La contestation portée devant la Cour suprême par 243 chauffeurs de taxi contre la présence d’Uber à Maurice ne fait pas l’unanimité dans le secteur. À contre-courant, certains professionnels, notamment ceux liés à la plateforme Ala-lila Taxi, y voient plutôt une évolution favorable du métier.
Pour Asraf Ali Ramdin, secrétaire de la General Taxi Owners’ Union, les retombées de ce changement sont déjà « visibles ». Il évoque une amélioration tangible de l’activité, marquée par une inversion des habitudes. « Aujourd’hui, ce sont les passagers qui viennent vers les taximen », a-t-il soutenu, décrivant un fonctionnement plus dynamique.
Asraf Ali Ramdin est d’avis que ce modèle profite à toutes les parties concernées. « Il s’agit d’une formule avantageuse aussi bien pour les usagers que pour les chauffeurs, sans oublier la société Logidis, chacun y trouvant un intérêt », a-t-il dit. Le syndicaliste insiste également sur le fait que cette nouvelle approche se distingue des premières expériences de plateformes de transport dans le pays. Et de rappeler qu’à l’époque, vers 2017-2018, les conditions d’accès à Uber étaient beaucoup moins strictes, permettant à un large public de s’y inscrire. Le dispositif mis en place en 2026 est, selon lui, mieux structuré.
Enfin, Asraf Ali Ramdin a précisé que cette initiative vise surtout à attirer une nouvelle génération vers le métier et à préparer la relève. Il a souligné que le projet ne s’adresse pas en priorité aux chauffeurs les plus âgés.
D’autres chauffeurs ayant fait l’expérience de cette nouvelle application y voit des avantages. « Se pa ou ki al rod travay lor la plas taxsi, se travay ki vinn anver ou », affirme un chauffeur basé dans l’est de l’île. Tandis qu’un autre confrère met l’accent sur la sécurité. « Mon père s’est déjà fait attaquer par un pseudo client. Avec cette application, les chauffeurs sont en sécurité. » Et de poursuivre : « S’il y a un problème, nous appuyons sur le SOS de l’application alors que la voiture est dotée d’un GPS pour établir où nous sommes. Même le client peut partager sa géolocalisation s’il se sent en danger. »
Pour ceux qui ont opté pour Uber, les contestataires font « fausse route » car c’est seulement les taxis enregistrés qui opèrent pour les courses, et pas les particuliers.

