L’enquête multidirectionnelle du Central CID sur l’affaire Gros Dereck, notamment le transfert allégué de Rs 25 millions au lendemain de l’arrestation de Rudolph Dereck Jean-Jacques, a amorcé une autre tournure en cette fin de semaine. Après rendez-vous, une escouade du Central CID a débarqué au domicile du leader de l’opposition, Paul Bérenger, pour consigner sa version des faits au sujet des rencontres alléguées avec le leader du Front Solidarité Mauricien (FSM) et député Cehl Meeah.
Auparavant, la police a procédé à l’audition des journalistes présents à la réunion politique animée par le FSM le vendredi 30 novembre en vue de confirmer la véracité des faits rapportés au sujet du transfert des Rs 25 millions. Pour sa part, l’Independent Commission Against Corruption poursuit l’interrogatoire de l’homme d’affaires de Quatre-Bornes Sujeet Balkissur au sujet des montages financiers pour l’acquisition des 142 voitures enregistrées en son nom à la National Transport Authority.
À part la confirmation que le Central CID est déjà en présence des explications du leader de l’opposition au sujet des allégations de rencontres avec Cehl Meeah, soit 13 selon Nita Deerpalsing, directrice des communications du Parti travailliste, ou huit selon le Premier ministre, Navin Ramgoolam, aucun autre détail n’était disponible à hier après-midi. Ce déplacement au domicile de Paul Bérenger s’est avéré nécessaire suite à la déposition de l’ancien président de la République, sir Anerood Jugnauth, à ce même sujet lundi dernier.
Mais de sources policières, dans la conjoncture, deux dépositions s’annoncent comme étant cruciales pour permettre à l’enquête de progresser. D’abord, les preuves susceptibles d’être en possession de Nita Deerpalsing pour appuyer ses allégations. Il devient de plus en plus évident que l’interrogatoire de la directrice des communications du Labour est devenu incontournable. Tout semble indiquer que cette étape pourrait être franchie dans les prochains jours, élections municipales oblige !
Une autre audition majeure devrait être celle du Premier ministre, qui lors d’une réunion politique avait fait état de huit rencontres entre Cehl Meeah et les dirigeants du Remake 2000 MMM/MSM, en particulier sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger dans le cadre d’un complot pour « frame » le ministre Hervé Aimée dans cette affaire présumée de transferts de fonds appartenant à Gros Dereck. Cette étape ne devra être franchie qu’ultérieurement, indique-t-on de sources policières.
Entre-temps, le Central CID a déjà auditionné les journalistes présents lors de la réunion de Vallée-Pitot en vue d’obtenir confirmations des faits rapportés. Le député Cehl Meeah a soutenu lors de son interrogatoire qu’à aucun moment il n’a lié publiquement le nom du ministre Aimée à l’affaire des Rs 25 millions, comme cela fut rapporté sur les ondes des radios privées samedi dernier.
En marge des enquêtes du Central CID et de l’Anti-Drug ans Smuggling Unit (ADSU), l’ICAC poursuit son enquête au sujet d’éventuels délits de Money Laundering contre les suspects appréhendés avec la double saisie de Rs 180 millions d’héroïne. L’enquête est axée sur les moyens financiers dont a bénéficié Sujeet Balkissur pour l’acquisition de cette importante flotte de voitures.
À ce stade, cette affaire semble davantage relever de la tutelle de la Mauritius Revenue Authority pour non-paiement d’impôts sur des profits pour la vente de voitures sur papier blanc qu’autre chose. Mais les éventuels placements et investissements conjoints de Gros Dereck et de Sujeet Balkissur pourraient permettre à l’ICAC de les connecter à des opérations illégales de blanchiment de fonds.
Affaire à suivre…