Sanjeev Nunkoo, le premier suspect à avoir été arrêté dans le cadre du crime commis sur la personne d’Hélène Lam Po Tang, épouse de Gary Lam Po Tang, lui-même PDG de l’usine qui porte son nom, sera poursuivi en cour d’assises. Selon l’acte d’accusation logé hier par Satyajit Boolell, Nunkoo sera poursuivi sous une accusation de « aiding and abeiting », soit d’avoir aidé une autre personne pour causer la mort de la femme susnommée. Le couple Lam Po Tang, dont la fille est établie à l’étranger, habitait Baie-du-Tombeau.
Rappelons que le crime a été commis à la fin du mois d’octobre 2010. L’époux de la victime, qui se trouvait alors en Chine pour une visite d’affaires, a été arrêté à son arrivée, étant donné que Nunkoo, qui travaillait comme responsable de la production à l’usine Lam Po Tang, avait indiqué aux enquêteurs qu’il n’a fait qu’exécuter les ordres de son patron. Mais ce dernier a nié être mêlé au meurtre de son épouse. Il devait obtenir sa remis en liberté au mois de décembre 2010 mais le DPP a fait appel de la décision de la cour d’ordonner sa remise en liberté. La cour d’appel a maintenu l’ordre du tribunal de première instance. Il est à noter que le nom de Gary Lam Po Tang ne figure pas sur la liste des témoins assignés par le DPP pour comparaître lors du procès aux assises.
Treize mois après le crime, Sanjeev Nunkoo a comparu dans une enquête préliminaire présidée par la magistrate Maryse Panglose-Cala, siégeant alors au tribunal de Pamplemousses. L’accusation était menée par Me Nataraj Moonesamy, alors que Nunkoo était défendu par Me Rama Valayden. Ce dernier était accusé d’assassinat et avait plaidé non coupable. La magistrate l’a toutefois déféré aux Assises.
Il est à noter que Nundun Bhagwandin, Forensic Technologist affecté au Forensic Science Laboratory (FSL) avait été entendu. Le témoin, qui a lu et produit son rapport rédigé à la lumière des examens du véhicule de l’accusé et des lieux du crime, a aussi été invité à expliquer en détail en quoi consistait la technique de la Bluestar Solution utilisée en vue de déceler des traces de sang.
Interrogé par Me Mooneesamy, le témoin a lu et produit son rapport daté du 28 février 2011. Dans celui-ci, le témoin explique avoir examiné le véhicule du suspect Sanjeev Nunkoo dans la nuit du 29 octobre 2010 et la maison du crime le même soir, ainsi que le 3 novembre de la même année. Détaillant ses Findings en cour, il a fait ressortir que la Bluestar Solution a révélé la présence de sang dans le véhicule de l’accusé, plus précisément sous un tapis. S’agissant des lieux du crime, le témoin a relevé plusieurs endroits de la maison — tant à l’intérieur et à l’extérieur — où du sang a été découvert.
Le technicien avait été interrogé pour qu’il donne des explications plus techniques sur la Bluestar Solution.
Me Mooneesamy : Vous mentionnez l’utilisation de la Bluestar Solution…
Bhagwandin : Oui.
Me Mooneesamy : Pouvez-vous expliquer à la cour ce qu’est ce test ?
Bhagwandin : C’est un produit commercial chimique qui est utilisé au FSL pour des presumptive blood tests.
Me Mooneesamy : Quand utilise-t-on le Bluestar ?
Bhagwandin : Quand des lieux du crime ont été lavés ou épongés. C’est à ce moment-là qu’on l’utilise.
Me Mooneesamy : L’utilise-t-on même quand les lieux ont été lavés ?
Bhagwandin : Oui.
Me Mooneesamy : Pourquoi avez-vous choisi d’utiliser ce procédé plutôt qu’un autre ?
Bhagwandin : Quand nous examinons des lieux de crime, si nous savons que ces lieux ont été lavés ou nettoyés, c’est à ce moment que nous l’utilisons.
Dans son contre-interrogatoire par l’avocat de la défense, Me Rama Valayden, le témoin a expliqué l’utilisation du procédé Bluestar et a détaillé ses recherches effectuées le 29 octobre et le 3 novembre. Le témoin a mentionné plusieurs endroits de la maison où du sang a été retrouvé.