SAMU DE CANDOS — ILS ONT PORTÉ LES PREMIERS SECOURS À LA JEUNE FEMME : Swadesh, Vikesh, le Dr Rishi et Nadir : les premières mains qui ont retenu Élodie à la vie

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« Kan monn trouv li marse, franchement monn extra kontan », confie l’infirmier Swadesh Appiah, qui avait découvert la jeune femme grièvement blessée dans une fourgonnette à Camp-Levieux

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Du bord de la route aux soins intensifs, les infirmiers Swadesh Appiah et Vikesh Kumar Boodhoo, le Dr Rishi Doobaree, l’ambulancier Nadir Nuseeb et leurs collègues ont livré une course contre la montre pour maintenir Élodie Thomas en vie. Derrière les premiers gestes, les perfusions et le transport vers Candos, leur récit raconte un engagement collectif. Et cette émotion, quelques jours plus tard, de revoir marcher celle dont l’état se dégradait sous leurs yeux.

Il y a des histoires qui se racontent à travers les images d’un drame, les témoignages des proches et l’attente des nouvelles de l’hôpital. Et puis il y a celles qui commencent dans l’urgence, au bord d’une route, lorsque des femmes et des hommes découvrent une personne grièvement blessée et doivent agir, tout de suite.

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L’histoire des premiers secours à Élodie Thomas est de celles-là. Une histoire de gestes précis dans des conditions difficiles, de décisions prises en quelques secondes et de relais entre des équipes mobilisées autour d’une même priorité : la maintenir en vie.

Pour Swadesh Appiah, infirmier au SAMU de Candos, deux images resteront liées. Celle d’une jeune femme ensanglantée, coincée entre les sièges d’une fourgonnette, dans la nuit du vendredi 9 octobre. Et celle d’Élodie, quelques jours plus tard, capable de marcher.

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« Kan monn trouv li marse, franchement monn extra kontan », confie-t-il.

Quelques mots simples. Mais pour comprendre ce qu’ils portent de soulagement et de joie, il faut revenir à cette nuit-là. À cet appel reçu à 23 h 40. Au sang perdu. À cette extraction difficile. À tous ces moments où il fallait agir pour lui permettre de franchir les minutes suivantes.

23 h 40 : l’appel qui mobilise l’équipe

Cette nuit-là, l’équipe de garde réunit Swadesh Appiah, son collègue Vikesh Kumar Boodhoo, le Dr Rishi Doobaree et l’ambulancier Nadir Nuseeb. Au téléphone, on leur signale une personne blessée par balle à Camp-Levieux. L’adresse est communiquée. L’équipe se met immédiatement en route.

À leur arrivée dans le quartier, les occupants d’une fourgonnette leur font signe. Nadir Nuseeb immobilise l’ambulance à leur hauteur et leur demande s’ils sont à l’origine de l’appel. La réponse est affirmative.

Une personne est blessée à l’intérieur. Ses accompagnateurs tentaient de la conduire à l’hôpital, mais son état les a contraints à s’arrêter.

L’équipe découvre alors Élodie Thomas. Elle est assise, coincée entre les sièges du véhicule. Du sang recouvre ses vêtements, les sièges et le plancher. Le Dr Doobaree monte dans la fourgonnette pour l’examiner et identifier précisément la blessure.

Les conditions compliquent son intervention. L’éclairage est insuffisant, la jeune femme est agitée et sa position limite l’accès des soignants. Il faut pourtant comprendre d’où vient le saignement et commencer les soins sans perdre de temps.

Une blessure est finalement repérée au niveau de la mâchoire. Un pansement compressif est appliqué pour tenter de maîtriser l’hémorragie. Sa tête est stabilisée.

Les intervenants cherchent aussi à comprendre ce qui s’est passé. Selon les indications recueillies sur place, un policier aurait tiré un coup de feu. Mais, à cet instant, leur attention se concentre sur l’état de la blessée. Élodie perd beaucoup de sang. Son état commence à se dégrader.

