La campagne de sensibilisation contre l’usage du plastique gagne de plus en plus de terrain. À travers le monde, le plastique représente 75% des déchets marins, dont 80% provenant des activités sur terre et charriés par les rivières et autres cours d’eau. Le groupe ENL, en association avec la Mauritius Fishermen Cooperative Federation (MFCF) Ltd et le Rotary Club de Phoenix, a entrepris une campagne de nettoyage à Camp-des-Pêcheurs à Grand-Rivière-Sud-Est (GRSE) à la fin de la semaine dernière, et a par la même occasion évoqué avec les riverains l’urgence de gérer les détritus de manière responsable. Pour ENL, il est urgent de promouvoir un modèle d’économie circulaire, de recycler et revaloriser ces déchets, limitant ainsi leur impact sur l’environnement.

« De mémoire d’enfant de Camp-des-Pêcheurs, c’est bien la première fois qu’une entreprise procède au nettoyage de cette partie de la côte à GRSE. La venue de l’équipe d’ENL nous motive à prendre les choses en main et à nous mobiliser à notre tour pour garder cette partie de l’île aussi propre que possible. Il faut savoir qu’avec le flux et reflux des marées, cela demande un effort constant », déclare France Andy, président de la MFCF.
Cette action à GRSE est d’autant plus symbolique étant donné que s’y trouve le plus long cours d’eau du pays. La rivière s’écoule sur plus de 30 km depuis le plateau central jusqu’à la côte sud-est, acheminant des déchets provenant de sa source et des diverses régions qu’elle traverse.

En un peu moins de deux heures, une cinquantaine de bénévoles du groupe ENL, du Rotary Club de Phoenix et de la MFCF ont réutilisé 70 sacs, qui servent normalement au conditionnement de fertilisants pour recueillir ces déchets divers. Ceux-ci ont soit été jetés par les riverains, soit ramenés par les marées et la rivière qui coule non loin. La côte rocailleuse, difficile d’accès et peuplée de mangroves, favorise d’ailleurs le dépôt de débris et les bénévoles ont dû prendre les pirogues des pêcheurs pour accéder aux sites à nettoyer.

« Recycler, c’est bien ; ne pas polluer, c’est encore mieux. Nous devons savoir que tout ce que nous jetons avec insouciance et par pur incivisme défigure l’environnement avant de finir à la mer, où il détruit l’habitat de la vie marine. Le premier à en souffrir est le pêcheur qui dépend de la qualité du lagon pour nourrir sa famille », a fait ressortir Hector Espitalier-Noël, Chief Executive Officer du groupe ENL.

Pour revaloriser le plastique collecté, le groupe a développé des techniques à travers sa filiale Plastinax Austral, entreprise spécialisée dans la production et l’exportation de lunettes. « Cela fait plusieurs années que nous sommes engagés dans la recherche de matériaux écoresponsables pour la fabrication de nos montures de lunettes. Helios, la marque que nous avons développée pour le marché local, propose ainsi des montures en coco, en bois et en plastique biodégradable », explique Nicholas Park, General Manager de Plastinax Austral.