La Cour intermédiaire a imposé un couvre-feu de 19 h à 6 h à Sada Curpen, accusé de conspiracy to harm dans l’affaire du meurtre de Denis Fine, quand il a demandé la liberté conditionnelle. Ayant obtenu un emploi où il devra aussi travailler le soir, il a demandé hier à la cour de changer ses conditions. Il a soutenu avoir un enfant en France et devoir de ce fait subvenir à ses besoins. La magistrate Ramsoondar rendra son ruling le vendredi 22 février.
Sada Curpen s’est présenté hier devant la magistrate Niroshini Ramsoondar pour demander une modification à ses conditions de couvre-feu. Raison : il a trouvé un emploi de Food and Beverages Manager dans un resto-pub et ne pourra travailler s’il doit rester chez lui la nuit.
Le directeur de l’établissement, appelé par Mes Ivan Collendavelloo (SC) et Raouf Gulbul, a confirmé sa proposition d’emploi à Sada Curpen et le fait qu’il devra aussi travailler le soir. Quant à l’inspecteur Jokhoo de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), appelé par la State Counsel Me Ashwina Joree, il a objecté à la demande du demandeur car, soutient-il, la police ne pourra surveiller ses faits et gestes pendant la nuit. Sada Curpen pourrait, selon les forces de l’ordre, prendre la fuite si un changement est apporté à ses conditions de couvre-feu qui sont actuellement entre 19 h et 6 h.
De son côté, le prévenu a soutenu qu’il a un enfant en France et qu’il veut travailler pour subvenir à ses besoins. Sada Curpen a soutenu qu’il accepterait uniquement de quitter son travail pour rentrer à son domicile à Bois-Pignolet. Il a dit ne pas vouloir prendre la fuite. D’ailleurs, a-t-il fait comprendre, il a été autorisé plusieurs fois à voyager par le passé en attendant la décision des juges s’agissant de son appel. Il avait été condamné à 18 mois de prison par la cour intermédiaire pour une affaire de Subutex.
Sada Curpen aurait toujours respecté les conditions imposées par la Cour, selon ses conseils légaux. Selon Me Collendavelloo (SC), son client ne s’est pas enfui alors qu’il aurait pu le faire à l’époque et ne le fera pas cette fois non plus. Il est revenu à Maurice quand il a perdu son appel et est allé en prison alors qu’il a la double nationalité (française et mauricienne).
Me Joree a soutenu que l’État n’essaie pas d’empêcher Sada Curpen de travailler « légalement », mais qu’il trouve un travail pendant la journée. Selon elle, le prévenu pourrait éventuellement prendre la fuite parce que c’est « un délit sérieux » ( NdlR : conspiracy to do harm).
Me Raouf Gulbul a pour sa part déclaré que la loi donne à la cour la discrétion d’imposer un couvre-feu et que ce dernier n’est pas obligatoire. « La police pense que le demandeur va s’enfuir mais aucune preuve n’est présentée pour soutenir ses appréhensions. Elle saura où il est pendant ses heures de travail. Et s’il arrête de travailler, la cour peut imposer les conditions initiales de nouveau », a soutenu l’avocat. Et d’ajouter que son client a le droit de travailler.
En septembre dernier la magistrate Niroshini Ramsoondar avait refusé la demande de Variation Order de Sada Curpen. Il voulait que le couvre-feu imposé par la cour soit levé temporairement pour les prières les vendredis et samedis soir pendant le jeûne de Govinden.
Rappelons que la police n’avait pas objecté à sa remise en liberté conditionnelle, mais avait toutefois encouragé la cour à imposer une garantie élevée. La caution avait été fixée à Rs 1 million et la reconnaissance de dettes au même montant.
Après environ deux ans et demi, la charge de conspiracy to murder a été amendée en conspiracy to do harm. Denis Fine a été tué d’une balle en pleine tête le 3 janvier 2010 sous sa véranda à Résidence Maison Blanche.