C’est à la suite de la réforme institutionnelle promulguée le 20 octobre 1947 par le gouverneur Donald Mackenzie-Kennedy que les premières élections générales démocratiques se sont tenues à Maurice. Avant cela, seuls les hommes formant partie de l’élite du pays avaient le droit de voter. Avec ce changement, le droit de vote a été étendu aux femmes et à tous les résidents mauriciens qui pouvaient lire et écrire. Ces élections se sont tenues le lundi 9 et le mardi 10 août 1948.
Malgré leur portée historique, les élections de 1948 n’ont pas suscité un grand enthousiasme, si l’on en croit les journaux de l’époque, Le Cernéen et Le Mauricien. Elles se sont déroulées après une longue période de disette, le précédent scrutin ayant eu lieu en 1936.
Les élections de 1948 sont placées sous le signe de la Constitution de 1947, considérée comme une avancée démocratique : les femmes, au même titre que les hommes, obtiennent le droit de vote. Le nombre d’électeurs passe de 11,844 à 71,181. À l’issue de cette législative revisitée, le premier Conseil Législatif siège le 1er septembre. Mais le cheminement pour en arriver là a été long et pénible.
C’est d’abord sous l’administration du gouverneur John Pope Hennessy (1883-1886 et 1888-1889), que les prémices de la décolonisation de Maurice sont jetées. Il veut “mauricianiser” le système constitutionnel du pays, lui donnant un Conseil représentatif. Son slogan : “Maurice aux Mauriciens.” Son projet pour une nouvelle Constitution crée pas mal de remous, mettant en opposition ceux qui sont en faveur de la réforme et les anti-réformistes. Une polémique qui suscitera pas mal de passions au sein de la population entre les “démocrates”, sous la férule de Sir Célicourt Antelme, et les “oligarques, dirigés par William Newton et Virgile Naz.