Plus de 300 délégués venus de 60 pays se sont réunis à Maurice, du 28 septembre au 1er octobre, à l’occasion du Forum sur la liberté d’Internet en Afrique 2026 (FIFAfrica26). Tenu à l’InterContinental Resort Mauritius, l’événement a permis de réaffirmer un engagement commun en faveur des droits numériques, de la liberté sur Internet et d’un développement numérique inclusif sur le continent.
Durant quatre jours, cette édition, organisée conjointement par la Halley Movement Coalition et la Collaboration on International ICT Policy for East and Southern Africa, a réuni des décideurs politiques, des responsables de la société civile, des journalistes, des chercheurs, des universitaires, des experts du numérique, des entrepreneurs, des représentants du secteur privé, des partenaires au développement et des militants, venus échanger sur les évolutions et les enjeux de la société numérique africaine.
Présent à l’ouverture du forum, le ministre de la Fonction publique et des Réformes administratives, Raj Pentiah, a souligné l’importance de protéger les droits numériques tout en encourageant l’innovation et la croissance économique à travers une transformation numérique inclusive. Il a appelé les différentes parties prenantes à unir leurs efforts afin que les avancées technologiques « contribuent au développement durable, renforcent la participation démocratique et favorisent le progrès social en Afrique ».
Grands enjeux numériques
Tout au long de FIFAfrica26, les échanges ont porté sur un large éventail de questions qui façonnent l’avenir numérique du continent, notamment la gouvernance de l’Internet, l’inclusion numérique, la cybersécurité, la liberté des médias, l’intelligence artificielle, la protection des données, la surveillance en ligne ainsi que l’influence croissante des nouvelles technologies.
Les discussions ont mis en lumière à la fois les opportunités offertes par l’évolution rapide de l’écosystème numérique africain et les défis qui l’accompagnent. Les participants ont abordé la nécessité de mettre en place des politiques et des pratiques capables de protéger les droits humains, d’accroître la participation démocratique et de créer un environnement propice à une innovation responsable.
La protection de la liberté d’expression en ligne, tout en garantissant un accès abordable, universel et véritablement significatif à Internet, est restée l’un des fils conducteurs du forum. Les participants ont notamment fait part de leurs préoccupations face aux coupures d’Internet, à la surveillance numérique, à la désinformation et au rétrécissement de l’espace civique. Ils ont également souligné l’importance d’une gouvernance numérique fondée sur la transparence, la responsabilité et le respect des droits fondamentaux.
FIFAfrica26 a également offert une tribune aux organisations de la société civile, aux chercheurs, aux entrepreneurs et aux acteurs de l’innovation pour présenter des initiatives illustrant le potentiel des technologies à booster la transparence, à élargir la participation citoyenne et à favoriser l’inclusion sociale et économique.
Le forum s’est clôturé par le lancement de l’édition 2026 du rapport State of Internet Freedom in Africa, qui analyse la manière dont la transformation numérique redéfinit les relations entre les États et les citoyens. Le document a été officiellement lancé lors de la cérémonie de clôture par le ministre des Technologies de l’information et de la communication, Avinash Ramtohul.
Cette année, le rapport se penche sur les infrastructures publiques numériques (DPI) et leurs implications pour les droits numériques, la gouvernance démocratique et la participation citoyenne. Alors que le débat sur les DPI s’est principalement concentré sur la conception technique, l’efficacité économique et la prestation de services, le rapport accorde une attention particulière aux enjeux liés aux droits humains dans leur gouvernance et leur mise en œuvre.
Pour Mahendranath Busgopaul, secrétaire général du Halley Movement, l’avenir numérique du continent doit être façonné collectivement. « L’avenir numérique de l’Afrique est entre nos mains et nous devons nous investir pour le façonner. Les décisions que nous prenons en matière de transformation numérique, d’inclusion, de protection et d’accès détermineront la nature des sociétés numériques que nous construirons demain », a-t-il souligné.
Il estime, par ailleurs, que la tenue de FIFAfrica26 à Maurice constitue une occasion de faire entendre l’expérience mauricienne dans le débat continental, tout en permettant de tirer des enseignements des autres participants. L’objectif : contribuer collectivement à la construction d’un avenir numérique adapté à la diversité des réalités africaines.

