Il y a du bon et du moins bon à l’occasion du premier rendez-vous de ce week-end international qui se déroula devant une foule moyenne et relativement timide par rapport aux précédentes éditions. La compétition était partagée dans l’ensemble puisque sept jockeys ont inscrit leur nom au tableau des vainqueurs. Maxime Guyon a été le seul à s’offrir le doublé, et ce, pour le compte de l’écurie Foo Kune. Cette performance lui permet de terminer la journée en tête au tableau individuel avec 23 points et de porter l’équipe Mitavite également vainqueur avec Ahmed Ajtebi sur Desert Sheik en tête au combiné. Les bonnes surprises sont venues de José de Souza (Kowloon Bay), Edouardo Pedroza (Benjamin Brush et Sandesh Akhade (Lord Al), tandis que Rye Joorawon et Akash Aucharaz ont fait flotter le drapeau mauricien grâce à Steel Of Approval et Rear Admiral respectivement. Au classement par équipes, toutes se tiennent de près. Mitavite arrive en tête avec 34 points devant Chili (33 points), Emtel (31 points) et SMS Pariaz (30 points). Au bas du tableau, on retrouve Johnny Geroudis avec 2 petits points.
La première manche du championnat revint à Edouardo Pedroza de l’équipe SMS Pariaz qui était associé à Kowloon Bay. Ce dernier qui avait couru en progrès à sa dernière tentative, fit mouche à l’issue d’une sage course d’attente pour s’adjuger The Fashion Editor Cup, coupe offerte en l’honneur de l’ancien pensionnaire de l’écurie Rousset. De cette course, on retiendra l’allure sélective de Dream In Combat qui eut vite fait de creuser l’écart. A mi-course, le meneur comptait environ 6L sur Young Royal qui menait le peloton. On fut surpris de voir le favori Captain Matthew qui avait hérité de la deuxième ligne évoluer en épaisseur dans le premier tournant ainsi que dans la dernière courbe. Ce qui explique qu’il manqua de punch pour finir. Son cavalier Ahmed Ajtebi, critiqué plus tard par quelques professionnels des courses, posa même les rênes sur la fin. Kowloon Bay qui avait longtemps été aperçu en dernière position, donna, lui, un joli coup de reins pour dominer Dream In Combat sur la fin. En regardant les résultats, on peut conclure que le représentant de l’écurie Mahess Ramdin aurait pu tenir jusqu’au bout si son cavalier avait mieux dosé ses efforts, car seul Kowloon Bay le rattrapa.
SMS Pariaz team brilla à nouveau avec Rye Joorawon qui était en selle sur Steel Approval, 11 ans, qui restait sur une convaincante victoire acquise deux mois plus tôt. On craignait que sa huitième ligne soit difficile à surmonter, mais l’élève de Raj Ramdin surmonta ce handicap avec une certaine autorité malgré l’insistance de Smitten à son intérieur sur le premier furlong. Une fois les choses en main, Joorawon laissa souffler sa monture dans la descente. Billy Bojangles qui tirait, fut déboité pour se rapprocher à l’extérieur de Smitten. Le meneur haussa garduellement le ton à partir de la route avant d’accélérer franchement dans la ligne d’arrivée. L’issue ne fit pas longtemps de doute. Steel Of Approval se détacha irrésistiblement pour laisser sur place ses rivaux. Glory Boy émergea du peloton sur le tard pour offrir à José de Souza 4 précieux points, suffisants pour qu’il partage la tête avec Joorawon. L’équipe SMS Pariaz totalisait déjà 17 points devant Emtel (15 points). Les autres équipes n’avaient pas récolté le moindre point après les deux premières manches.
Benjamin Brush cause la surprise
SMS Pariaz Team creusa l’écart dans la troisième course avec la victoire de Edouardo Pedroza sur Benjamin Brush et la quatrième place de Paul Mulrennan sur Leo’s Rush. Ce dernier fournit un effort pour s’emparer du commandement devant Tobeastar sur lequel il comptait cinq bonnes longueurs à 600 mètres de l’arrivée. A l’entrée de la ligne droite finale, le meneur semblait pouvoir aller plus loin, car il était toujours en main, tandis que ses adversaires étaient déjà lancés. Benjamin Brush qui n’avait pas réalisé de performance significative à ce jour sur notre hippodrome, trouva les ressources nécessaires sous la conduite de Pedroza pour remonter Leo’s Rush avant de résister au retour de Generous Gent. Ce dernier fut enfermé dans l’emballage final et dut changer de trajectoire à mi-ligne droite afin de pouvoir prolonger son effort jusqu’au bout. Dans l’action, il bouscula Tobeastar qui n’avançait plus. Kaafel réalisa, lui, une fin de course honorable au milieu de la piste pour compléter le podium, offrant ses premiers points à l’équipe Chili.
