– Les sites de Goodlands et La Ferme, Bambous, considérés en priorité
Après une longue lutte des habitants, avec le soutien de Lalit, les maisons en amiante seront détruites. Les mesures annoncées dans le dernier budget commencent à se concrétiser avec la mise sur pied d’une unité spéciale à la National Housing Development Company (NHDC). Des réunions ont déjà eu lieu avec les principaux concernés. Les travaux démarreront à Goodlands et La Ferme, Bambous, deux sites qui comprennent le plus grand nombre de maisons contenant de l’amiante.
Pour Lalit et le Komite Konzwin Abitan Lakaz Lamyant, il s’agit d’une victoire. Cela fait de nombreuses années que ce collectif milite pour le remplacement des maisons contenant de l’amiante. Il s’est même tourné vers l’Ombudsperson for Children, Rita Venkatasawmy, qui avait mis en exergue le danger que l’amiante représente pour la santé des enfants.
Plusieurs lettres ont été envoyées aux ministres du Logement successifs, et en dépit de l’engagement pris par Showkutally Soodhun en 2015, le projet n’a jamais démarré.
C’est finalement dans le dernier budget que le gouvernement a prévu un budget de Rs 800 M pour le remplacement des maisons contenant de l’amiante dans 50 cités EDC à travers l’île. Trois mois plus tard, les choses se sont accélérées avec la mise sur pied d’une unité spéciale pour la destruction et la reconstruction des maisons en amiante à la NHDC.
Une réunion a ainsi été organisée le 16 septembre dernier entre un officier de la NHDC, des représentants des différentes cités ainsi que Rajni Lallah et Rada Kistnasamy, de Lalit. Il a ainsi été annoncé que les travaux débuteront à Goodlands et La Ferme, Bambous, les deux sites où l’on compte le plus grand nombre de maisons en amiante. Comme annoncé dans le budget, les familles dont les maisons seront détruites auront une allocation de Rs 5 000 mensuellement pour la location d’une autre maison.
La NHDC se chargera elle-même de la reconstruction des maisons, qui seront d’une superficie de 49 mètres carrés. Les plans et tous les autres frais associés seront également couverts par la NHDC. Parallèlement, cet organisme procède à un recensement dans les différentes cités concernées pour savoir combien de maisons en amiante existent encore. Le plus gros problème qu’il faudra régler concerne ce qu’on appelle les “lakaz zeritye”. Les propriétaires étant décédés, ce sont leurs proches, souvent chacun avec sa propre famille, qui occupent les maisons. Il faudra voir comment gérer cette situation.
Lalit a fait trois suggestions aux autorités lors de cette réunion. D’abord, qu’une lettre soit envoyée à chaque famille concernée sur les différents sites pour les informer que le gouvernement procédera au remplacement de leur maison. Ces derniers doivent aussi être informés de la date prévue pour le début des travaux chez eux. Finalement, les autorités doivent également envoyer une lettre à ceux habitant les “lakaz zeritye” afin de les reconnaître comme résidents de ces maisons.
Lalit rappelle que cela fait 20 ans que le parti milite pour la reconstruction des maisons en amiante et pour une nouvelle politique agraire, de logement et de sécurité alimentaire. Le parti est ainsi d’avis que si le gouvernement n’avait pas fermé la Central Housing Authority (CHA), le problème des maisons en amiante aurait été réglé depuis longtemps. Sous cette entité, rappelle-t-on, on procédait à la maintenance et il y avait même un tribunal pour s’assurer qu’il n’y ait pas de discrimination.
La NHDC, qui opère comme une compagnie privée, n’a, elle, pas été en mesure jusqu’ici de résoudre le problème de logement. « Nous sommes à la troisième génération des occupants depuis la construction des dernières maisons de la CHA. Beaucoup de familles vivent aujourd’hui dans la promiscuité et dans l’insécurité. Ce qui crée une crise sociale assez grave. »
Lalit dénonce également la politique des compagnies sucrières, qui préfèrent reconvertir les terres qu’elles occupent en résidence pour milliardaires. Et ce, alors même que le gouvernement peine à trouver des terrains pour la construction de 12 000 maisons. Le parti est d’avis qu’il faut contraindre les compagnies sucrières à céder des terrains pour la construction de maisons. De même, les cultures de cannes doivent être remplacées par des cultures vivrières afin d’assurer la sécurité alimentaire.

