« Justifier la nouvelle hausse des prix des carburants par le déficit du Stabilisation Fund est aberrant. Nous ne pouvons pas prétendre combler un déficit en faisant toujours payer davantage les consommateurs ; c’est comme vouloir remplir une poche trouée.
« Si cette hausse est liée à la situation internationale et au conflit dans la région du Golfe, pourquoi ne pas réduire les taxes sur les produits pétroliers afin de soulager la population ? Chaque augmentation des prix des carburants entraîne un effet domino sur l’ensemble de l’économie : transport, fret, production, distribution et, au final, le prix des biens de première nécessité. C’est le peuple qui paie la facture.
« La STC doit expliquer, en toute transparence, comment est calculé le prix du litre de carburant: prix d’achat, coûts de transport et de stockage, taxes, marges et contribution au Stabilisation Fund. La population a le droit de connaître les chiffres ainsi que le mécanisme utilisé pour fixer le prix à la pompe. Au MLC, nous avons toujours plaidé en faveur d’une réduction de la fiscalité sur les produits pétroliers. Il est également temps de se demander si une libéralisation encadrée des importations, favorisant une véritable concurrence entre les opérateurs, ne serait pas plus avantageuse pour les consommateurs. »
Yohann Lanfray (CFA) : « Pression accrue sur le pouvoir d’achat »
« Avec un taux d’inflation qui a déjà augmenté de 0,8% au mois de juillet, pour s’établir à 4,4% – soit un chiffre proche de la limite supérieure que s’est fixée la Banque Centrale, une augmentation du prix du carburant implique une intensification de la pression sur le pouvoir d’achat des ménages, représente un affaiblissement potentiel de la consommation, et pose donc un défi supplémentaire pour la santé de notre économie.
« Il s’agit toutefois d’une augmentation raisonnable quand nous prenons en considération l’évolution du marché du pétrole à l’international, et l’évolution des tensions géopolitiques. Notre bien-être économique ne se trouve pas dans le débat sur notre capacité à éviter une hausse, mais plutôt dans le développement de la résilience de notre économie face aux chocs causés par la hausse des prix du carburant. »
Amit Bakhirta (Anneau) : « Un choc d’offre direct pour Maurice »
« La hausse des prix de l’essence constitue un choc d’offre direct pour Maurice, accélérant l’inflation globale à mesure que l’augmentation des coûts de transport et de logistique se répercute rapidement sur les prix des biens de consommation courante, des services et des produits alimentaires. Cette érosion du pouvoir d’achat freine naturellement les dépenses de consommation discrétionnaire, les ménages étant contraints de consacrer une part plus importante de leur revenu disponible aux services essentiels et aux déplacements domicile-travail.
« À l’avenir, les prix de l’essence resteront très sensibles à la volatilité des cours mondiaux du brut et à la dépréciation continue de la roupie mauricienne face au dollar américain ; par ailleurs, à moins que le lourd déficit du compte de stabilisation des prix de la State Trading Corporation ne soit intégralement résorbé, les consommateurs doivent s’attendre à une pression haussière persistante ou à un maintien prolongé des prix de détail à ces niveaux élevés, plutôt qu’à un quelconque soulagement immédiat. »

