Monde du travail : Comment concilier la pénurie de main-d’œuvre et le taux de chômage

Alors que le pays comptait, fin 2022, 38 800 sans-emploi dont 67% étaient en quête d’un job depuis plus d’un an, les employeurs, eux, à l’instar du secteur de l’IT qui peine à recruter, sont confrontés à une pénurie de main-d’œuvre. Qu’est-ce qui cloche et comment concilier ce paradoxe ?

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Adilla Diouman-Mosafeer, fondatrice de Talent Lab et HRM Consultant and Strategist, fait ressortir qu’une des raisons derrière cette difficulté de recruter aujourd’hui est que les besoins des chercheurs d’emploi ont changé.

« Chaque personne donne un sens différent au travail. Si pour certains, c’est le salaire avant tout, pour d’autres, surtout depuis le Covid-19, c’est davantage un travail où ils peuvent s’épanouir et qui leur permet cet équilibre entre travail et vie personnelle ».

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Elle confie que les employeurs doivent peut-être évoluer en fonction. Pour régler le problème, croit-elle, il importe des actions de la part des décideurs politiques, des universités et de l’industrie. « Si les trois ne formulent pas ensemble des stratégies pour régler ce problème, nous serons comme Dubayy avec des expatriés ».

Pradeep Dursun, Chief Operating Officer (COO) de Business Mauritius, fait pour sa part comprendre que les emplois évoluent.

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« Les postes requièrent aujourd’hui d’autres compétences. Souvent, l’Éducation nationale et le secteur de formation n’arrivent pas à suivre la tendance. Il y a toujours un décalage entre les demandes de l’industrie et ce que produisent les institutions de formation ». Il précise par ailleurs que parmi les chômeurs, pas tous sont chercheurs d’emploi.

« Il n’y a pas assez de personnes qui veulent travailler. Et parmi les chercheurs d’emploi, beaucoup n’ont pas les compétences de base et ont de fait fini par arrêter de rechercher un emploi ». Il souligne l’importance que chaque jeune qui sort du collège soit formé pour le monde du travail.

Mubarak Sooltangos, consultant en affaires et stratégie, pointe « un véritable mismatch entre les jobs en grande demande et ce que les Mauriciens veulent faire. On se trouve dans la situation où les Français et les Anglais étaient 50 ans de cela, où leur population rechignait certains travaux, ce qui avait provoqué l’importation massive de travailleurs issus des colonies ».

Il estime que dans plusieurs secteurs, notamment le textile, la construction et les travaux publics, la différence de productivité entre étrangers et Mauriciens est indéniable.

Retrouvez l’article au complet dans l’édition du Mauricien du 11 mai.

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