CORPS PARAÉTATIQUES | Révocation du Board STC : le MLC dénonce le système de nominations

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Le Mauritius Labour Congress (MLC) réagit à la révocation séance tenante des membres du conseil d’administration de la State Trading Corporation (STC). Haniff Peerun estime que cette décision soulève des questions sur les compétences des personnes nommées à la tête des institutions publiques et sur les pratiques de recrutement au sein des organismes d’État.

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« Le ministre du Commerce s’octroie lui-même un certificat d’incompétence en reconnaissant que les membres révoqués ont failli à leur tâche en matière de bonne gouvernance, de planification et de compétence », affirme le président du MLC, qui ajoute que la population est en droit de connaître les qualifications et l’expérience des personnes chargées de gérer la STC, au-delà de leurs affinités politiques et de leur proximité avec le pouvoir.

« Aujourd’hui, nous payons cher les conséquences de cette gestion, qui a contribué à l’accumulation des dettes, tout en maintenant le Petroleum Price Stabilisation Fund dans une situation déficitaire », soutient-il.

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Haniff Peerun indique que la STC avait initialement été créée dans le but de contribuer à la baisse des prix grâce à des négociations directes de gouvernement à gouvernement. Il estime toutefois que les pratiques de recrutement et de nomination privilégiant les proches du pouvoir et les agents politiques risquent de détourner l’institution de sa mission première.

« La STC risque de devenir davantage une agence de recrutement au service du parti au pouvoir qu’une institution au service de la population », déplore-t-il. Le président du MLC s’interroge également sur les critères retenus pour les nominations au sein des compagnies d’État.

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« Devons-nous continuer éternellement avec le même système de nomination dans les compagnies d’État ? Faut-il toujours nommer des agents politiques pour des services rendus pendant les campagnes électorales ? La majorité des membres nommés aux conseils d’administration disposent-ils réellement des compétences et de l’expérience nécessaires pour assurer une gestion efficace de ces organismes ? »

Pour lui, les conséquences de telles décisions retombent les citoyens et les contribuables. Il relève notamment le paradoxe entre les appels adressés aux jeunes diplômés pour qu’ils restent au pays et contribuent à son développement, et des pratiques de nomination qui, selon lui, privilégieraient parfois la proximité politique au détriment des compétences et du mérite.

« La gestion des institutions publiques doit reposer sur la compétence, l’expérience, la transparence et la bonne gouvernance, et non sur les affinités politiques », s’appesantit Haniff Peerun.

La raison officiellement avancée par le ministre Sik Yuen pour justifier la révocation du conseil d’administration de la STC est le délai accumulé dans la mise en œuvre des directives visant à accroître les importations de produits afin de lutter contre la cherté de la vie.

Avant cette décision, le conseil d’administration était présidé par le Dr Takesh Luckho. Il comprenait également Latanraj Ghoorah, directeur par intérim chargé de l’Économie et des Finances au ministère des Finances ; Manorama Mathur Dabidin, secrétaire permanente au ministère du Commerce et de la Protection des consommateurs ; et Marie Anne Janick Jaunbocus, directrice générale principale au ministère de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche.

Y figuraient aussi Nunramsing Baichoo, analyste principal au ministère des Services financiers et de la Planification économique ; Doumeraj Jahajeeah, directeur des services techniques au ministère de l’Énergie et des Services publics ; Sandesh Kumar Seelochun, directeur du développement portuaire à la Mauritius Ports Authority ; ainsi que les membres indépendants Suttyhudeo Tengur, Gunness Beedassee et Akmed Mohamed.

L’ancien ministre Suren Dayal occupe actuellement le poste de General Manager de la STC. Contrairement aux membres du conseil d’administration, il est maintenu à ses fonctions.

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