Commentant le verdict d’acquittement de la Cour d’appel dont a bénéficié Pravind Jugnauth dans l’affaire MedPoint, Paul Bérenger estime que par certains aspects, ce jugement donne à penser que dans certaines circonstances, il pourrait être difficile d’établir en droit un cas de conflit d’intérêts, “même si tout concourt à faire penser que l’accusé est effectivement coupable”. D’où l’utilité, selon lui, d’amender la présente disposition de la Prevention of Corruption Act (PoCA) relative aux cas de conflit d’intérêt. Le chef de l’opposition ne se prononce par ailleurs pas sur l’utilité ou pas pour le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) d’interjeter appel auprès du Conseil Privé. Il laisse au DPP décider librement de son choix en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés sous la Constitution.
Paul Bérenger dit comprendre parfaitement le sentiment de soulagement que ressent Pravind Jugnauth de même que ses proches à la suite du prononcé du verdict d’acquittement de la Cour d’appel, mercredi, après sa condamnation en première instance par la Cour intermédiaire pour conflit d’intérêt dans l’affaire MedPoint. Le leader de l’opposition trouve néanmoins que “with due respect to the Court”, ce jugement en appel du chef juge, Keshoe Parsad Matadeen, et du juge Asraf Caunhye ne doit en rien donner l’impression qu’il n’y a jamais eu d’affaire MedPoint.
Le leader des mauves parle à ce propos de “celui qui, après avoir perdu la mémoire et avoir été suspendu de la fonction publique, a tranquillement réintégré son poste”. La “profonde indignation” qui perdure de manière générale autour de cette affaire MedPoint est amplement “justifiée”. Paul Bérenger trouve que certains aspects du jugement de la Cour d’appel donnent à penser que dans certaines circonstances, il pourrait être difficile d’établir un cas de conflit d’intérêt.
 D’où l’utilité, selon lui, d’un dépoussièrage de la disposition de la PoCA traitant des cas de conflit d’intérêt. “Au MMM, nous prenons l’engagement d’amender cet aspect de la loi”, déclare le chef de l’opposition. Paul Bérenger ne se prononce en revanche pas sur l’utilité pour le DPP de faire appel auprès du Privy Council. “Connaissant les pouvoirs constitutionnels du DPP en la matière, nous lui laissons le libre choix de décider”, dit-il.
Enchaînant avec l’affaire Augusta Westland qui retient ces jours-ci l’attention, le leader des mauves ne manque pas d’abord de faire l’association entre le dénommé Shakil Fakeermahamod et le MSM, parti auquel ce dernier a été un moment associé en 2012. Pour lui, cette affaire alléguée de commissions qui auraient été versées à de hauts officiels indiens par le biais de la juridiction offshore de Maurice dans le cadre d’un marché public pour l’acquisition d’hélicoptères militaires par les autorités indiennes fait un “tort immense” au centre financier mauricien.