Le ministère de la Santé a rejeté l’offre de Pharmacie Nouvelle Limited (PNL), fournisseur de longue date des équipements Accu-Chek, au profit d’Advanced Healthcare Ltd, proposant des appareils VivaChek.
- Des insuffisances techniques dans la soumission de PNL évoquées alors que ce sont ces technologies qui sont en service dans nos principaux hopitaux
- Pourtant une différence de Rs 11,54 par boîte de 50 bandelettes de glycémie font que l’offre de PNL était la moins chère
- Après la clôture des offres en mars, une prolongation de leur validité jusqu’au 18 septembre a été sollicitée en juin par le ministère , avant l’attribution du marché à d’Advanced Healthcare Ltd
L’attribution d’un marché de Rs 35,7 millions, hors TVA, pour la fourniture de glucomètres et de bandelettes destinés aux hôpitaux publics soulève des questions sur les critères de sélection appliqués par le ministère de la Santé. Au cœur du dossier, le rejet de l’offre de Pharmacie Nouvelle Limited (PNL), fournisseur d’équipements Accu-Chek depuis plusieurs années, au profit d’Advanced Healthcare Ltd, proposant des appareils VivaChek.
Le contrat MHPQ/MDIS/2025-2026/Q46, d’une valeur de Rs 35 722 437,66, prévoit la fourniture de 5 040 glucomètres, de 168 014 boîtes de bandelettes de glycémie et de 37 900 unités de bandelettes pour les analyses urinaires.
Selon les documents consultés par Week-End, PNL proposait la boîte de 50 bandelettes à Rs 184,45, contre Rs 195,99 pour Advanced Healthcare Ltd, soit une différence de Rs 11,54.
Dans une correspondance datée du 28 août 2026, le ministère justifie le rejet de PNL par l’absence de preuves de certification européenne ou d’approbation de la Food and Drug Administration (FDA) américaine pour les modèles proposés. La durée de garantie des équipements n’aurait pas non plus été précisée. Ces insuffisances auraient rendu l’offre techniquement non conforme.
Une offre moins chère écartée : les critères techniques en question
La procédure avait été lancée une première fois en août 2025, avant d’être relancée en février 2026, avec une clôture des soumissions fixée au 23 mars. En juin, le ministère a demandé une prolongation de la validité des offres jusqu’au 18 septembre. PNL affirme avoir accepté cette demande avant d’être informée, en août, du rejet de sa soumission.
Cette prolongation ne constitue pas, en elle-même, une irrégularité. Toutefois, le rejet d’une offre financièrement inférieure pour les bandelettes appelle des éclaircissements sur l’application des critères techniques.
Quelles certifications et garanties ont été présentées par Advanced Healthcare Ltd ? Les mêmes exigences ont-elles été appliquées à tous les soumissionnaires ? Et quels contrôles ont précédé la sélection des équipements VivaChek ?
Il convient néanmoins de rappeler que le prix le plus bas ne garantit pas l’attribution d’un marché public lorsqu’une offre ne satisfait pas aux conditions obligatoires du cahier des charges.
Des appareils Accu-Chek aux VivaChek : la continuité des soins en jeu
Le changement de fournisseur soulève également la question de la transition dans les hôpitaux publics. La précision des glucomètres est essentielle pour les patients diabétiques, particulièrement lorsque les résultats servent à adapter un traitement à l’insuline.
Les documents examinés ne démontrent aucune défaillance des appareils VivaChek. Ils ne comportent cependant pas les résultats des essais techniques ni les certificats précis ayant servi à valider les équipements retenus.
Autre interrogation : selon les éléments communiqués, les hôpitaux Nehru, SSRN et Souillac continueraient à réclamer respectivement 1 000, 1 500 et 1 000 boîtes de bandelettes Accu-Chek, soit 3 500 boîtes au total, évaluées à Rs 700 000. Ces demandes restent à confirmer auprès des établissements concernés.
Cette situation pose la question de la disponibilité des consommables compatibles avec les appareils existants pendant le déploiement des nouveaux glucomètres.
Au-delà du différend commercial, le ministère de la Santé est donc appelé à préciser les certifications présentées par le fournisseur retenu, la durée de garantie des appareils, les contrôles de précision effectués et les dispositions prises pour assurer la continuité des examens.
Dans un marché de Rs 35,7 millions destiné à des dispositifs médicaux essentiels, l’enjeu n’est pas uniquement le prix, mais également la transparence de l’attribution, la conformité des équipements et, surtout, la sécurité des patients diabétiques.