Swadesh Appiah pose une canule pour permettre l’administration de sérum. Son collègue prépare la civière à proximité du véhicule. Il faut maintenant la sortir de là.

La dégager, alors que son état empire

L’extraction s’annonce délicate. Les jambes d’Élodie sont bloquées sous un siège. Il faut parvenir à la dégager sans aggraver ses blessures, dans un espace qui laisse peu de place pour intervenir.

Le médecin envisage de solliciter les pompiers. Mais, selon le témoignage de l’infirmier, l’état de la jeune femme empire en quelques secondes. Elle commence à s’effondrer.

Il raconte avoir alors estimé qu’ils devaient intervenir eux-mêmes, sans attendre les secours supplémentaires. Le temps presse trop.

Swadesh Appiah mobilise ses forces pour soutenir et soulever Élodie par le dos. Les personnes présentes apportent leur aide. Ensemble, ils parviennent à libérer la jeune femme, puis à la déposer sur la civière.

Ce passage occupe une place particulière dans son récit. Il y a la difficulté de soulever une personne grièvement blessée, la nécessité de soutenir son corps et cette dégradation de son état qui rend chaque seconde plus pressante.

Autour d’Élodie, les gestes se complètent. L’un soutient, d’autres aident à dégager, la civière attend. Dans cette intervention menée au bord de la route, chacun apporte ce qu’il peut pour permettre aux soins de se poursuivre.

La jeune femme est enfin installée dans l’ambulance. L’équipe dispose de meilleures conditions pour travailler. Mais le danger reste entier. Il faut désormais rejoindre Candos tout en continuant à la prendre en charge.

Dans l’ambulance, gagner du temps sur l’urgence

Dès que les portes se referment, le Dr Doobaree donne ses instructions. De l’oxygène, du sérum et des médicaments sont administrés pour tenter de contrôler le saignement et de stabiliser la patiente.

Ses paramètres vitaux sont alarmants. Sa tension artérielle chute fortement. Le médecin constate l’importance de la perte de sang et la nécessité d’une transfusion urgente.

Une deuxième voie veineuse est mise en place afin de permettre l’administration des traitements. À l’arrière de l’ambulance, les soignants poursuivent leurs gestes et surveillent l’évolution de son état. Il faut soutenir ses fonctions vitales jusqu’à l’arrivée à l’hôpital.

À l’avant, Nadir Nuseeb assure le transport. Son rôle est lui aussi essentiel : rejoindre Candos dans les meilleurs délais, tout en évitant les chocs sur la route. Pendant que ses collègues s’occupent d’Élodie, il doit leur permettre de poursuivre les soins durant le trajet.

Cette course contre la montre mobilise déjà d’autres professionnels. Le SAMU alerte l’équipe de réanimation du Trauma Unit. Une patiente grièvement blessée arrive. Il faut préparer son accueil, mobiliser le personnel et prévoir du sang.

L’intervention dépasse désormais l’espace de l’ambulance. À l’hôpital, le relais s’organise avant même son arrivée. Cette coordination fait partie des soins : transmettre l’alerte, permettre aux collègues d’anticiper et réduire le temps nécessaire à la prise en charge.

Pour Élodie, chaque étape doit conduire à la suivante. Les premiers soins ont permis son transport. Le transport doit maintenant permettre l’accès à la réanimation.

À Candos, les équipes prennent le relais

À l’arrivée, Élodie est immédiatement conduite en réanimation. Le personnel de garde se mobilise, avec notamment les infirmiers Beeharry et Bhamee.

La transfusion sanguine commence. Pourtant, malgré les soins déjà prodigués, son état continue de se détériorer. Sa tension baisse davantage et elle commence à sombrer dans le coma.

Après évaluation de ses paramètres, le Dr Doobaree décide de procéder à une intubation. Selon les témoignages recueillis, celle-ci intervient vers 00 h 30.

