Une grève de la faim pour se faire entendre des autorités. Jeff Lingaya, militant écologiste, n’a eu d’autre recours pour transmettre sa revendication en faveur d’un avenir écologique pour Maurice. Tout comme ce jeune homme, nombreux sont ceux qui pensent qu’il y a un manque de dialogue entre le gouvernement et son peuple. Doit-on recourir à une grève pour que les choses avancent ?
Jeff Lingaya s’affaiblit à vue d’oeil. Il en est à son neuvième jour de grève et a dû être placé sous perfusion. Allongé dans un petit lit au Jardin de la Compagnie, le jeune homme n’abandonne pas. Les gens défilent dans le kiosque. La sympathie se lit sur leur visage mais personne n’ose franchir le pas : s’allonger sur un lit et l’accompagner dans sa grève.
Mais la présence des associations, ONG, syndicats et autres, nous démontre que Jeff n’est pas seul dans ce combat. Joeffrey, membre de Rezistans ek Alternativ ne cache pas son mécontentement. Il se demande pourquoi le gouvernement n’a pas consulté le public avant d’accorder le permis à CT Power.
Il y a aussi des citoyens ordinaires qui viennent soutenir Jeff. Amad, retraité habitant du Ward 4 à Port-Louis, passe la majeure partie de ses journées au Jardin de la Compagnie depuis que la grève du travailleur social a débuté, le 24 janvier 2013. « Le soir Jeff reçoit plus de monde à ses côtés, et cette solidarité dont font preuve les citoyens, en particulier les jeunes, c’est beau à voir », dit-il. « Mais où est donc passé Monsieur le Premier ministre ? Son bureau se trouve à quelques mètres du Jardin, ne se sent-il pas concerné ? » lance le septuagénaire d’un ton sarcastique.
Joël Toussaint explique sa présence au Jardin de la Compagnie par le fait qu’il constate l’existence d’une démarche citoyenne. « Je ne suis pas favorable aux grèves de la faim, mais dans ce cas-ci, on n’a pas laissé le choix au citoyen. On l’a poussé à faire ça », affirme-t-il.
« Sans une grève de la faim, le gouvernement ne retrouvera pas la raison », lui fait écho un représentant des syndicats à la MPA, venu lui aussi apporter son soutien au gréviste. A entendre les militants écologistes, il semblerait que le gouvernement aurait un peu tendance à s’éloigner du concept “Maurice Ile Durable”. Le projet d’une usine de charbon colle-t-il à ce concept ? Est-ce que le développement veut dire tout ravager ? Faire un maximum de profit, consommer encore plus d’énergie et polluer l’environnement pour se faire de l’argent ? Les « anti-CT Power » s’attendent à ce que le peuple réagisse : « Action Speaks Louder Than Voice ».