Deux policiers du CID, à savoir Seewoo Ramburn et Gopalen Perianen, ont été condamnés à dédommager un dénommé Gérard Thierry Maurel à hauteur de Rs 500 000. C’est ce qui résulte d’un jugement rendu hier par la magistrate Dushuina Moorghen, siégeant en Cour intermédiaire.
Les faits remontent au 24 décembre 2003. Employé alors comme Store Assistant chez Toys R Us, Gérard Maurel avait été suspecté d’avoir commis au vol au préjudice de son employeur, et l’affaire avait immédiatement été référée à la police. Arrêté et conduit au poste de police de Sodnac, il avait été sauvagement agressé par quatre officiers de la CID.
Il avait ensuite été admis à l’hôpital Victoria à Candos pour une durée de trois jours, où plusieurs ecchymoses sur le corps avaient été constatées par les médecins. Gérard Maurel avait ensuite dû suivre un traitement à l’hôpital psychiatrique de Brown-Séquard.
Suite à une plainte qu’il avait logée à la National Human Rights Commission (NHRC), cette instance avait conclu qu’il y avait effectivement eu brutalité policière. Les conclusions avaient alors été soumises au Directeur des poursuites publiques. L’un des deux policiers, Seewoo Ramburn, avait été poursuivi devant la Cour de district de Rose-Hill, où il avait été condamné pour le délit d’Assault.
Gérard Maurel avait par la suite logé une plainte civile en Cour intermédiaire, réclamant Rs 825 000 contre deux de ses tortionnaires, qu’il avait pu identifier. Le malheureux a pu traverser l’épreuve du procès en parlant avec difficulté, pleurs et crises d’angoisse ayant en effet émaillé son témoignage. Un psychiatre de l’hôpital Brown-Séquard avait par ailleurs fait état en Cour que le plaignant souffrait de Post-Traumatic Stress Disorder, dont des tremblements incontrôlés, des cauchemars, une profonde dépression et des crises de panique à la simple vue de policiers.
Après analyse des divers témoignages, la magistrate Moorghen a conclu que « the Court is therefore of the view that the Plaintiff was indeed a victim of police brutality », et que les deux défendeurs étaient bien ceux qui avaient brutalisé le plaignant. La magistrate a également retenu qu’il y a eu une Total Permanent Incapacity du plaignant à hauteur d’environ 35%. Du fait de ces éléments et du traumatisme subi par le plaignant, la Cour a ainsi ordonné aux deux policiers de dédommager à ce dernier conjointement et solidairement à hauteur de Rs 500 000.