Élodie est placée sous assistance respiratoire. Les traitements se poursuivent, avec des apports de sérum et de sang ainsi que les médicaments nécessaires à sa stabilisation. Peu à peu, ses paramètres vitaux s’améliorent. Sa prise en charge se prolonge au fil des heures.

Une fois son état suffisamment stabilisé pour permettre un examen, un scanner est réalisé. Il permet de localiser le projectile, logé à proximité des vertèbres cervicales. Le Dr Doobaree prend connaissance des résultats et informe les chirurgiens concernés.

La jeune femme est ensuite transférée aux soins intensifs, où d’autres équipes poursuivent les soins.

Du bord de la route à la réanimation, aucun de ces gestes ne peut être isolé des autres. Le pansement compressif, les perfusions, l’extraction, le transport, l’alerte donnée à l’hôpital, la transfusion et l’intubation constituent les étapes d’une même intervention. Une succession de décisions et d’actions pour donner à Élodie les meilleures chances de survivre.

Derrière les gestes, des visages et des noms

Dans les services d’urgence, les équipes prennent régulièrement en charge des patients dans un état grave. Elles doivent évaluer rapidement une situation, s’adapter aux difficultés et continuer à intervenir lorsque l’état d’une personne se dégrade devant elles.

L’habitude du travail n’efface pas pour autant ce que certaines interventions laissent dans les mémoires. Celle d’Élodie restera, confie un infirmier.

Dans leurs récits, le travail collectif revient avec force. Il y a ceux qui l’ont retrouvée dans la fourgonnette, ceux qui ont aidé à la dégager, ceux qui ont poursuivi les soins dans l’ambulance et ceux qui l’attendaient à Candos. Tous ont participé à cette première chaîne de secours.

Le grand public voit généralement une ambulance arriver, apprend qu’une patiente a été admise aux soins intensifs, puis attend des nouvelles. Entre ces moments, tout un travail se déroule loin des regards : examiner malgré le manque de place, préparer le matériel, surveiller les paramètres, transmettre les informations et anticiper l’étape suivante.

Derrière ce travail, il y a des noms : Swadesh Appiah, Vikesh Kumar Boodhoo, le Dr Rishi Doobaree, Nadir Nuseeb, les infirmiers Beeharry et Bhamee, ainsi que leurs collègues mobilisés autour de la jeune femme.

Leur contribution s’inscrit dans l’ensemble des soins reçus par Élodie, poursuivis ensuite par d’autres équipes et les spécialistes intervenus auprès d’elle. Leur rôle a été celui des premières minutes et des premières heures, lorsqu’il fallait d’abord la stabiliser et la maintenir en vie.

« Kan monn trouv li marse… »

Quelques jours plus tard, Swadesh Appiah retrouve une Élodie dont l’état permet désormais de marcher. Pour lui, cette image prend une résonance particulière. Il sait dans quelles conditions leur première rencontre s’est déroulée.

Entre ces deux moments, il y a eu les gestes urgents, les décisions difficiles, les soins de réanimation et le travail de tous ceux qui ont poursuivi sa prise en charge. Il y a eu cette mobilisation dont chacun ne voit qu’une partie, mais qui prend tout son sens lorsque la patiente retrouve des forces.

L’émotion de l’infirmier tient dans cette phrase : « Franchement monn extra kontan. »

Il n’en faut pas davantage pour comprendre sa joie. Cette nuit-là, il avait fallu soutenir Élodie, la soulever pour la dégager, puis la transporter vers les soins dont elle avait besoin. La revoir marcher, c’est retrouver autrement cette jeune femme rencontrée dans des circonstances si éprouvantes.

Pour ces premiers secours, son rétablissement donne un visage à la raison de leur engagement. Après l’urgence et l’inquiétude, il reste cette image qu’ils peuvent désormais garder aussi : Élodie, debout.

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