« Le vice-Premier ministre et ministre des Finances et le ministre du Tourisme ont participé aux discussions du conseil des ministres de ce matin. C’était comme du Business As Usual. Aucune mention de la confrontation entre ces deux membres en vue du PMSD suite à la révocation de Robert Desvaux de la Mauritius Tourism Promotiion Authority (MTPA) vendredi dernier, » soutiennent des sources ministérielles contactées par Le Mauricien.
Mais ces mêmes sources avancent que le problème Duval/Sik Yuen, avec avantage jusqu’ici au ministre du Tourisme, n’est pas pour autant évacué. Dans le camp du Parti travailliste, l’accent est mis en cette fin de semaine sur les préparatifs pour le congrès d’anniversaire de dimanche où l’intervention du Premier ministre et leader du Parti Travailliste, Navin Ramgoolam, est attendue à un mois de la rentrée parlementaire avec une nouvelle configuration au sein de l’opposition.
Au sein du PMSD, l’affaire Sik Yuen n’est pas pour autant désamorcée même avec la déclaration du ministre du Tourisme d’hier après-midi.
« Je demeure un membre du PMSD et je reste au gouvernement comme ministre du Tourisme. L’affaire est close. » C’est avec cette déclaration lapidaire, le temps d’un point de presse expéditif hier au siège de son ministère à Port-Louis que Michaël Sik Yuen a souhaité mettre les points sur les i. Celui qui est à l’origine de la crise actuelle au sein de la basse-cour bleue depuis vendredi dernier quand il a révoqué un deuxième nominé de ce parti, en l’occurrence Robert Desvaux, ex-chairman de la MTPA, a aussi déclaré qu’il n’avait « aucun conflit de personnalité avec mon leader Xavier-Luc Duval, ni avec M. Desvaux ».
Michaël Sik Yuen a ainsi pris à contre-pied, le leader du PMSD qui, mercredi en début de soirée après la tenue d’un Bureau Politique où celui-ci avait brillé par son absence, avait publiquement déclaré que « le ministre du Tourisme était venu me voir, il y a quelques jours, pour me faire part des problèmes de personnalité entre Robert Desvaux et lui ». Pour l’heure, Xavier-Luc Duval qui s’est rendu au Conseil des ministres « plutôt relax et calme », assurait son entourage au Mauricien en fin de matinée, n’est pas monté à nouveau au créneau pour commenter la déclaration éclair du membre de son parti qui fait de la résistance après avoir carrément fait preuve d’« insubordination », pour reprendre le terme utilisé par le ministre des Finances.
Au cours de la conférence expresse convoquée aux alentours de 17 h pour être tenue à 17 h 30 hier après-midi au siège de son ministère, au Paille En Queue Court à Port-Louis, Michaël Sik Yuen a aussi fait état de « malentendus ». « Il y a eu trop de spéculations dans la presse », a-t-il dit avant de confirmer son allégeance à son parti et précisé qu’il demeurait à son poste. Cela après que son leader, lui demandait publiquement depuis la veille « de step down de son poste de ministre, comme il l’a lui-même souhaitait si on n’arrivait pas à trouver une solution qui fasse l’unanimité depuis les révocations de Alain Wong et de Robert Desvaux ».
Dans sa déclaration de moins de trois minutes, qui était de plus couché sur papier, Michaël Sik Yuen a relevé que « l’ex-chairman de la MTPA Robert Desvaux a d’ailleurs annoncé publiquement qu’il n’était pas intéressé à réintégrer son poste ». En clôturant son point de presse qui fera irrémédiablement date dans les annales, le ministre devait fuir les questions des journalistes présents, en quittant précipitamment la salle de conférence.
Il convient de noter que quelques minutes plus tôt, soit aux alentours de 16 h 45 – 17 h, M. Sik Yuen était présent à la remise des prix des enfants du Tourism Employees Welfare Fund (TEWF), dont la présidente du Conseil d’administration n’est autre que Ghislaine Henry, soeur du défunt sir Gaëtan Duval, mère du député Thierry Henry, et tante de Xavier-Luc Duval. À l’issue de cette fonction, le ministre devait à l’heure des questions, se refuser à tout commentaire sur la crise actuelle au PMSD. Il a déclaré qu’il convoquerait les médias « en temps et lieu, quand je serai prêt à faire une déclaration. Je sais que vous pouvez être là en cinq minutes quand je vous appellerai… »