La Mauritius Port Authority (MPA) a engagé des procédures en vue de la construction d’un port de pêche capable d’abriter jusqu’à 120 navires à Fort William, a annoncé hier le président de la MPA, Ramalingum Maistry. Ce projet fait déjà l’objet d’études préliminaires, lesquelles ont été confiées à CWP Engineering FZ LLC (CWP) en association avec Gibb (Mauritius) Ltd et GlobOcean depuis novembre dernier, et ce pour un montant de Rs 22 M.

Selon le président de la MPA, le contrat des consultants comprend la planification et la conception préliminaires des facilités, la préparation du rapport EIA pour le projet et les études de terrain et de sols, entre autres. Ils auront également pour tâche de préparer des documents d’appel d’offres et d’assister les autorités lors de l’évaluation des offres et, finalement, d’assurer la supervision des travaux.

Le nouvel espace portuaire disponible à Fort William, visible à partir de l’autoroute, a été créé à partir de matériaux recueillis lors des travaux de dragage devant le port de conteneur. Il occupe actuellement une surface de l’ordre de 40 hectares. Le projet de création du port de pêche, explique le président de la MPA, comprend la construction d’un brise-lames au nord de la zone à Fort-William. Ce brise-lames fournira un bassin tranquille pouvant abriter environ 120 navires de pêche en mer en dehors de la saison de pêche. Le développement comprend également la construction d’un quai d’une longueur de 300 mètres ainsi que des infrastructures et installations nécessaires pour entretenir les navires de haute mer et leurs équipements de pêche.

La création du brise-lames et du bassin tranquille permettra de dégager des agrégats, qui seront utilisés pour le remblaiement d’une superficie de 10 hectares, qui s’ajouteront aux 40 hectares existant. Les nouvelles facilités portuaires, qui nécessiteront des investissements de Rs 2,2 milliards, permettront de rassembler tous les navires de pêche qui sont actuellement éparpillés dans différentes régions portuaires, dont Trou-Fanfaron et le Caudan. Celui de Trou-Fanfaron, qui sera libéré, s’ajoutera à l’espace culturel qui sera créé dans cette zone portuaire. En plus de l’Aapravasi Ghat, il comprendra le musée de l’esclavage et d’autres projets culturels.

Outre le port de pêche, la zone de Fort William accueillera plusieurs autres projets portuaires, dont un “dry dock” qui s’ajoutera aux deux autres, qui existent déjà. Par ailleurs, une route reliera l’échangeur du Caudan à la région de Fort William.

D’autre part, le rapport concernant l’Island Terminal sera soumis à la fin du mois. « Ce document nous indiquera la voie à suivre pour la concrétisation de ce projet. Nous consulterons alors le gouvernement, qui connaît les impératifs de ce projet, qui doit répondre à deux problèmes. Avec le changement climatique, il nous faut en effet prendre des mesures pour préserver nos acquis. Ainsi, le terminal flottant (“island terminal”) servira de brise-lames et créera un bassin tranquille devant les quais du “container terminal”. La profondeur de ce bassin, qui est de 16,5 mètres, sera portée à 18 mètres, ce qui nous permettra d’accueillir des porte-conteneurs encore plus importants. Quant à l’Island terminal, il disposera de 1,2 kilomètre de quais. L’île sera reliée à la terre par un pont. Il reviendra au gouvernement de décider du type de financement qui sera utilisé », explique Ramalingum Maistry. Ce projet nécessitera des investissements de l’ordre de USD 800 M.

En ce qu’il s’agit du port de croisière, la MPA se propose de lancer des appels d’offres internationaux, car n’étant pas satisfaite des offres reçues jusqu’à maintenant. Le projet devrait coûter quelque Rs 750 M. Les documents ont déjà été soumis au Central Procurement Office. « Si tout marche comme prévu, les constructions devraient démarrer en mai prochain », observe M. Maistry.

Le président de la MPA a aussi évoqué le recrutement de personnel qualifié. Ainsi, 32 jeunes, âgés de 18 à 25 ans, ont été embauchés et sont actuellement en formation concernant les rudiments des activités maritimes. Ils obtiendront leur diplôme au bout de 18 mois et seront en mesure de travailler dans les compagnies portuaires. De plus, dans le cadre du Young Graduate Scheme, une vingtaine de gradués ont été exposés au milieu professionnel.