Opération Sov Lapo — Blanchiment de Rs 7,3 milliards : Nouvelle tentative de caution au nom de Mamy Ravatomanga

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En marge de l’opération Sov Lapo avec des allégations de blanchiment de Rs 7,3 milliards, une nouvelle demande de remise en liberté conditionnelle au nom de l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga a été appelée, hier, devant la Bail & Remand Court (BRC). Le représentant de la Financial Crimes Commission (FCC), Me Trishul Naga, a appelé Hans Aleear, Acting Director of Investigations, à la barre des témoins.
Ce dernier est revenu sur les circonstances de l’arrivée de Mamy Ravatomanga à Maurice le 12 octobre dernier, fuyant la justice de son pays, un mandat d’arrêt international ayant été émis contre lui, dans le sillage du changement de régime dans ce pays. Le suspect était ainsi arrivé à Maurice à bord d’un jet privé, avec ses proches et l’ancien Premier ministre malgache.
Pour la FCC, vu que Ravatomanga est l’Ultimate Beneficial Owner du groupe Sodiat, bénéficiant de faveurs de l’ancien Premier ministre et l’ancien président malgaches, il s’agirait de State Capture, impliquant de multiples délits, dont trafic d’influence, corruption, détournement de fonds et blanchiment d’argent. Les secteurs ou transactions concernés sont, entre autres, la vente d’avions à l’Iran, l’exportation de litchis de Madagascar vers des pays européens, l’importation du blé vers Madagascar et la construction d’une autoroute dans la Grande île.
À un moment donné, Ravatomanga, qui suivait les débats en direct depuis la prison de Melrose, a interrompu les débats en demandant la parole, et en criant qu’il y avait « trop de mensonges », mais son avocat, Kushal Lobine, l’a rappelé à l’ordre en lui disant qu’il aura l’occasion de s’exprimer plus tard.
Le directeur intérimaire des enquêtes de la FCC a également élaboré sur l’implantation du groupe Sodiat à Maurice, interconnecté avec diverses entités et avec plusieurs comptes bancaires, qui font d’ailleurs l’objet de Criminal Attachments Orders émis par la Cour suprême.
À Maurice, le Malgache répond de deux charges provisoires de blanchiment d’argent et d’une charge d’entente délictueuse par rapport au délit de trafic d’influence, qui ont été logées contre lui par la FCC.
Hans Aleear a fait ressortir que l’enquête de la FCC est Ongoing dans cette affaire, et que la FCC travaille en étroite collaboration avec, entre autres, le FBI américain, le parquet français, et le Pôle anticorruption malgache. Une soixantaine de Statements ont été consignés des témoins impliqués dans cette affaire.
Moyens financiers immenses
Hans Aleear a qualifié les preuves contre Mamy Ravatomanga de Strong. Il a ainsi fait état que la FCC objectait à toute remise en liberté de Ravatomanga, vu les risques de fuite et d’entrave à l’enquête.
En ce qui concerne les risques de fuite, Hans Aleear a expliqué que les délits que la FCC reprochait au prévenu étaient de nature sérieuse, avec de lourdes peines, ce qui pouvait inciter l’accusé à prendre la fuite.
Selon lui, ces risques étaient bien présents, vu que Mamy Ravatomanga possédait un passeport diplomatique et avait des « moyens financiers immenses ». Il a ensuite indiqué que la compagnie aérienne, France Ocean Airways, un maillon du groupe Sodiat, comprend sept jets, dont un qui avait convoyé le suspect à Maurice. D’ailleurs, l’un des jets de France Ocean Airways avait déjà été utilisé pour l’exfiltration d’une personne au Japon.
Le risque potentiel d’interférence avec des témoins si jamais Ravatomanga était remis en liberté a aussi été explicité. Hans Aleear a mis en avant la rencontre tenue à Quatre-Bornes le 14 octobre 2025, entre l’accusé, l’ancien commissaire de la FCC, Junaid Fakim, et le dénommé David Thomas. Selon Hans Aleear, cette réunion démontrait comment Ravatomanga interférait déjà dans l’enquête de la FCC le concernant, tout en essayant d’avoir accès à des informations confidentielles.
En outre, les limiers de la FCC ont reçu une information de leurs homologues malgaches à l’effet qu’un ex-employé de Sodiat a reçu des menaces, et cela de la part du beau-fils de Ravatomanga.
La FCC craint aussi qu’il y aurait tentative de manipuler des preuves dans cette affaire si jamais Ravatomanga était remis en liberté. Hans Aleear a ainsi fait ressortir que l’accusé donnait des instructions à sa femme d’effacer des messages compromettants sur son portable. En outre, la FCC était en présence d’appels passés depuis la prison de Melrose, et cela vers Madagascar, et il y aurait de forts soupçons que ces appels émanaient de Ravatomanga.
Cette affaire reprend ce mardi devant la BRC, avec le contre-interrogatoire de Hans Aleear par Me Lobine.

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