À la veille de la reprise des travaux de l’Assemblée nationale, mardi prochain, le conseil de district de Rivière-Noire est le théâtre d’un match politique intense opposant les deux principales factions au sein de l’opposition, soit le PMSD et le MMM. L’état-major des bleus ne digère pas encore la motion de blâme logée et votée contre la présidente du conseil, Marie Véronique Leu-Govind et son adjointe, Marie Dorise Cale. Suite à l’adoption de cette motion pilotée par le conseiller Khemraj Ortoo, connu pour ses liens avec le MMM, avec pour conséquences qu’elles ont été éjectées de leurs postes à la rête du conseil de district, elles ont pris la décision de réclamer une injonction de la Cour suprême contre la tenue de nouvelles élections du président et du vice-président de Rivière-Noire, fixées à cet après-midi au siège du conseil à Bambous. En fin de matinée, les conseils légaux du PMSD travaillant sur cette demande d’injonction, en l’occurrence Me Khushal Lobine et Me Pazhany Rangasamy, avoué, attendaient la décision de la juge Nirmala Devat à ce sujet.
Dans leur demande d’injonction, Marie Véronique Leu-Govind et Marie Dorise Cale avancent que le ministre des Collectivités locales, Mahen Jhugroo, a agi à l’encontre des provisions de la Local Government Act, plus précisément de l’Article 2 (5) (a) du septième schedule, en proclamant qu’une élection pour la nomination d’un nouveau président et vice-président du conseil de district aura lieu le vendredi 20 octobre. « The notice of the meeting shall be left at or sent by registered post to the usual place of residence or business of every Councilor and a copy thereof shall be affixed in a conspicuous place at the seat of the local authority at least 2 days before the meeting ».
Les deux conseillères affirment qu’à mercredi, elles n’étaient pas en présence d’une quelconque communication en ce qui concerne ces élections. Elles allèguent également que lors des motions de censure débattues le 17 octobre, qui a vu leur éjection de leurs postes respectifs, inscrites par les conseillers Kemraj Ortoo et Balmick Jeetun, les points avancés étaient « without any valid reason or justification whatsoever ». Le duo soutient aussi que de sources fiables, elles ont appris que ces motions ont été orchestrées parce qu’elles sont issues du PMSD.
Marie Véronique Leu-Govind et Marie Dorise Cale s’appesantissent sur le fait que l’empressement du ministre Mahen Jhugroo d’avoir ces élections s’apparente à un « colourable device » pour prendre le contrôle sur le conseil de district de Rivière-Noire. Les deux bleues soutiennent que « undue pressure was exerted upon the Councilors in the sense that they were put before a “fait accompli” and they were forced and coerced to stay silent when the two motions were tabled ».
Si du côté des bleus, on avançait qu’il s’agissait d’un move du militant Ortoo en faveur du gouvernement, une source du côté du Mouvement Militant Mauricien affirme, pour sa part, que le MSM n’est pas représenté au sein de ce conseil de district et qu’il s’agit plutôt d’une action de concert entre conseillers. Ils soulignent qu’une « extrapolation de ce qui se passe au sein du conseil de district de Rivière-Noire ne relève que de la spéculation politique de basse-cour ».
En tout cas, en cas d’élection de remplacement à la tête du conseil de district de Rivière-Noire, le conseiller du village d’Albion, Steve Magdaleine, est donné comme favori pour succéder à Véronique Leu-Govind avec pour adjoint Jean-Yves Dansant, représentant le village de Flic-en-Flac.
L’épisode du conseil de district de Rivière-Noire devrait avoir des conséquences sur le plan politique au moins dans les rangs de l’opposition.