Me Jean-Claude Bibi et sa cliente Michèle Tsang Pin, une ancienne employée de la MCB qui a été licenciée de son poste, ont convoqué la presse, hier, pour faire état de la situation après que la Central CID a commencé à enquêter dans l’affaire des comptes joints que détenaient l’ancienne employée et une de ses anciennes collègues, la défunte Patricia Smith. Pour les animateurs du point de presse, il ne fait aucun doute qu’il y a eu un complot ourdi au haut niveau de la banque dans le but de priver Mme Tsang Pin de ce qui lui revenait de droit, étant la surviving partner des comptes joints.
Mmes Tsang Pin et Smith avaient trois comptes joints en leurs noms, comme suit : 1) un compte d’épargne sur lequel il y avait Rs 1 873 795 ; 2) un dépôt fixe d’un montant de Rs 300 000 ; et 3) un autre compte en dépôt fixe sur lequel Rs 2 000 000 ont été placées. Les termes du contrat stipulaient notamment : « On the death of either one or any one of us (as the case may be), the balance standing to the credit of the account shall be payable to the survivor as the bank’s sole creditor for the forsaid balance without prejudice, however, to any rights the bank may have thereof, arising out of any lien, mortgage, charge, pledge, set-off, counterclaim or otherwise whatsoever and also subject to compliance with the law. »
Me Bibi soutient que sa cliente a été l’objet de tracasseries multiples au sein de la MCB. Elle a pourtant été irréprochable durant toutes les 32 années qu’elle y a travaillé, dit-il, mais la banque devait finalement ignorer même ses droits les plus élémentaires. Ainsi, quand elle a voulu engager Me Siv Potayya pour qu’il l’assiste devant un comité disciplinaire institué par le management pour la juger, cela lui a été refusé, alors que c’était son droit constitutionnel.
Devant ce comité qui a duré d’avril à novembre 2012, Michèle Tsang Pin a eu à répondre à trois charges. La première était qu’elle n’a pas respecté le code d’éthique de la banque ; pour la deuxième, on lui a reproché d’avoir servi une mise en demeure à ses employeurs ; et la troisième avait trait à la déposition qu’elle a consignée à la police, qui était selon Me Angélique Desvaux de Marigny « une allégation criminelle ». Il a fallu que Me Bibi présente des arguments selon lesquels sa consoeur ne savait pas qu’elle parlait sur le plan légal pour l’amener à retirer cette accusation. Ce comité disciplinaire a fait connaître ses conclusions en novembre mais il a seulement été révélé que les accusations qui pesaient contre Mme Tsang Pin avaient été prouvées.
En ce qui concerne l’enquête policière, l’avocat a dit que depuis que sa cliente a donné sa première déclaration à la police, en juillet 2012, c’est maintenant que le CCID s’y applique.