Trafic de drogue et blanchiment d’argent : La FCC lève le voile sur un réseau international

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La Financial Crimes Commission (FCC) enquête sur ce qui pourrait constituer un vaste réseau mêlant trafic de drogue, blanchiment d’argent, change de devises et transferts de fonds à l’étranger. L’enquête, déclenchée à la suite d’informations communiquées par un lanceur d’alerte, porte sur des montants qui pourraient atteindre Rs 720 millions sur une période de deux ans.

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L’affaire trouve son origine dans une opération policière menée le 30 mars 2024 à Vallée-des-Prêtres. Au cours d’une perquisition, la police avait découvert, selon les informations parvenues aux enquêteurs, environ Rs 30 millions en espèces, des devises étrangères représentant quelque Rs 4 millions ainsi qu’une certaine quantité de drogue.

Or, l’entrée correspondante dans le Diary Book de la police ne ferait état que de Rs 442 700.

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La FCC avait ouvert une enquête en juin 2026 en raison de la possible implication de plusieurs membres de la force policière. Les investigations portent notamment sur les procédures suivies lors de la saisie de l’argent, son transport vers les Casernes centrales et sa mise sous scellés.

Le mois dernier, l’ex-ASP Rajcoomar Seewoo, qui dirigeait la Special Intelligence Cell de la SSU, ainsi que l’inspecteur Ranjeet Deoojee, également affecté à cette unité, avaient été arrêtés avec d’autres policiers. Ils font l’objet d’une accusation provisoire de public official using his office for gratification, sous la section 22 de la Financial Crimes Commission Act 2023.

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« Tip of the iceberg »

Depuis, l’enquête s’est considérablement élargie. Onze policiers seraient désormais dans le giron de la FCC, soit comme suspects, soit comme persons of interest.

Mais les investigations dépassent largement les rangs de la police. Les enquêteurs s’intéressent également à des trafiquants de drogue présumés, à des employés de bureaux de change et à des personnes soupçonnées de participer à des opérations illégales de change. Parmi les noms examinés figure notamment un dénommé « Muz », déjà connu de la justice.

Selon les informations recueillies par la FCC, le mécanisme présumé serait relativement simple mais bien organisé. L’argent issu du trafic de drogue aurait été confié à des intermédiaires chargés de le convertir en devises étrangères.

Pour réaliser ces transactions sans attirer l’attention, des cartes d’identité appartenant à des personnes qui ne se trouvaient pas dans le radar de la police, de la FCC ou de la justice auraient été utilisées pour acheter des devises contre le versement d’une commission.

D’autres personnes auraient joué un rôle d’intermédiaires, en facilitant les opérations de change ou les transferts de fonds, sans nécessairement être directement impliquées dans le trafic de drogue.

Jusqu’à Rs 30 millions converties par mois

Ce procédé aurait permis de convertir d’importantes quantités de roupies mauriciennes en dollars américains et en euros.

Selon l’estimation communiquée par le lanceur d’alerte, environ Rs 30 millions auraient ainsi été converties chaque mois, sur une période comprise entre 18 mois et deux ans. Cela représenterait un volume total compris entre Rs 540 millions et Rs 720 millions.

Une partie des fonds provenant du trafic de drogue aurait également été transférée à l’étranger à travers un système de type Hawala, ce qui donne à l’enquête une dimension transfrontalière.

La FCC examine actuellement le patrimoine et les avoirs de certains policiers afin de déterminer s’ils peuvent être liés à des fonds provenant d’activités criminelles.

Un autre volet concerne les crypto-actifs. Les enquêteurs vérifient notamment l’utilisation présumée d’un compte ouvert au nom d’un prête-nom pour acheter des stablecoins à partir de fonds en espèces.

Thaïlande, Dubaï et Royaume-Uni

Les investigations portent aussi sur un possible axe de trafic de cannabis entre la Thaïlande et le Royaume-Uni, ainsi que sur le rôle éventuel de plusieurs personnes, dont des Mauriciens.

Des liens avec des ressortissants mauriciens se trouvant à l’étranger, notamment à Dubaï, en Thaïlande et au Royaume-Uni, sont également examinés.

L’enquête doit désormais permettre d’identifier précisément les responsabilités de chacun, de reconstituer les circuits financiers et de déterminer avec davantage de précision les montants qui auraient été convertis en devises étrangères ou transférés hors du pays.

À ce stade, les enquêteurs considèrent que les éléments mis au jour pourraient ne constituer que la partie émergée d’un dispositif beaucoup plus vaste.

Affaire à suivre.

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