C’était probablement le déclic qu’il fallait à cette équipe, car elle s’adjugea la course suivante grâce à Sandesh Akhade qui pilotait Lord Al. Une victoire célébrée par le saut de l’ange, une signature de Lanfranco Dettori. Il y eut une bousculade sur la partie initiale, car chacun voulait obtenir la meilleure position possible. Lord Al en profita pour se placer à la corde dans le dos de Golden Sheik. Act Of Valor fut condamné en épaisseur et perdit même sa position aux abords de la route. Le représentant de l’écurie Gujadhur fut ainsi contraint d’aborder la dernière courbe en épaisseur complètement. Win A Million était déjà lancé à son intérieur, tandis que Lord Al ne mit pas longtemps à prendre l’avantage sur Golden Sheik. Secret Traveller fit impression à la corde, mais Damien Oliver fut peu convaincant sur la nouvelle unité de l’écurie Jean Michel Henry.
La cinquième épreuve vit un podium exclusivement Français avec sur la plus haute marche Maxime Guyon qui pilotait Eagle Award. Cédric Ségeon avait pourtant bénéficié d’un parcours de rêve à l’avant. On s’étonna d’ailleurs qu’aucun de ses adversaires, particulièrement Cula et  Deux Fabuleax, dont les jockeys étaient conscients qu’il serait difficile à remonter si on le laissait faire, ne lança une offensive dans la descente couverte en 24.13 (entre les 1000m et les 600m). La course fut finalement réduite à un sprint sur 600 mètres. On savait alors que les chevaux comme Parado, Cula ou Blue Lord n’auraient pas la partie facile. En revanche, Eagle Award qui est plus un Miler, fit la meilleure impression dans l’emballage final pour remonter Lion’s Print. C’était la première victoire pour Team Mitavite qui récidiva dans l’épreuve suivante.
The Sugar Beach Cup ne livra pas de surprise, car elle vit la victoire de Desert Sheik qui était le meilleur du lot et qui était avantagé au handicap. Il nous revient qu’après la course de Count Emmanuale Ricky Maingard était allé à la rencontre des commissaires, car il estimait après la prestation d’Ajtebi sur son cheval que l’Emirati n’était pas en état pour pouvoir tenir ses engagements sur son partant dans l’épreuve principale. L’entraîneur brilla par son absence dans le paddock pour seller les chevaux et pour les dernières instructions. Après s’être entretenu avec le principal concerné, les Racing stewards ont trouvé que le jockey était lucide et ses montes ont été maintenues. Malgré une monte peu académique, Ahmed Ajtebi fit l’essentiel pour mener ce fils de Trippi à sa première victoire sur notre turf. Maestro’s Salute employa sa tactique favorite, soit celle de la course à l’avant, mais il montra ses limites sur 1500m. Il n’a toutefois pas à rougir de cette défaite, il affrontait un lot nettement plus relevé et était désavantagé au handicap par rapport au vainqueur qui le précéda par moins d’une longueur à l’arrivée. Le plus malheureux de la course se nomme Bottom Dollar qui vit le passage entre Maestro’s Salute et Azapel se refermer devant lui à environ 50m du but. Le coursier de l’écurie Gujadhur piloté par Paul Mulrennan suivit dans le dos du meneur et porta son attaque à l’entrée de la ligne droite. Il mit le nez à la fenêtre à 100m du but, mais il se fit coiffer au poteau par Desert Sheik.
Rear Admiral surprend Nordic Warrior
Il était donné comme grand favori de The Bonny Air Travel Trophy puisqu’il demeurait sur cinq victoires consécutives. C’est Rear Admiral piloté, par l’apprenti Aucharaz, qui mit fin à la belle série de Nordic Warrior. Ce dernier fut sollicité pour s’emparer du commandement, car Rear Admiral et Freedom furent également mis sous pression par leurs cavaliers prespectifs. En se rabattant à la corde, il incommoda Rear Admiral qui gêna à son tour Unbridled Joy. Le jockey indien fut warned pour careless riding sous le Rule 160 (e). Une fois en tête, Sandesh Akhade démontra sa science dans la course à l’avant et régla le pas de sa monture à sa guise. Unbridled Joy se rapprocha au bas de la descente, mais Rear Admiral ne se laissa pas faire. Cela eut pour effet de durcir l’allure. Nordic Warrior aborda la ligne droite finale sous la menace de Rear Admiral, mais on le pensait capable de résister à l’assaut du gris jusqu’au bout. Aucharaz démontra l’étendue de son talent sur le gris de l’écurie Rousset qui força la différence sur la fin. L’on peut penser que c’est surtout le dead weight porté par le favori en raison du poids plume de son jockey qui a joué contre lui, mais le vainqueur également avait pas mal de dead weight, car Aucharaz monte généralement à 52kg. Ce succès permit à l’équipe
Après Eagle Award, Maxime Guyon s’est encore illustré sous les couleurs de l’écurie Foo Kune, cette fois sur Yoda Man qui aura finalement été le seul grand favori à s’imposer au cours de cette journée — Desert Sheik était délaissé pour passer co-favori avec Donnie Brasco. Joyful qui s’était fait de nombreux partisans — il était passé de Rs 3000 à Rs 1000 —, tenta le pillar to post, mais Guyon montra sa classe pour permettre à Yoda Man de prendre l’avantage. Les déceptions de la course sont Ted Bassett et Cools Style qui se montrèrent moins percutants que prévu. Grâce à son doublé, Maxime Guyon passe en tête au classement individuel avec 23 points, mais il propulse également l’équipe Mitavite aux commandes dans la compétition par équipes avec un total de 34 points.