Le Mauritius Trade Union Congress (MTUC) a rendu publiques ses propositions en vue du budget national 2026-27. Dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie, l’érosion du pouvoir d’achat et les difficultés économiques, la centrale syndicale plaide pour un budget davantage axé sur la justice sociale, la protection des travailleurs et le soutien aux catégories les plus vulnérables. Dans son document budgétaire, le MTUC estime que les travailleurs, les retraités, les jeunes, les femmes ainsi que les familles vulnérables doivent être placés « au centre des priorités nationales ».
Parmi les principales revendications figure le rétablissement de la pension universelle de retraite à 60 ans, ou à défaut à 62 ans. Le syndicat soutient que de nombreux employés exerçant des métiers pénibles ne sont pas en mesure de travailler jusqu’à 65 ans. Il réclame également le maintien du caractère universel de la pension ainsi que des dispositions particulières pour les métiers jugés dangereux.
Le MTUC tire également la sonnette d’alarme face à la flambée des prix des produits essentiels. Il réclame le retour du contrôle des prix sur certains produits de base, des subventions accrues, ainsi qu’un renforcement des mécanismes de lutte contre la spéculation et les abus. La création d’un Comité national de surveillance des prix, regroupant syndicats et associations de consommateurs, figure aussi parmi les propositions.
Concernant le pouvoir d’achat, la centrale syndicale demande une augmentation du salaire minimum basée sur l’inflation réelle, l’introduction d’un Living Wage ainsi qu’une compensation salariale reflétant véritablement le coût de la vie. Des allégements fiscaux pour les revenus faibles et moyens ainsi qu’un soutien immédiat aux familles vulnérables sont également réclamés.
Sur le plan de l’éducation, le MTUC estime que le système actuel souffre d’un manque de vision stratégique. Il propose une réforme nationale concertée, un renforcement de l’enseignement technique et professionnel, une meilleure adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail ainsi qu’un développement accru des compétences numériques.
La pénurie de main-d’œuvre constitue un autre sujet de préoccupation majeure. Le MTUC réclame une stratégie nationale de planification de la main-d’œuvre, la priorité à l’emploi des Mauriciens et un meilleur encadrement du recrutement des travailleurs étrangers. Des programmes massifs de formation et de reconversion pour les jeunes sont également proposés.
Le congrès syndical maintient par ailleurs que le droit de vote aux élections locales doit demeurer exclusivement aux citoyens mauriciens.
Au chapitre du dialogue social, le MTUC plaide pour la création d’un cadre permanent de concertation tripartite et des mécanismes favorisant l’unité syndicale. Il propose également la mise sur pied d’une Labour House nationale destinée à la formation syndicale, à l’assistance juridique et à la médiation sociale. Le syndicat réclame en outre qu’une partie des fonds CSR soit allouée aux fédérations et confédérations syndicales afin de financer des programmes sociaux, éducatifs et de santé au travail, ainsi que des projets destinés aux femmes et aux jeunes.
Sur le plan économique, le MTUC appelle à une stratégie nationale claire pour l’agro-industrie, incluant le soutien aux petits planteurs, la diversification agricole et la protection des terres agricoles. Il réclame aussi une meilleure coordination des politiques monétaires et fiscales afin de stabiliser la roupie mauricienne.
La centrale syndicale soutient aussi la création d’une Parastatal Bodies Service Commission afin de garantir davantage de transparence dans les recrutements au sein des corps para-étatiques et prévenir le favoritisme politique. Enfin, le MTUC dénonce la sous-représentation persistante des femmes dans des instances décisionnelles. Il propose notamment un quota minimum d’un tiers de femmes dans les recrutements, nominations et élections, ainsi que des programmes de formation au leadership féminin.
Le président du MTUC, Dewan Quedou, réclame aussi la mise sur pied d’une Trade-Union House à Côte-d’Or. Le principe de sa mise sur pied a déjà été agréé par le ministre du Travail, Reza Uteem. Il avance aussi que ce centre sera géré par le Conseil des Syndicats, qui recherchera un financement international pour ce projet avec l’aide de l’Organisation internationale du travail.

