ABAIM a fêté en 2012 ses 30 années d’existence. Pour cette association qui n’a pas cessé d’évoluer depuis sa création, les célébrations sont à l’agenda. Ses membres sont toutefois déçus que le dernier album de la section musicale du groupe n’ait pas eu l’autorisation de la MASA pour être mis sur le marché.
“Ces 30 ans sont un grand accomplissement dans la vie associative, à la fois pour notre organisation et pour notre pays”, affirme Alain Muneean, un des membres fondateurs de l’ONG. “C’est une grande fierté pour nous”, ajoute Marousia Bouvéry, membre d’ABAIM. Aurélie Eléonore, celle-là même “ki pik séga” dans le morceau Ti marmit, est également fière de faire partie de cette association qui l’a vue évoluer en une jeune femme épanouie. “Grâce à ABAIM, je suis devenue ce que je suis aujourd’hui. Je suis fière d’avoir été là pendant toutes ses années et de pouvoir aider les enfants à mon tour. Je suis heureuse qu’ABAIM fête sa trentième année d’existence.”
Évolution.
L’Association pour le Bien-être des Aveugles de l’Île Maurice (ABAIM) a commencé son combat il y a 30 ans, avec comme objectif de proposer des activités aux aveugles et aux malvoyants. “Kan ou mazinn developman dimounn, ou pa kapav guet li zis sou enn langl, si ou anvi ou kapav efikas dan ninport ki domenn si ou pa guet a kote. Nou finn solisite an partikilie par bann zanfan et nou finn trouve ki ena enn beswin”, souligne Alain Muneean.
Aujourd’hui, l’organisation comporte plusieurs branches. ABAIM s’est fait un nom dans l’accompagnement scolaire d’enfants en difficulté et mène depuis longtemps un combat pour que le bhojpuri et la langue créole soient reconnus à leur juste valeur.
Musique.
ABAIM, le groupe de musique qui existe depuis une vingtaine d’années, a permis de donner davantage de visibilité à l’association. Les recettes des albums pédagogiques ont été intégralement reversées sur le compte de l’association. L’album 16 ti morso nou lanfans, lancé en 2002, a marqué les esprits surtout grâce au morceau Ti Marmit, qui pourrait en quelque sorte être l’hymne d’ABAIM.
L’initiation des enfants à la musique fait également partie des attributions de l’ONG. ABAIM a d’ailleurs été un des premiers à encourager l’apprentissage en passant par le médium de la musique.
Marousia Bouvéry confie que ce qui a fait tenir l’association, ce sont “les valeurs que tous nos membres chérissent et que les membres fondateurs ont continué à inculquer tout au long de ces 30 années. ABAIM, se enn aprantisaz permanan, enn dekouvert, enn partaz.” Tous les membres vous le diront : ABAIM est avant tout une famille où l’entraide est reine.
Album en suspens.
Ce trentième anniversaire d’ABAIM est cependant entaché d’une interdiction de la MASA de sortir leur dernière oeuvre musicale. Le litige concerne les morceaux Head, Shoulders, Knees And Toes, There’s A Hole In My Bucket, This Old Man et If You’re Happy And You Know It. Alain Muneean n’en revient pas : “Zot pe dir nou al rod permision avek bann oter. Si enn sosiete d’oter limem pena sa kapasite pou al rod sa, be ki zot pe fer la ? Il est ridicule d’empêcher les gens de traduire des morceaux qui sont enregistrés comme des folk songs. Il y a une méconnaissance totale de la MASA, qui nous a fait rater la sortie d’un album qui aurait été dédié aux enfants à la rentrée 2013.” Il souligne qu’ABAIM décidera de la marche à suivre à tête reposée après les fêtes.