratiques autoritaires et oser porter atteinte aux droits des citoyens », dénonce-t-il.
« J’entends souvent des personnes intervenir sur les radios privées ou commenter sur les réseaux sociaux. Beaucoup semblent avoir oublié ce que le pays a vécu sous le gouvernement MSM. La mémoire collective est parfois courte. Il est donc important de profiter de cette occasion pour rappeler ce qui s’est produit au cours de la dernière décennie », poursuit-il.
« En pleine campagne électorale de novembre 2024, l’accès aux réseaux sociaux et à l’internet a été suspendu, en violation flagrante du droit des citoyens à l’information. Déjà en avril 2021, le gouvernement MSM avait lancé une consultation en vue de modifier l’ICTA Act afin de créer un comité national composé de personnes nommées politiquement, chargé de décider quels contenus seraient autorisés sur les réseaux sociaux. Face à la vive opposition de la population, le projet avait finalement été retiré », dit-il.
En novembre 2021, le gouvernement d’alors avait également amendé l’Independent Broadcasting Authority Act (IBA Act), réduisant la durée des licences des radios privées de trois ans à une seule année. Cette mesure était perçue comme une tentative de placer les radios privées sous la dépendance du régime. Une amende administrative pouvant atteindre Rs 500 000 avait aussi été introduite pour les stations qui ne respecteraient pas les directives de diffusion imposées.
Le ministre Ramful est d’avis que ces événements démontrent pourquoi il est essentiel de réfléchir à l’introduction de nouveaux droits constitutionnels, notamment le droit à l’information, les libertés numériques et les droits liés aux technologies de l’information.
« En décembre 2016, le gouvernement avait même présenté le Constitution (Prosecution) Bill, un projet de loi vivement critiqué qui prévoyait la création d’une commission des poursuites composée de membres nommés politiquement. Cette instance aurait eu le pouvoir de donner des directives au Directeur des Poursuites Publiques (DPP), pourtant protégé par la Constitution et censé agir en toute indépendance quant aux décisions de poursuites », a fait ressortir l’orateur.
Le gouvernement était également parvenu à réduire les prérogatives du DPP dans les affaires de corruption et de blanchiment d’argent, transférant ces pouvoirs à un responsable nommé politiquement, en l’occurrence le directeur de l’ICAC de l’époque. Quant à la force policière, censée garantir l’ordre public sous l’autorité d’un commissaire de police indépendant, elle avait été soumise à des influences politiques. Le commissaire recevait ses instructions de Lakwizinn, tandis que les opérations policières étaient dirigées depuis le quartier général de Sun Trust.
Les citoyens n’ont pas oublié non plus l’utilisation de la Special Striking Team (SST), accusée d’avoir servi à intimider les opposants politiques ainsi que ceux qui osaient critiquer les politiques gouvernementales, indique-t-il.

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