Le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, a apporté son soutien aux mesures visant à consolider la sécurité routière, tout en exprimant de fortes réserves sur plusieurs dispositions du Road Traffic (Amendment) Bill, notamment la Clause 11 consacrée à la Road Rage. Pour lui, le texte de loi doit distinguer clairement la lutte contre les comportements dangereux au volant et le droit de manifester pacifiquement.
D’emblée, Chetan Baboolall s’est interrogé sur l’urgence accordée au projet de loi, dont les quatre étapes parlementaires étaient prévues lors d’une seule séance. « What, precisely, is the emergency in a Road Traffic (Amendment) Bill? », a-t-il demandé, estimant qu’un tel calendrier ne laisse pas suffisamment de temps pour examiner les différentes clauses et permettre un débat approfondi.
Il a toutefois tenu à préciser que ses critiques ne constituaient pas une opposition au principe du projet de loi. « I support firm penalties against drunk driving, I support a genuine road rage offence », a-t-il déclaré, reconnaissant notamment la nécessité de sanctions fermes contre la conduite en état d’ivresse et d’une infraction spécifique pour les comportements violents sur la route.
C’est toutefois la Clause 11 qui a constitué le principal point de friction. Si le leader de l’opposition dit ne rien avoir à redire aux dispositions visant les agressions, menaces ou comportements violents sur la route, il conteste l’inclusion, dans la définition du délit, des termes « illegal gathering, demonstration, sit-in, barricade ». Selon lui, un sit-in ou une manifestation ne constitue pas, par définition, un acte de « road rage ».
« These are not descriptions of road rage. They are descriptions of the fundamental, lawful, constitutionally recognized right of the people of this country to assemble and to be heard », a-t-il soutenu. Il estime ainsi que le projet de loi pourrait placer une manifestation pacifique sous le même régime pénal qu’un comportement violent au volant. Il demande au ministre concerné de retirer les références à l’« illegal gathering », à la manifestation, au sit-in et à la barricade, ou, à défaut, d’introduire une défense fondée sur une « lawful excuse ».
Chetan Baboolall a établi une distinction entre ce qu’il considère comme une véritable infraction de « road rage » et une action collective visant à protester. « I ask the Honourable Minister to accept the amendment to paragraph (g) of Clause 11». Si la clause 11 reste inchangée, « this House should know precisely what it is really being asked to pass: not a road safety bill alone, but a second attempt in six months to make it more dangerous for a Mauritian citizen to stand in the street and be heard. »
Le leader de l’opposition a également soulevé la question des peines obligatoires prévues dans certaines circonstances, ainsi que celle de la saisie des véhicules après un test d’alcoolémie ou de drogue. Il s’interroge notamment sur les frais qui pourraient rester à la charge d’un automobiliste finalement acquitté.
Au sujet de la sécurité des motocyclistes, il a plaidé pour une approche davantage axée sur la prévention : système progressif de permis, restrictions pour les jeunes conducteurs, voies dédiées aux motos, présence plus visible des policiers et recours à la simulation dans les examens de conduite.
Il a enfin insisté sur l’état des infrastructures routières, notamment les marquages, panneaux de signalisation et « speed humps ». Évoquant sa circonscription, où cinq personnes ont perdu la vie au même endroit, il a demandé un audit national des zones à accidents répétés. Pour le leader de l’opposition, la réponse aux accidents ne peut cependant pas se limiter à l’alourdissement des sanctions. « Punishment without prevention is not safety policy », a-t-il lancé. « This House can raise every fine in this bill tenfold, and it will not, on its own, prevent accidents. »

