Le comité disciplinaire institué pour faire la lumière sur l’affaire Hermant Madhow a rendu son Ruling le 25 mars. Mais plus de trois semaines après, l’assistant manager du centre de MITD d’Ébène, suspendu depuis janvier, est toujours dans l’attente de la décision finale du MITD à son sujet, qui aurait dû être prise dans un délai de 7 jours.
Dans un premier verdict, le président du comité disciplinaire Me Hervé Lassémillante avait conclu que Hermant Madhow avait agi en tant que syndicaliste lors de son intervention concernant la gestion de cet établissement sur les ondes d’une radio privée le 20 novembre 2012. Au Mauricien, l’homme de loi de M. Madhow, Me Kishore Pertab, parle d’injustice envers son client et souligne que « le MITD n’a pas respecté le délai de sept jours prescrit par la loi pour faire connaître sa décision ».
« J’ai la confirmation que le comité disciplinaire a déjà soumis ses recommandations. Jusqu’à présent le MITD n’a pas repris contact avec mon client alors qu’il aurait dû le faire dans les sept jours suivant la soumission du verdict. L’institution avait pris l’engagement de ne pas licencier Hermant Madhow. Pourquoi le faire attendre encore? », soutient Me Pertab. Pour ce dernier, cette attitude de l’employeur constitue une grosse injustice envers son client qui est toujours suspendu de ses fonctions. Me Pertab est d’avis que le directeur de l’Audit devrait prendre en considération une telle situation, où un employé est suspendu depuis presque quatre mois sans que l’employeur ne fasse rien pour régulariser sa situation bien qu’un ruling ait déjà été rendu. L’homme de loi soutient par ailleurs que depuis quelque temps, le MITD ne répond plus à ses appels. « Malheureusement la loi ne prévoit rien dans ce cas et nous n’avons d’autre choix que d’attendre. Mais le MITD doit assumer ses responsabilités quelles que soient les conclusions du comité disciplinaire », ajoute Me Kishore Pertab.
Le 21 janvier, l’assistant manager du centre de formation du MITD à Ébène recevait une lettre expresse à son domicile l’informant de sa suspension de ses fonctions avec effet immédiat. Une action disciplinaire justifiée par cinq charges retenues contre le président de la MITD Employees Union. Il lui était reproché, entre autres, d’avoir fait des commentaires « non-fondés » sur la gestion du MITD sur les ondes d’une radio privée le 20 novembre dernier et d’avoir ouvertement critiqué l’établissement pour sa façon de procéder dans un cas d’allégation de pédophilie. Pour le MITD, Hermant Madhow aurait « breached Section 1.6.9 of the HR Manual by giving a statement to the press without seeking prior approval of the Officer in Charge ».
Lors de l’audition devant le comité disciplinaire, l’homme de loi d’Hermant Madhow, Me Kishore Pertab, a fait comprendre aux représentants du MITD que c’est en sa qualité de syndicaliste que son client s’est exprimé à la presse et non en tant qu’employé. Il a ainsi demandé à ce que les charges retenues contre lui soient rayées et qu’il soit réintégré à son poste dans les meilleurs délais. Me Hervé Lassémillante, qui présidait ce comité disciplinaire, devait reconnaître que c’est en tant que syndicaliste que M. Madhow est intervenu à la radio le 20 novembre. « Counsel agreed that according to the audio recording extract, M. Madhow was introduced as the president of the MITD Trade Union », peut-on lire dans le Ruling.