Le leader de l’opposition, Alan Ganoo, a déclaré que l’opposition est d’accord pour conclure tout accord avec le gouvernement portant sur l’interdiction des politiciens à participer aux activités religieuses. C’était hier après-midi lors d’une séance parlementaire spéciale au cours de laquelle la députée du gouvernement Nita Deerpalsing a présenté une motion pour l’inclusion du mot “secular” à l’article 1 (1) de la Constitution entre les mots “sovereign” et “democracy”.
« We have no objection on this side of the house to sign any pledge preventing all politicians to participate in religious activities », a déclaré le leader de l’opposition.
M. Ganoo a indiqué que l’opposition est tout à fait d’accord de participer à ce débat eu égard à son importance. Un sujet qui, dit-il, a suscité la réflexion et même a été l’objet de controverses depuis la nuit des temps et dans deux nombreux pays comme la France, les États-Unis et l’Inde.
Le leader de l’opposition observe que même si le terme “secular” ne figure pas dans ce premier article de la Constitution, « Mauritius is a secular State » depuis son indépendance. Il note que l’article 11 de la Constitution dit ceci : « Except with his own consent, no person shall be hindered in the enjoyment of his freedom of conscience, and for the purposes of this section, that freedom includes freedom of thought and of religion, freedom to change his religion or belief, and freedom, either alone or in community with others and both in public and in private, to manifest and propagate his religion or belief in worship, teaching, practice and observance. »
Selon Alan Ganoo, le concept prend sa source dans le système colonial. Toutefois, poursuit-il, il est un fait qu’à Maurice, la religion est souvent utilisée par des politiciens. Il souligne aussi que le résident de la République, Kailash Purryag, y a fait référence lors d’un discours adressé aux jeunes du pays pour les ramener vers les valeurs de la société qui s’érodent. Selon lui, cela constitue un outil pour prévenir le déclin des valeurs.
Cependant, Alan Ganoo pose un certain nombre de questions sur ce qui constitue la particularité du pays, dont les institutions gouvernementales qui ont pour tâche de promouvoir la culture liée à la religion ou à la communauté, à l’institution des centres culturels et à la subvention accordée aux sociétés socioculturelles. « Est-ce que toutes ces activités seront compatibles avec l’amendement proposé ? Will the Mauritian be able to subsidize so much on all these religious activities ? Est-ce que cela veut dire que tout cela s’arrêtera ? » demande M. Ganoo, en soulignant que la Central Water Authority (CWA) pourvoit gratuitement en eau les lieux de culte, temples, kovils, églises ou mosquées, et que cela lui coûte Rs 12 millions annuellement. « Are we going to stop all this ? »
M. Ganoo indique qu’en Inde, qui est séculière, l’État n’intervient pas dans les affaires religieuses.
Pour lui, « the problem with our secularism is that the Mauritian State population is subject to different origins and it has commitments to diasporic traditions ». Cela a eu pour résultat la création des organisations religieuses et des groupes ethnopolitiques avec des lobbies très forts. « Unfortunately ethnopolitical lobbying groups are very active and unfortunately, it happens with all support of the State », dit-il. Selon lui, « religious politics has become a stress to our nation ». Il s’agit d’une compétition entre les différents lobbies qui veulent influencer la politique gouvernementale. « This is where the danger is », dit-il en évoquant le cas de CT Power tout en précisant qu’il ne se prononce ni pour, ni contre.
Selon Alan Ganoo, la question de repenser la dimension séculière de Maurice doit se faire pour « stop the use of religion as a means to secure political power ». Il affirme qu’aucun membre d’un parti politique ne doit avoir accès aux ressources du pays ou aux tenders dans un État démocratique et séculier.
Le leader de l’opposition dit que « nous sommes prêts pour préparer l’avenir, pour amender ou pas la constitution ». Mais précise-t-il, pour avoir un « secular State », « it lies in the heart of all of us, of all politicians ».