Poursuivi pour le meurtre de sa compagne, Veenoo Naiko, en février 2012, Sanjeev Ramessur a comparu aux Assises ce matin. Le juge Benjamin Marie Joseph a rejeté sa motion pour sa remise en liberté conditionnelle. Il a fait ressortir que, compte tenu du grave délit pour lequel il est poursuivi, les risques qu’il ne se présente pas en cour sont bien réels. Le tribunal a aussi fait ressortir qu’il n’attend que l’échange des documents pour fixer la date du procès, avant d’affirmer que l’accusé sera jugé « dans un délai raisonnable ».
Le 24 juin dernier, Me Raj Baungally, représentant du Parquet, avait objecté à la motion de la défense. Pour soutenir ses arguments, un des enquêteurs ayant procédé à l’arrestation de Sanjeev Ramessur, M. Vencatachellum, était venu témoigner en Cour. La Cour d’assises a ainsi retenu les quatre points d’objection avancés par la police pour la remise en liberté conditionnelle de l’accusé. La police appréhende en effet d’abord qu’il ne comparaisse pas en Cour une fois en liberté, car une charge de meurtre pèse sur lui. « I note that the applicant stands charge with the serious offence of murder, which carries life imprisonnement and experience has shown that suspects or even convicted persons faced with the prospect of long terms of imprisonment for serious offences have absconded despite conditions of bail imposed on them », a souligné le juge. Entre autres raisons évoquées par la défense pour soutenir sa motion, Me Rama Valayden avait expliqué que cela fait plus de deux ans que son client est en détention et qu’il atteindra bientôt le seuil des 30 mois évoqué dans la Constitution. L’homme de loi a fait allusion à plusieurs autres procès de meurtre où les accusés ont obtenu la liberté conditionnelle. La Cour a cependant indiqué qu’à ce stade, la Cour n’attend que l’échange des documents entre la poursuite et la défense pour fixer la date du procès et que « it cannot be said that the applicant will be tried within a reasonable time and that consequently he is likely to face a prolongation of his detention in breach of his constitutional rights to liberty and to be tried in a reasonable time ».
Le taximan Sanjeev Ramessur, plus connu sous le sobriquet de “34”, a été arrêté le 25 février 2012 et a avoué le meurtre de sa compagne. Il avait confié aux hommes de l’Assistant-surintendant de police Daniel Monvoisin avoir commis son crime car étant persuadé que sa concubine lui était infidèle. La Western Division de la CID n’avait pas eu grand mal à appréhender le suspect, qui avait subitement disparu de la circulation avant même la découverte du corps de Sunita Naiko. Après un interrogatoire serré, le taximan est passé aux aveux, expliquant avoir agi par « jalousie ». Après son arrestation, Suraj Ramessur a été provisoirement inculpé de l’assassinat de Sunita Naiko. Il est toujours en détention. Veenoo Naiko avait été retrouvée nue sous une couverture à son domicile, Route-Bassin, à Quatre-Bornes. Elle avait alors la tête dans une cuvette d’eau et une serviette nouée autour du cou. L’examen post-mortem, effectué par le Principal Police Medical Officer, le Dr Maxwell Monvoisin, avait révélé que Sunita avait été victime d’une strangulation.