Farhad Aumeer a évoqué les difficultés auxquelles le pays est confronté dans un contexte international marqué par les conflits et les incertitudes économiques. Il a estimé que la préparation de ce budget s’est faite dans un environnement complexe, alors que Maurice reste sous la surveillance d’organismes et d’agences internationales, notamment les agences de notation comme Moody’s et le Fonds monétaire international (FMI). Il a aussi avancé que le gouvernement a hérité d’une économie dans un état semi-comateux.
Farhad Aumeer soutient que « certaines mesures impopulaires mais nécessaires ont dû être prises afin de stabiliser l’économie. » Il a notamment cité les ajustements du taux directeur, les mesures visant à renforcer la stabilité de la roupie, l’introduction d’une Fiscal Responsibility Act ainsi que les réformes concernant le système de pension, qu’il jugeait financièrement non soutenable sur le long terme. Il a affirmé que l’un des objectifs majeurs du gouvernement était de réduire le taux d’inflation et de restaurer l’indépendance de la Banque de Maurice dans la conduite de sa politique monétaire.
Abordant le secteur de la santé, Farhad Aumeer a salué les mesures budgétaires visant à réduire la dépendance du pays envers les traitements médicaux à l’étranger. « Maurice dispose déjà d’une équipe de chirurgiens et de professionnels de santé hautement compétents capables de prendre en charge de nombreux cas localement », estime-t-il. Il a ainsi accueilli favorablement l’allocation de Rs 40 millions prévue pour permettre à des spécialistes étrangers de venir à Maurice afin d’apporter leur expertise et soutenir les patients. Toutefois, il estime que les transferts médicaux à l’étranger doivent rester une solution uniquement lorsque les compétences ou les services nécessaires ne sont pas disponibles dans le pays.
Au chapitre de l’extension du congé de maternité et l’introduction du congé menstruel, Farhad Aumeer estime que ces mesures ne devraient pas entraîner de discrimination à l’égard des femmes dans le monde du travail. Il a toutefois proposé un aménagement concernant les six mois de congé maternité, suggérant que le premier mois soit pris avant la date prévue de l’accouchement.
Selon lui, cette période est particulièrement importante, car certaines femmes peuvent subir des complications graves durant les dernières semaines de grossesse, notamment des problèmes de tension artérielle ou des risques pour la santé du bébé.
Il a également abordé la question de l’importation parallèle de médicaments, estimant que cette mesure pourrait contribuer à faire baisser le prix de certains traitements. Il a cependant demandé au ministère de la Santé d’imposer un certificat de bonnes pratiques aux importateurs « afin de garantir la qualité et la sécurité des produits disponibles sur le marché ».
Au sujet de l’utilisation de l’intelligence artificielle, Farhad Aumeer a appelé à une approche prudente dans les différents ministères. Il a mis en garde contre les risques liés aux informations erronées diffusées en ligne, citant l’exemple d’une fausse maladie publiée sur internet qui aurait été considérée comme réelle par plusieurs outils basés sur l’IA.
Finalement, l’intervenant a demandé au Premier ministre, Navin Ramgoolam, d’accorder une attention particulière au personnel médical, notamment face aux actes de violence auxquels certains employés de santé sont confrontés. Il a proposé la présence de la Special Support Unit (SSU) dans chaque hôpital afin de renforcer la sécurité des professionnels et garantir un environnement de travail plus sûr.

