Le nouveau procès intenté à Josian Kenneth Fabre pour la possession de 285,8 g d’héroïne a pris fin aux Assises ce matin. Après avoir appelé ses trois témoins, dont l’accusé lui-même, l’avocat de la défense, Me Rama Valayden, a fait sa plaidoirie. Évoquant plusieurs facteurs que la Cour devrait prendre en considération avant de condamner Josian Kenneth Fabre, entre autres le fait qu’il ait plaidé coupable et sa situation familiale, Me Valayden a demandé au tribunal de ne pas négliger l’aspect du retard dans ce procès qui, a-t-il souligné, « est contre la Constitution ». Josian Kenneth Fabre avait été arrêté en 2005.
Après la déposition de Josian Kenneth Fabre, de son épouse et de l’assistant Surintendant de la Prison, M. Nagesh Mooneesawmy, Me Rama Valayden s’est adressé à la Cour pendant presqu’une heure pour la convaincre que son client – qui, a-t-il souligné, a « très peu participé » dans cette affaire de drogue – devrait avoir une chance. Josian Kenneth Fabre est déjà poursuivi sous l’ancienne Dangerous Drugs Act, qui prévoit une peine maximale de 45 ans. Le fait qu’il ait plaidé coupable, a souligné Me Rama Valayden, devrait pourtant lui permettre de bénéficier d’un tiers de remise de peine, ce qui le ramenerait à 20 ans de prison maximum, estime son homme de loi. Lors de sa plaidoirie, Me Valayden a demandé à la Cour de prendre également en considération la situation familiale de l’accusé. Son épouse, Jenny Fabre, est en effet venue témoigner. Cette dernière a déclaré à la Cour qu’elle vit une situation « très difficile » depuis que son mari a été arrêté, en 2005, et qu’elle n’a « le soutien de personne ». Mme Fabre a aussi fait savoir à la Cour que le couple a une fille de 10 ans, laquelle « ne jouit pas d’une bonne santé ».
Par ailleurs, l’avocat de la défense s’est attardé sur le rôle de Josian Kenneth Fabre dans ce “triangle of drugs”. « The local contact was not Mr Fabre. He was only the courrier. The court should take into account the proportion of his involvement. This case is different from other cases. He accepted to fetch the drug only for the sum of Rs 2 700. He is a person who owns nothing », a soutenu Me Valayden. Ce dernier a par ailleurs demandé à la Cour de ne pas négliger l’aspect du « retard » occasionné dans ce procès lequel est, selon lui, « à l’encontre de la Constitution ».
Josian Kenneth Fabre a été arrêté par la police le 18 avril 2005 et relâché sous caution le 20 mars 2006. L’acte d’accusation a été logé le 9 août 2007 et le procès a été appelé le 28 février 2008. En 2009, il a été condamné à 32 ans de prison. En avril, le Full Bench de la Cour Suprême a ordonné un nouveau procès après qu’il ait interjeté appel. Me Valayden estime que son client devrait aussi bénéficier d’une remise de peine en raison du retard dans le procès. Il s’est appuyé sur plusieurs autres procès pour soutenir ses arguments. Le représentant de la Poursuite, Me Pravind Harrah, a cependant indiqué à la Cour qu’il n’y a jamais eu de retard dans le procès et que toutes les années qu’il a passées en “remand” seront comptabilisées. Me Harrah a maintenu que la sentence devra se baser sur la peine maximale de 45 ans. Le juge a réservé son jugement.
Les faits remontent à avril 2005, date à laquelle la douane de l’aéroport SSR reçoit une boîte en provenance d’Afrique du Sud. Celle-ci est destinée à une certaine Jenneth, une Sud-Africaine résidant dans un pensionnat de Grand-Baie. Les officiers décident alors d’ouvrir le colis suspect, qui contient des vêtements. Mais en essayant d’ouvrir les côtés de la boîte, les douaniers tombent sur une enveloppe contenant deux sachets d’héroïne. La police monte alors une opération pour coincer les trafiquants. Le colis est par conséquent livré chez la Sud-Africaine, à Grand-Baie, avant que celle-ci soit arrêtée. Dans sa déclaration, cette dernière indique à la police qu’elle était censée remettre le colis à une autre personne, qui allait l’attendre sur le parking de l’hypermarché Super U, à Grand-Baie. Une autre opération est alors montée pour savoir à qui était destinée la drogue. Et c’est là que la police tombe sur Josian Kenneth Fabre, venu réceptionner le colis. En voyant la police, l’homme essaie de prendre la fuite, mais il est vite rattrapé. Dans sa déposition, Josian Kenneth Fabre avait catégoriquement nié les faits, soutenant qu’il n’était au courant de rien. Mais cette fois, il a plaidé coupable.