Décès du sergent de police Satyanand Bahadoor dans un accident de la route — Priée de quitter les Police Quarters…

Sa veuve en quête d’une nouvelle demeure

Le « rêve mauricien » tourne au cauchemar pour Nirina Bahadoor, une ressortissante malgache qui a eu le malheur de perdre son époux, le sergent de police Satyanand Bahadoor, mort le 10 avril 2025, après des blessures consécutifs à un accident de la route à Terre-Rouge. Non seulement un vide la dévore intérieurement depuis ce triste épisode, mais elle risque aussi de se retrouver à la rue, en compagnie de son fils de 10 ans, à n’importe quel moment, dans la mesure où elle a été priée, par le biais d’une lettre recommandée, de quitter les Police Married Quarters de Grand-Gaube, au nom de son époux. Seule et désœuvrée, Nirina Bahadoor vit au jour le jour, souvent de débrouille et de petits boulots qui ne lui permettent pas, hélas, de subvenir aux besoins de son fils. Raison pour laquelle elle a fait une demande solennelle, depuis septembre, au ministre des Terres et du Logement, Shakeel Mohamed, afin qu’elle puisse « sur une base humanitaire », bénéficier d’un appartement de la NHDC. Demande restée lettre morte.

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Son époux a beau avoir cumulé 24 ans de bons et loyaux services, entre 2001 et 2025, au sein de la force policière, la loi c’est la loi… Dans la lettre qu’il a adressée à  Nirina Bahadoor, le 11 avril 2026, le Deputy Commissioner of Police (DCP) Krishna Jhugroo se réfère au Paragraphe 22 du Police Standing Order 140 (Police Quarters) pour justifier sa demande : «  In the event of retirement, dismissal, resignation or secondment of duty, the occupant will have to quit, leave and vacate the police Quarters. In case of demise of the Police Officer, his/fer family will have to vacate within a delay of 6 months from the date of demise ». Dans le cas de Nirina Bahadoor, cela fait donc 6 mois qu’elle occupe « de manière illégale » la maison où elle rêvait de pouvoir encore passer de longues et belles années avec son époux et son fils.

Même si elle lutte pour le camoufler, un voile de tristesse continue d’envahir son visage. « Je suis arrivée à Maurice en 2013, avant d’épouser Satyanand une année plus tard. C’était un homme dévoué et doux qui aimait son travail par-dessus tout. J’aime ce pays qui m’a accueillie et j’espère que je pourrai continuer à y vivre décemment », dit-elle. En janvier dernier, lors d’une cérémonie, le ministre des Terres & du Logement, Shakeel Mohamed avait mis l’emphase sur la transparence du processus d’attribution des maisons NHDC, insistant sur le fait qu’elles seront allouées selon des critères précis établis par le House Allocation Committee de la NHDC, sans intervention politique. Les familles vivant dans des conditions difficiles, en particulier celles avec des enfants, seraient ainsi prioritaires.

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« Honorable Minister, my late husband dedicated his life in service to the nation for more than 20 years. His untimely passing has left us not only emotionally devastated but also vulnerable and without a permanent place to live. I have already submitted an application for an NHDC house under reference H2025 06 3091. On humanitarian grounds, I humbly appeal to your good office to give my application priority…», peut-on lire en substance dans la missive envoyée au ministre par la veuve de l’ex-sergent de police. Cet épisode est de nature à convaincre les autorités sur la nécessité d’ouvrir le débat autour de certaines dérogations qui pourraient être apportées au Paragraphe 22 du Police Standing Order 140 (Police Quarters), concernant les membres des forces de l’ordre ayant atteint, comme dans le cas de Satyanand Bahadoor, plus de 20 ans de service… avant de rendre l’âme.

 

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Légende :

Nirina Bahadoor rêvait de pouvoir passer encore de longues et belles années avec son époux à Grand-Gaube

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