Vingt-et-un ans après sa disparition, son nom continue de résonner comme un rappel brutal des ravages de la stigmatisation. Le 17 juin, observé comme la Zourne Memwar Malini, sera l’occasion de rendre hommage à cette femme dont le destin a profondément marqué la lutte contre le VIH à Maurice.
Malini n’a pas succombé au virus. Elle a été emportée par le rejet, l’exclusion et la discrimination après avoir eu le courage de révéler publiquement sa séropositivité. Son histoire demeure l’un des témoignages les plus poignants des conséquences humaines de la peur et de l’ignorance entourant le VIH.
Pour commémorer sa mémoire, un dépôt de gerbes aura lieu à 13 h 30 sur sa tombe, au cimetière de Petite-Rivière. Une cérémonie se poursuivra ensuite au centre Chrysalide, à Bambous, où elle avait trouvé refuge durant les derniers mois de sa vie. Des proches, des militants et des acteurs engagés dans la lutte contre le VIH y prendront la parole pour rappeler son parcours et réaffirmer la nécessité de combattre toute forme de stigmatisation.
Le prix du courage
En décembre 2004, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, Malini choisit de témoigner publiquement. Son objectif est simple : aider d’autres personnes vivant avec le VIH à sortir de l’ombre et contribuer à la prévention.
Mais son geste de courage provoque une réaction dévastatrice. Rejetée par une partie de son entourage, chassée de son domicile, confrontée à la peur et aux préjugés, elle se retrouve isolée au moment où elle avait le plus besoin de soutien.
« Ce n’est pas le VIH qui a tué Malini, mais la stigmatisation et la discrimination. C’est la première fois que j’ai vu une personne mourir le cœur brisé et de chagrin », témoignait Marlène Ladine dans le documentaire Mwa Malini réalisé par PILS.
Accueillie au centre Chrysalide, à Bambous, Malini y passera les derniers mois de sa vie avant de s’éteindre six mois après son témoignage public. Son histoire est depuis devenue un symbole de la lutte pour la dignité et les droits des personnes vivant avec le VIH.
Transformer la mémoire en action
L’hommage rendu cette année à Malini coïncide avec le 30ᵉ anniversaire de PILS. Pour marquer cet engagement, l’organisation a lancé un concours de vidéos réalisées à l’aide de l’intelligence artificielle sur le thème « AI kont Stigmatizasion».
Ouvert au grand public, ce concours invite les participants à utiliser les nouvelles technologies pour dénoncer les préjugés et promouvoir l’inclusion. Les vidéos, d’une durée de trois à cinq minutes, devront explorer les conséquences de la stigmatisation liée au VIH et contribuer à sensibiliser le public.
Le grand gagnant recevra un prix de Rs 10 000, tandis que des trophées, certificats et bons d’achat récompenseront les meilleures productions.
Cette initiative s’inscrit également dans un mouvement plus large de mobilisation contre la discrimination, notamment en mémoire de l’activiste camerounais Yves Yomb, dont l’engagement continue d’inspirer les défenseurs des droits des personnes vivant avec le VIH à travers l’Afrique.
Plus de deux décennies après sa disparition, le message porté par Malini demeure d’une actualité saisissante : le VIH se soigne, mais les préjugés continuent encore de blesser, d’exclure et parfois de détruire des vies.

