– Trois condamnés sur quatre ne sont pas à leur premier séjour en prison
Le maintien d’un détenu dans les établissements pénitentiaires à Maurice a coûté en moyenne Rs 1 010 par jour à l’État en 2025, contre Rs 934 en 2024. Cette hausse du coût de détention intervient dans un contexte marqué par une progression de certains indicateurs liés à la criminalité, notamment les infractions liées aux drogues, les procédures judiciaires et la récidive.
Les chiffres de Statistics Mauritius rendus publics hier, montrent que la majorité des adultes admis en prison en 2025 avaient déjà eu affaire au système carcéral. Sur les 5 597 adultes condamnés et incarcérés durant l’année, 4 165 personnes, soit 74,4 %, étaient des récidivistes ayant déjà été emprisonnées auparavant, indépendamment de la période écoulée depuis leur précédente condamnation. Ainsi, l’État a dépensé plus de Rs 5,6 millions par jour (5597 x Rs 1 010), en 2025 pour maintenir les personnes incarcérées à travers Maurice.
Parallèlement, la charge sur le système judiciaire s’est aussi accentuée. Les dossiers transmis par le bureau du Directeur des Poursuites Publiques à la Cour intermédiaire et à la Cour suprême ont bondi de 48,3 %, passant de 538 affaires en 2024 à 798 en 2025.
Dans les tribunaux, le nombre de dossiers criminels déposés est passé de 74 384 à 78 189, soit une hausse de 5,1 %. Toutefois, le nombre de dossiers traités a diminué durant la même période, passant de 77 909 à 73 797, une baisse de 5,3 %, ce qui pourrait contribuer à une accumulation des affaires en attente.
Concernant les mesures alternatives à l’emprisonnement, les Probation Orders ont fortement reculé, avec une baisse de 64 %, passant de 50 en 2024 à 18 en 2025. En revanche, le recours aux travaux communautaires a progressé de 22,2 %, avec 413 personnes concernées en 2025 contre 338 l’année précédente.
Par ailleurs, le nombre d’infractions signalées à la police, à l’exception des contraventions, a connu une légère hausse. Il est passé de 53 331 cas en 2024 à 53 867 en 2025, soit une progression de 1 %. Cette augmentation est principalement attribuée aux infractions liées aux actes impliquant des drogues ou autres substances psychoactives, en hausse de 12,3 %, passant de 4 373 à 4 913 cas.
À l’inverse, certaines catégories de délits ont enregistré une baisse. Les infractions liées aux atteintes aux biens (Acts Against property) ont notamment diminué de 11,4 %, passant de 13 519 cas en 2024 à 11 981 en 2025.
Sur le front routier, les chiffres traduisent une évolution plus préoccupante. Les contraventions routières, incluant les Fixed Penalty Notice, ont augmenté de 11,1 %, passant de 317 144 à 352 296 infractions. L’excès de vitesse figure parmi les principales hausses enregistrées, avec une progression de 25,4 %, soit un passage de 72 109 à 90 428 cas en un an.
Le nombre de personnes soupçonnées, arrêtées ou faisant l’objet d’une mise en garde (Cautioned) dans le cadre d’enquêtes criminelles a également légèrement progressé, passant de 28 858 en 2024 à 28 966 en 2025, soit une hausse de 0,4 %. Le nombre de personnes poursuivies a, lui, augmenté de 2,3 %, passant de 25 877 à 26 478.
Ces données de Statistics Mauritius dressent le portrait d’un système confronté à plusieurs défis comme hausse du coût carcéral, poids important de la récidive, progression des délits liés aux stupéfiants et augmentation de la pression sur les tribunaux.

