Le procès intenté par le DPP à la MCB dans l’affaire de détournement de fonds du National Pension Fund (NPF) s’est poursuivi hier en Cour intermédiaire devant les magistrats Renuka Dabee et Vijay Appadoo avec le contre-interrogatoire du Fraud and Risk Manager de la banque, Clifford Allet. Ayant déclaré lors de l’audience de jeudi que plusieurs autres clients de la MCB avaient été victimes de fraude, il a indiqué que la banque a remboursé quelques Rs 880 M pour cela. Me Rashid Ahmine, assistant DPP, a alors confronté le témoin au fait que la MCB ne disposait pas d’un système de contrôle interne rigoureux et efficace.
Poursuivant son contre-interrogatoire sur le fait que le dépôt fixe du NPF avait été cassé et que des chèques avaient été émis sans son autorisation, Me Rashid Ahmine devait soutenir que la banque ne disposait pas d’un système de double-checking. « Personne n’avait un droit de regard sur ce que faisait M. Lesage. Il n’y avait pas de procédures ». M. Allet a alors expliqué à la Cour que les personnes qui avaient signé le chèque auraient dû s’assurer qu’il y avait une instruction de la part du NPF mais n’avaient pas fait cela. Le représentant de la banque a réitéré qu’il y avait eu d’autres cas de fraudes à la MCB et qu’il s’agissait toujours de dépôts fixes. « Le net amount que la banque a remboursé était de quelque Rs 880 M pour le NPF et les autres compagnies. C’était toujours dans les dépôts fixes des autres clients ». Me Ahmine devait alors confronter le témoin au fait que ces fraudes remontaient à plusieurs années et que la MCB n’avait rien détecté. « À aucun moment la MCB n’a détecté qu’il y avait autant de fraudes sauf en 2003 avec l’affaire NPF. Vous êtes toujours d’accord qu’il y a un système de contrôle interne solide et efficace à la MCB », a lancé Me Ahmine. Et M. Allet de répondre : « Oui, nous avons un système de contrôle solide et efficace. »
La poursuite l’a par ailleurs interrogé sur les Rs 25 M qui avaient été transférées par le biais d’office cheques à d’autres comptes intermédiaires. Me Ahmine a une fois de plus mis l’accent sur le fait que des chèques avaient été émis et payés sans aucune vérification. M. Allet a expliqué que la vérification se fait au début pour voir si les fonds sont disponibles. Le représentant de la MCB a aussi expliqué que c’est courant d’émettre des chèques au nom des autres banques pour des transactions.
Le procès a été ajourné au 24 mai. Rappelons qu’il fait suite à l’affaire du détournement de Rs 881,6 millions déposées à la MCB par le NPF. La banque est poursuivie sous les articles 3 et 8 de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act, couplés de l’article 44 (2) de l’Interpretation and General Clauses Act. Mes Maxime Sauzier et Eric Ribot défendent les intérêts de la MCB alors que la poursuite est représentée par Me Rashid Ahmine, assisté par Mes Prashant Bissoon et Yogesh Bookhun.