Deux mois après avoir réaffirmé son attachement au Parti travailliste et sa loyauté envers Navin Ramgoolam, Sydney Pierre tourne la page. L’ancien Junior Minister au Tourisme, révoqué après son vote contre la réforme des pensions, a annoncé vendredi sa démission du PTr et son départ de la majorité parlementaire. Il rejoindra les bancs de l’opposition à la reprise des travaux de l’Assemblée nationale, mardi. Un repositionnement qui pourrait annoncer un rapprochement avec le Fron Militan Progresis (FMP) de Paul Bérenger.
De la fidélité proclamée au Parti Travailliste à la rupture politique, il n’aura fallu qu’un peu plus de deux mois. Sydney Pierre, député de la circonscription N°19 (Stanley/Rose-Hill), a annoncé vendredi 16 octobre sa démission du PTr et son départ de la majorité parlementaire. L’ancien Junior Minister au Tourisme, révoqué en août dernier après avoir voté contre la réforme des pensions, franchit ainsi une nouvelle étape. Dès mardi, il compte siéger sur les bancs de l’opposition.
Dans une intervention radiophonique, Sydney Pierre a présenté sa décision comme le résultat d’une réflexion approfondie. Il estime que ses positions ne correspondent plus à celles du gouvernement et de son ancien parti. Il ne souhaite pas, dit-il, multiplier les désaccords avec ses collègues à la reprise parlementaire, une situation qui ne serait bénéfique ni pour lui ni pour le PTr.
Cette rupture intervient à un moment particulièrement délicat pour Navin Ramgoolam, confronté à une succession de crises sociales, à l’affaire Élodie Thomas et aux difficultés d’approvisionnement en eau.
Le contraste avec ses déclarations du début d’août est saisissant. Révoqué de ses fonctions de Junior Minister au Tourisme après son vote contre les amendements à la National Pensions Act, intégrés au Finance Bill, Sydney Pierre avait choisi de ne pas rompre avec le Parti Travailliste.
En août, une fidélité pourtant réaffirmée à Ramgoolam
Lors d’une conférence de presse tenue le 5 août à Rose-Hill, il avait réaffirmé son appartenance au PTr et annoncé son intention de poursuivre son mandat comme simple député de la majorité. Il avait également exprimé ses regrets à Navin Ramgoolam, tout en maintenant son opposition à la réforme des pensions.
Il avait même laissé entendre qu’il ne quitterait le parti que si le leader travailliste le lui demandait. Une manière d’afficher sa loyauté malgré la sanction gouvernementale.
Deux mois plus tard, changement de cap. Cette fois, Sydney Pierre choisit lui-même de partir. Il affirme avoir transmis sa lettre de démission au secrétaire général du PTr sans avoir préalablement rencontré le Premier ministre.
La réforme des pensions aura ainsi constitué le point de départ d’une rupture progressive. Le député avait été le seul membre de la majorité à voter contre les amendements concernés, provoquant la colère de Navin Ramgoolam et sa révocation du gouvernement. Depuis, le fossé politique semble s’être élargi.
Le FMP, prochaine destination politique ?
Reste à savoir quelle direction prendra désormais Sydney Pierre. Son arrivée sur les bancs de l’opposition pourrait n’être qu’une première étape avant un engagement plus actif auprès des dissidents de l’ancienne majorité.
Un rapprochement avec le Fron Militan Progresis de Paul Bérenger n’est pas exclu. Sydney Pierre reconnaît entretenir de bonnes relations avec l’ancien leader du MMM, tout en précisant qu’aucune décision définitive n’a encore été prise.
L’hypothèse d’un ralliement au FMP prend néanmoins une dimension particulière dans le contexte des repositionnements politiques qui se multiplient depuis les tensions au sein de l’Alliance du Changement.
Pour l’heure, Sydney Pierre laisse ouverte la possibilité de siéger comme député indépendant. Mais son départ constitue déjà un revers pour le PTr, dans une conjoncture où le gouvernement doit faire face à de nombreuses contestations.
Après avoir défié la discipline gouvernementale, puis proclamé sa fidélité à Navin Ramgoolam, Sydney Pierre s’apprête donc à rejoindre l’opposition. Reste à voir combien de temps il demeurera indépendant avant de prendre éventuellement une place plus active dans le camp des dissidents, notamment aux côtés de Paul Bérenger.

