Intervenant vendredi soir au siège de la United Basalt Products (UBP) à Trianon, Vincent d’Arifat, le président sortant de l’Association of Mauritian Manufacturers (AMM), a rappelé l’urgence de la « visibilité et de la stabilité de la politique industrielle nationale ». Il a ainsi rappelé l’ambition de l’AMM de hausser la contribution au PIB, soit à au moins 23 %. C’était lors de la célébration des 18 ans de cette organisation à laquelle a participé Cader Sayed-Hossen, ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Protection des consommateurs. Cet événement a également été témoin de la naissance du logo « Made in Moris », présent désormais sur les produits locaux.
Afin que l’emploi et la création de richesse soient au rendez-vous de façon durable, l’AMM, qui a célébré vendredi ses 18 ans, a rappelé par la voix de son président sortant, Vincent d’Arifat, les ambitions de son association. Il a fait un appel aux industriels locaux pour que leur contribution au PIB atteigne au moins 23 %. « Pour ce faire, il faudra se concentrer sur le savoir-faire traditionnel ainsi que sur le développement d’industries émergentes notamment l’ingénierie, le secteur médical, entre autres », a expliqué M. D’Arifat lors de son discours de circonstance. Pour atteindre cet objectif, la présence d’investisseurs étrangers et locaux est primordiale. Cependant, l’intervenant reste réaliste. « Nous savons que 2013 sera pour la plupart de nos entreprises, une épreuve pour l’activité, une épreuve pour leur développement. Déjà en 2012, le taux de croissance du secteur industriel a marqué le pas à 2 % en moyenne », dit-il. Il est d’avis que l’État a un rôle primordial à jouer afin de déjouer la concurrence, qui gagne du terrain, par divers moyens « insidieux ». Et de rappeler dans la foulée que l’AMM continuera à défendre un minimum de « residual duty » sur les produits sensibles fabriqués à l’île Maurice.
Vincent d’Arifat a également salué la décision de Xavier-Luc Duval, ministre des Finances contenue dans le budget 2013, précisément sur la baisse des droits de douanes sur les produits fabriqués localement. « Cette mesure donne une meilleure visibilité aux investisseurs industriels », affirme-t-il. Le président sortant a également insisté sur la présence des produits mauriciens en Afrique. « D’ici 2015, en effet, 70 % des économies à la croissance la plus rapide seront africaines et nous avons une expertise transposable sur ces marchés. » Par ailleurs, a soutenu l’intervenant, « notre port doit devenir l’outil le plus performant de la région et un hub de transbordement incontournable. Nous sommes heureux de constater qu’il y a un vent de changement dans notre productivité portuaire. Il est impératif que cet élan continue afin de mettre en place les stratégies commerciales et marketing nécessaires pour attirer les grandes lignes maritimes à utiliser Port-Louis comme port d’éclatement sur la région. Et la partie est loin d’être gagnée car nous sommes un tout petit caillou isolé au milieu de l’océan Indien, bien placé, certes. Tout reste à faire pour créer un corridor maritime dans la zone Sud Ouest de l’océan Indien, en interface entre l’Afrique et l’Asie ».
“Made in Moris”
Dans le but de faciliter l’accessibilité aux produits mauriciens ainsi que leur visibilité, l’AMM a rappelé vendredi la naissance des produits « Made in Moris ». Depuis ce week-end, les produits locaux arborent désormais un logo commun. Une organisation qui vise à reprendre des parts de marchés à l’importation. « C’est un défi majeur pour le secteur manufacturier local », affirme M. d’Arifat. Un projet mis en place par l’AMM avec la collaboration de la Chambre de commerce et d’industrie de Maurice. « Nous poursuivons un double objectif. Premièrement, influencer positivement le consommateur dans sa décision d’achat à préférer un produit fabriqué localement et deuxièmement, assurer la pérennité de notre tissu industriel. » Et d’avancer : « Si nous sommes dans des secteurs différents, notre efficacité globale est tributaire du poids total de l’industrie. Nous avons donc tous intérêt de près ou de loin à avoir un secteur manufacturier florissant et grandissant. C’est effectivement en influençant positivement les mentalités et les perceptions des consommateurs mauriciens que nous réussirons en partie à faire augmenter la demande pour les produits fabriqués localement. »
Intervenant également à cette occasion, Cader Sayed-Hossen a soutenu que les autorités mauriciennes agiront en tant que facilitateurs. « Nous sommes confiants qu’en dépit des différences de marché, nous passerons le cap avec une croissance », a-t-il lancé tout en rappelant son ambition d’améliorer le climat des affaires. C’est Gérard Boullé qui occupe désormais le poste de président de l’AMM. Rappelons que M. D’Arifat a occupé le fauteuil de président pendant quatre ans.